Narcotrafic dans le Haut-Rhin : 30 interdictions de paraître et fermetures de commerces en un an
Un an après la loi du 13 juin 2025, le préfet Emmanuel Aubry dresse un bilan chiffré des mesures administratives contre le narcotrafic dans le département.
Le préfet du Haut-Rhin a publié le 13 juin 2026 un bilan d'un an d'application de la loi antinarcotrafic. Près de 30 interdictions de paraître sur des points de deal, une dizaine de fermetures de commerces et plusieurs expulsions locatives ont été prononcées dans le département depuis juin 2025.
L’essentiel
- Bilan un an : près de 30 interdictions administratives de paraître (IAP) prononcées sur des points de deal dans le Haut-Rhin depuis la loi du 13 juin 2025
- Commerces fermés : une dizaine de fermetures administratives de commerces liés au trafic, selon le compte officiel @Prefet68
- Expulsions locatives : plusieurs locataires expulsés pour nuisances liées au trafic de stupéfiants
- Contexte 2024 : 410 infractions pour trafic de stupéfiants dans le Haut-Rhin en 2024, en baisse de 6,4 % par rapport à 2023 (438), selon la préfecture
- Population : 767 800 habitants dans le Haut-Rhin (INSEE, données 2022)
Un an de loi antinarcotrafic : le bilan du préfet
Le 13 juin 2026 marquait exactement un an depuis la promulgation de la loi n° 2025-532 visant à sortir la France du piège du narcotrafic. Le préfet du Haut-Rhin Emmanuel Aubry a choisi cette date pour publier un bilan chiffré sur le compte officiel @Prefet68.
Selon ce bilan, les mesures administratives prévues par la loi ont permis de prononcer « près de 30 interdictions de paraître » sur des points de deal identifiés dans le département, « une dizaine de fermetures de commerces liés au trafic » et plusieurs expulsions de locataires pour nuisances liées au narcotrafic.
Ce que permet la loi du 13 juin 2025
La loi n° 2025-532, publiée au Journal officiel le 14 juin 2025, a élargi les pouvoirs administratifs des préfets en matière de lutte contre le narcotrafic. Elle leur permet notamment de prononcer des interdictions administratives de paraître (IAP) à l’encontre de personnes fréquentant des points de deal, sans attendre une procédure judiciaire. Les fermetures administratives de commerces suspectés de liens avec le trafic et les expulsions locatives pour nuisances sont également prévues par ce texte, selon le site vie-publique.fr.
Ces outils complètent les procédures judiciaires classiques. Dans le Haut-Rhin, des opérations policières ont visé plusieurs réseaux en parallèle : 11 interpellations près de Mulhouse en novembre 2025, et des condamnations prononcées à Colmar pour un trafic estimé à jusqu’à 3 000 euros par jour, selon les Dernières Nouvelles d’Alsace.
Contexte dans le Haut-Rhin
Le Haut-Rhin compte environ 767 800 habitants (INSEE, données 2022), répartis entre l’agglomération mulhousienne, Colmar et un tissu de communes périurbaines et rurales. Le département est traversé par des axes routiers importants vers l’Allemagne et la Suisse, ce qui en fait un point de passage pour les réseaux de distribution.
Les statistiques 2024 publiées par la préfecture montrent une baisse de 6,4 % des infractions pour trafic de stupéfiants (410 en 2024 contre 438 en 2023). Mais sur la même période, les personnes mises en cause pour usage ont augmenté de 3,2 % (1 859 contre 1 800). Ce décalage entre trafic et usage est un indicateur que les services de l’État suivent de près.
Emmanuel Aubry a pris ses fonctions le 30 juin 2025 à Colmar, nommé par décret du 12 juin 2025 en remplacement de Thierry Queffélec. À son arrivée, il avait affiché la sécurité comme priorité, selon les DNA. En 2026, il a réuni à plusieurs reprises les procureurs des tribunaux de Colmar et de Mulhouse dans des comités de suivi de la sécurité, selon la préfecture.
Le Bas-Rhin applique les mêmes mesures. Le préfet du Bas-Rhin @Prefet67 a également publié un bilan le même jour, faisant état de plusieurs interdictions de paraître, fermetures de commerces et expulsions locatives prononcées dans son département.
Un outil utilisé dans d’autres départements
Le Haut-Rhin n’est pas isolé dans l’application de cette loi. Selon les publications des comptes préfectoraux, d’autres départements affichent des bilans comparables : 170 IAP dans le Val-d’Oise, 28 IAP et 7 fermetures dans les Pyrénées-Orientales, 14 IAP et 2 fermetures en Haute-Vienne. La Manche comptabilise quant à elle 7 interdictions de paraître prononcées par son préfet dans le cadre du même dispositif.
Sur l’efficacité réelle des IAP, le débat reste ouvert. Le magazine 20 Minutes notait en octobre 2025 que ces interdictions peuvent déplacer les points de deal plutôt qu’éliminer le trafic, une critique récurrente adressée aux outils administratifs. La préfecture du Haut-Rhin n’a pas détaillé publiquement le taux de récidive ou le suivi des personnes visées par ces mesures.
Par ailleurs, les douanes alsaciennes ont enregistré des saisies de stupéfiants en 2025, dans le cadre de leur activité aux frontières avec l’Allemagne et la Suisse, selon France 3 Alsace. Le lien entre trafic frontalier et trafic local reste un axe de travail des services de l’État dans la région.
Prochaine étape
La préfecture du Haut-Rhin n’a pas annoncé de date pour un prochain point d’étape public sur ces mesures. L’application de la loi n° 2025-532 fera l’objet d’un rapport parlementaire d’évaluation dont les modalités n’ont pas encore été précisées, selon vie-publique.fr.
Sources
- Compte officiel @Prefet68 (X) : Bilan loi narcotrafic – Préfet du Haut-Rhin
- Vie-publique.fr : Loi du 13 juin 2025 visant à sortir la France du piège du narcotrafic
- Préfecture du Haut-Rhin : Délinquance dans le Haut-Rhin en 2024
- Dernières Nouvelles d'Alsace : La sécurité, priorité du nouveau préfet du Haut-Rhin
