Narcotrafic à Vallauris : plusieurs interpellations et saisies au quartier de la Zaïne

Une opération policière menée le 6 mai a permis d'interpeller plusieurs individus et de saisir drogues, argent et une arme dans ce quartier sous tension depuis des tirs de kalachnikov.

Narcotrafic à Vallauris : plusieurs interpellations et saisies au quartier de la Zaïne
Illustration Laura Martinez / info.fr

Le quartier de la Zaïne à Vallauris a été le théâtre d'une opération anti-narcotrafic dans la nuit du 6 mai 2026. Plusieurs individus ont été interpellés, des drogues, de l'argent liquide et une arme saisis. Une compagnie de CRS est déployée sur place depuis plusieurs jours.

Dans la soirée du 6 mai 2026, les policiers ont frappé fort dans le quartier de la Zaïne à Vallauris. Une opération anti-narcotrafic a abouti à l’interpellation de plusieurs individus et à des saisies de drogues, d’argent et d’une arme, a confirmé la préfecture des Alpes-Maritimes. L’opération s’inscrit dans un contexte de forte tension sécuritaire, après une fusillade au kalachnikov quatre jours plus tôt.

L’essentiel

  • 6 mai 2026 : plusieurs individus interpellés lors d’une opération anti-narcotrafic dans le quartier de la Zaïne à Vallauris
  • Saisies : drogues, argent liquide et une arme récupérés lors de l’opération, selon la préfecture des Alpes-Maritimes
  • 4 mai 2026 : une dizaine de coups de feu de type kalachnikov tirés vers 20h près du collège Pablo-Picasso, un mineur interpellé
  • 7 mai 2026 : visite des sous-préfets Jean-Claude Geney et Céline Maquet pour saluer les forces de l’ordre sur place
  • Octobre 2025 : précédente opération dans la Zaïne avec saisie de 25,5 kg de résine de cannabis et 1,497 kg de cocaïne

L’opération du 6 mai : interpellations et saisies

La préfecture des Alpes-Maritimes a publié le bilan de l’opération sur le compte officiel @prefet06 : « Grâce au travail d’investigation des policiers pour lutter contre le narcotrafic, plusieurs individus ont été interpellés hier soir avec des saisies de drogues, d’argent et d’une arme. » Le nombre exact d’interpellés, les quantités précises de stupéfiants saisis et le type d’arme récupéré n’ont pas été communiqués à ce stade.

Une compagnie de CRS est déployée dans le quartier depuis plusieurs jours pour renforcer les effectifs de la police nationale, selon la même source préfectorale. Ce renfort avait été décidé suite aux événements du 4 mai - des tirs à l’arme lourde - et à une première interpellation. La durée du déploiement est fixée « le temps qu’il le faudra », selon France Bleu Azur.

La fusillade du 4 mai, point de bascule

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Tout s’est accéléré en début de semaine. Le lundi 4 mai 2026, vers 20 heures, une dizaine de coups de feu ont été entendus dans le quartier de la Zaïne, à proximité immédiate du collège Pablo-Picasso. Les impacts relevés sur place correspondent à des tirs d’arme lourde de type kalachnikov, selon des informations rapportées par info.fr et corroborées par BFM Côte d’Azur.

Un mineur a été interpellé à proximité, dans l’enceinte même du collège, comme le détaillait notre article sur la fusillade de Vallauris. Trois suspects étaient alors en fuite. C’est cet enchaînement - tirs, interpellation d’un mineur, suspects non localisés - qui a motivé le déploiement immédiat de la compagnie de CRS.

La visite des sous-préfets le 7 mai

Le lendemain de l’opération, le 7 mai 2026, les sous-préfets Jean-Claude Geney (sous-préfet de Grasse) et Céline Maquet se sont rendus dans le quartier. Leur visite avait pour objet de saluer le travail des forces de l’ordre et de réaffirmer l’engagement de l’État, selon la préfecture des Alpes-Maritimes. La préfecture indique que l’État mobilise présence policière, services publics et financements pour améliorer la sécurité et les conditions de vie dans le quartier - sans préciser les montants ni le calendrier de ces financements.

Les habitants entre inquiétude et rejet de la stigmatisation

Du côté des résidents, le malaise est double. D’un côté, la violence des tirs, survenus à deux pas d’un établissement scolaire, génère une vive inquiétude. De l’autre, plusieurs habitants dénoncent la stigmatisation dont le quartier fait l’objet. Selon France Bleu Azur, des riverains affirment que les tireurs ne sont pas originaires de la Zaïne et rejettent l’image de quartier gangréné de l’intérieur. Une enquête est en cours pour identifier et interpeller les auteurs des tirs du 4 mai.

Ce décalage entre la réalité du trafic - documentée par des opérations répétées - et le vécu des habitants est une problématique récurrente dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville. La mise en examen d’un couple à Toulouse pour narcomicide aux Izards ou les 18 interpellations à Vénissieux rappellent que ce type de tension ne se limite pas aux Alpes-Maritimes.

Contexte dans les Alpes-Maritimes

Le quartier de la Zaïne, classé en zone prioritaire, est surveillé de longue date par les services de police pour son activité de trafic de stupéfiants. En octobre 2025, une opération conduite dans ce même secteur avait permis de saisir 25,5 kg de résine de cannabis et 1,497 kg de cocaïne, selon France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur. Ces saisies répétées témoignent d’une implantation durable du trafic.

Vallauris est une commune de la circonscription de Grasse, dans l’arrière-pays cannois. Son quartier de la Zaïne concentre les indicateurs de fragilité sociale et est régulièrement au cœur des opérations de sécurité menées par la police nationale dans le département. Les Alpes-Maritimes sont par ailleurs traversées par les routes d’approvisionnement en stupéfiants depuis la frontière italienne et les ports méditerranéens, ce qui alimente structurellement les points de deal locaux.

La récente interpellation par le RAID à Avignon de deux charbonneurs à Monclar illustre la même dynamique à l’échelle de l’arc méditerranéen : des quartiers prioritaires sous pression, des opérations ponctuelles, et une question de fond sur le démantèlement des réseaux plutôt que de leurs seuls acteurs visibles.

La suite : enquête ouverte, déploiement maintenu

L’enquête judiciaire sur les tirs du 4 mai est toujours en cours. La compagnie de CRS reste déployée dans le quartier sans calendrier de retrait annoncé. La préfecture des Alpes-Maritimes n’a pas précisé si d’autres interpellations sont attendues dans le cadre du volet narcotrafic.

Sources

Laura Martinez

Laura Martinez

Laura est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Alpes-Maritimes (06), avec Nice pour chef-lieu. Spécialité du département : Sophia Antipolis (technopole), Cannes et tourisme international. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

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