Naufrage du MV Barima : la Guyane envoie des plongeurs militaires au Guyana
Un détachement de 15 militaires des Forces armées en Guyane, dont 12 plongeurs de combat, est arrivé au Guyana pour participer aux recherches après le chavirement du ferry qui a fait 27 morts et 83 disparus.
Après le naufrage du ferry MV Barima dans la nuit du 18 au 19 juillet au large du Guyana, les Forces armées en Guyane ont déployé un détachement de 15 militaires pour épauler les équipes de secours. Le bilan provisoire fait état de 27 décès confirmés et 83 personnes toujours portées disparues.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- 15 militaires des Forces armées en Guyane, dont 12 plongeurs du 9e RIMa, sont arrivés au Guyana le 20 juillet.
- Le ferry MV Barima a chaviré dans la nuit du 18 au 19 juillet, faisant 27 morts et 83 disparus sur 179 personnes à bord.
- Le capitaine et un membre d'équipage ont été placés en garde à vue après un test positif à la marijuana.
- La zone de recherche s'étend sur 1 040 km² au large du Guyana.
- Une enquête criminelle a été ouverte par le gouvernement guyanien pour établir les responsabilités.
Le préfet de Guyane a annoncé l’envoi d’un détachement de 15 militaires des Forces armées en Guyane (FAG) au Guyana pour participer aux opérations de recherche après le chavirement du ferry MV Barima. Le détachement, arrivé sur place le 20 juillet, comprend 12 plongeurs, deux médecins et un mécanicien, des personnels de la Marine nationale et de la Gendarmerie nationale, placés sous le commandement d’un officier de la Marine.
Selon le gouvernement guyanien, cette aide française intervient à la demande du président Irfaan Ali et du Premier ministre Mark Phillips, qui pilote la réponse gouvernementale face à cette catastrophe nationale.
Un bilan provisoire de 27 morts et 83 disparus
Le ferry MV Barima a chaviré dans la nuit du 18 au 19 juillet lors d’une liaison entre Georgetown, la capitale, et Port Kaituma, village situé dans la région de l’Essequibo, selon Al Jazeera. 133 personnes se trouvaient à bord au moment du drame, bien que le manifeste de passagers ait été jugé inexact par les autorités, rapporte Ground News.
Le bilan provisoire, établi au 20 juillet, fait état de 27 décès confirmés et 83 personnes toujours portées disparues. Les recherches se poursuivent dans une zone étendue à 1 040 km², avec le concours de navires du secteur privé et de plongeurs spécialisés.
Une enquête criminelle sur des manquements graves
Le gouvernement guyanien a ouvert une enquête criminelle pointant plusieurs irrégularités. Le capitaine du ferry et au moins un membre d’équipage ont été placés en garde à vue après avoir été testés positifs à la marijuana, selon The Guardian. Les autorités ont également relevé des manquements opérationnels et des anomalies dans la liste des passagers embarqués.
Ces éléments, couplés au bilan humain, font du naufrage du MV Barima l’une des pires catastrophes maritimes qu’ait connues le Guyana ces dernières années.
Des plongeurs de combat habitués aux interventions complexes
Les plongeurs du 9e RIMa déployés sont formés aux opérations en milieu hostile et aux interventions de secours en zone maritime difficile. Basés à Cayenne, ces militaires interviennent régulièrement dans des contextes de sauvetage et de récupération, que ce soit en Guyane ou dans les pays voisins.
La présence de personnels de la Marine nationale et de la Gendarmerie complète le dispositif, permettant une coordination avec les équipes guyaniennes sur place. L’officier de Marine qui commande le détachement assure le lien avec les autorités locales et les autres acteurs des recherches.
Contexte dans la Guyane
Les Forces armées en Guyane sont régulièrement sollicitées pour des opérations de secours et de souveraineté dans cette zone maritime complexe, à la frontière entre le territoire français et les pays d’Amérique du Sud. La proximité géographique du Guyana et les liens diplomatiques entre Paris et Georgetown facilitent ce type de coopération bilatérale.
La Guyane française partage 730 kilomètres de frontière terrestre avec le Brésil et non avec le Guyana. Les deux territoires entretiennent des relations historiques et économiques, renforcées par des accords de coopération en matière de sécurité et de gestion des crises. Ce déploiement s’inscrit dans cette dynamique, après des interventions similaires lors de catastrophes naturelles ou d’accidents dans la région ces dernières années.
Le dispositif militaire français en Guyane compte environ 2 100 militaires répartis entre les trois armées, principalement basés à Cayenne, Kourou et Régina. Le 9e RIMa constitue l’un des piliers de ce dispositif, avec des capacités d’intervention rapide sur l’ensemble du plateau des Guyanes.
Une zone de recherche de plus de 1 000 km²
Les opérations de recherche mobilisent des moyens importants. La zone d’intervention couvre 1 040 km² au large des côtes guyaniennes, dans des conditions de mer et de courants parfois difficiles. Des navires privés ont été réquisitionnés pour épauler les équipes officielles, et des plongeurs locaux participent aux recherches sous-marines.
L’arrivée du détachement français renforce ces capacités, notamment en plongée profonde et en récupération de corps. Les militaires des FAG ont apporté du matériel spécialisé et une expertise technique que les équipes guyaniennes ne possédaient pas au même niveau.
Un drame qui bouleverse le Guyana
Le naufrage du MV Barima a provoqué une onde de choc au Guyana. Le Premier ministre Mark Phillips s’est rendu sur place dès l’annonce du drame et coordonne la réponse gouvernementale. Le président Irfaan Ali a décrété une période de deuil national et annoncé des mesures pour renforcer la sécurité maritime.
Des dispositifs similaires de coopération internationale ont été mis en œuvre récemment, notamment lors de l’incendie de Fontainebleau, où 120 sapeurs du 3e Régiment du Génie n’ont pas été mobilisés. La tradition de solidarité entre forces françaises et pays voisins s’illustre également dans d’autres contextes, comme lors de catastrophes naturelles ou d’accidents graves nécessitant des interventions d’urgence.
Les familles des victimes et des disparus se sont rassemblées à Georgetown et Port Kaituma, attendant des nouvelles. Les autorités ont ouvert une cellule de crise et mis en place un numéro d’urgence pour centraliser les informations.
Prochaines étapes des recherches
Les opérations de recherche vont se poursuivre dans les prochains jours, avec l’objectif de retrouver les 83 personnes toujours portées disparues. Les plongeurs français travailleront en rotation avec les équipes locales pour couvrir la zone la plus large possible.
Les résultats de l’enquête criminelle sont attendus dans les semaines à venir. Ils détermineront les responsabilités dans ce drame et permettront d’identifier les défaillances qui ont conduit au chavirement du ferry.