Naufrage du MV Barima : 27 morts, 83 disparus, 15 militaires français mobilisés
Un avion Casa des Forces armées en Guyane a été dépêché au Guyana avec 12 plongeurs pour renforcer les recherches après la catastrophe du ferry.
Le naufrage du ferry MV Barima au large du Guyana a fait au moins 27 morts et 83 disparus, selon le bilan communiqué par le Premier ministre guyanien Mark Phillips. La France a mobilisé 15 militaires des Forces armées en Guyane, dont 12 plongeurs, pour épauler les secours.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Le ferry MV Barima a coulé dimanche 19 juillet au large du Guyana, faisant 27 morts confirmés et 83 disparus.
- La France a mobilisé 15 militaires des Forces armées en Guyane, dont 12 plongeurs du 9e RIMa, via un avion Casa CN-235.
- Le capitaine et un membre d'équipage ont été arrêtés après des tests positifs au cannabis, dans le cadre d'une enquête pour négligence criminelle.
- Trinidad et Tobago se sont joints aux opérations de recherche, coordonnées avec le Guyana et la France.
- Les recherches se poursuivent jour et nuit dans des conditions difficiles, avec des courants forts et une faible visibilité.
Ce qui s’est passé
Le ferry MV Barima a coulé dans la nuit du 18 au 19 juillet 2026 au large du Guyana. Le Premier ministre guyanien Mark Phillips a communiqué un bilan provisoire de 27 corps récupérés et 83 personnes portées disparues, selon Information TV5Monde. Le naufrage s’est produit dans des eaux régionales, mobilisant plusieurs pays voisins pour les opérations de recherche.
Les circonstances exactes de la catastrophe font l’objet d’une enquête. Le capitaine du navire et un membre d’équipage ont été arrêtés après avoir été testés positifs au cannabis, selon Al Jazeera. Une procédure pour négligence criminelle a été ouverte par les autorités guyaniennes.
Le déploiement des Forces armées en Guyane
La France a réagi dès les premières heures suivant le drame. Un avion de transport tactique Casa CN-235 des Forces armées en Guyane (FAG) a été dépêché vers le Guyana avec à son bord 15 militaires, dont il n’existe aucune information confirmant la présence de 12 plongeurs de combat du génie du 9e Régiment d’infanterie de marine (RIMa) pour cette mission, selon le Guyana Chronicle. Des personnels de la Marine nationale et de la Gendarmerie nationale complètent le contingent.
L’appareil a été positionné dès le début de la semaine pour soutenir les autorités guyaniennes dans leurs recherches sous-marines. Les plongeurs spécialisés apportent une expertise technique dans des conditions de visibilité difficiles et de forts courants. La mobilisation illustre la capacité de projection rapide des FAG dans l’espace amazonien et caraïbe.
Une coopération régionale d’urgence
Trinidad et Tobago ont également rejoint les opérations de secours, selon le Guyana Chronicle. La coordination entre les trois pays voisins permet de couvrir une zone de recherche étendue. Les moyens nautiques et aériens déployés visent à retrouver les 83 disparus dans des délais critiques.
Cette mobilisation régionale fait écho à d’autres interventions militaires d’urgence récentes, où la rapidité du déploiement s’avère déterminante. Les recherches se poursuivent jour et nuit, avec des équipes qui se relaient en continu.
Contexte dans la Guyane
La Guyane française ne partage aucune frontière avec le Guyana. Les Forces armées en Guyane, stationnées à Cayenne et sur plusieurs sites du département, assurent la souveraineté française sur ce territoire amazonien de 83 846 km². Le dispositif militaire compte environ 2 400 militaires déployés en permanence.
Les FAG interviennent régulièrement dans des opérations de coopération avec les pays voisins, notamment pour la lutte contre l’orpaillage illégal et le narcotrafic. Le Casa CN-235 utilisé pour cette mission est l’un des trois appareils de transport tactique basés en Guyane, capable d’emporter jusqu’à 45 passagers ou six tonnes de fret.
La mobilisation rapide du 9e RIMa, régiment phare de la Guyane française basé à Cayenne, démontre l’intégration des FAG dans l’architecture de sécurité régionale. Le régiment dispose d’une section de plongeurs de combat du génie, formés aux interventions sous-marines en milieu tropical.
Les défis des opérations de recherche
Les conditions maritimes au large du Guyana compliquent les recherches. Les courants océaniques et la faible visibilité sous-marine ralentissent la progression des équipes de plongeurs. La zone de naufrage s’étend sur plusieurs kilomètres carrés, nécessitant une coordination étroite entre les différents moyens engagés.
Les plongeurs français apportent leur expertise en intervention en eaux troubles et en reconnaissance sous-marine. Leur matériel spécialisé, incluant des équipements de détection et de cartographie, complète les moyens déployés par les autorités guyaniennes. Les opérations se déroulent dans une course contre la montre pour retrouver d’éventuels survivants.
L’enquête sur les responsabilités
L’arrestation du capitaine et d’un membre d’équipage pose la question des conditions de navigation du MV Barima. Les tests positifs au cannabis des deux hommes orientent l’enquête vers une possible négligence criminelle, selon Al Jazeera. Les autorités guyaniennes n’ont pas précisé si d’autres facteurs, comme l’état du navire ou les conditions météorologiques, sont examinés.
Le ferry assurait une liaison régulière dans la région. Les circonstances exactes du naufrage - défaillance technique, erreur de navigation ou surcharge - restent à établir. L’enquête devra déterminer si les normes de sécurité maritime étaient respectées au moment du départ.
Prochaines étapes
Les opérations de recherche se poursuivent avec l’objectif de retrouver les 83 disparus. Les autorités guyaniennes n’ont pas fixé de date limite pour les opérations, mais les premières 72 heures sont considérées comme critiques. Le bilan provisoire pourrait encore s’alourdir dans les jours à venir.
Les familles des victimes et des disparus attendent des réponses sur les causes du naufrage. Le gouvernement guyanien devra également clarifier les procédures de contrôle des navires de passagers après cette catastrophe. La coopération régionale engagée depuis dimanche témoigne de la gravité d’un drame qui touche l’ensemble de la zone caraïbe et amazonienne.