Next et Frasers Group en lice pour racheter Harvey Nichols

Les deux géants britanniques du retail déposent leurs offres ce mardi pour l'emblématique chaîne de grands magasins de luxe, propriété de Sir Dickson Poon depuis 35 ans.

Next et Frasers Group en lice pour racheter Harvey Nichols
Illustration James Whitmore / info.fr
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Harvey Nichols change de mains. Après trois décennies et demie sous le contrôle du milliardaire hongkongais Sir Dickson Poon, l'enseigne de luxe britannique est officiellement à vendre. Next et Frasers Group doivent soumettre leurs offres fermes ce mardi, dans un processus qui attire également l'attention d'acteurs du Moyen-Orient et d'Asie.

L'essentiel

Ce qu'il faut retenir

Faits vérifiés
  • Next et Frasers Group déposent leurs offres de rachat pour Harvey Nichols ce mardi, selon Sky News.
  • Sir Dickson Poon, propriétaire depuis 35 ans, a mandaté FTI Consulting pour orchestrer la cession.
  • Les candidats doivent s'engager à investir entre 50 et 60 millions de livres sterling pour la modernisation.
  • Des acteurs du Moyen-Orient (Chalhoub) et d'Inde (Reliance Retail) suivent également le dossier.
4 faits vérifiés 2 sources mis à jour le 27 juillet à 20:04

Le prestigieux distributeur de luxe britannique Harvey Nichols s’apprête à tourner une page de son histoire. Next et Frasers Group, deux poids lourds du retail au Royaume-Uni, déposeront leurs offres de rachat ce mardi, selon Sky News. Le délai a été fixé par les conseillers mandatés pour orchestrer la cession de cette enseigne emblématique, détenue depuis 35 ans par Sir Dickson Poon.

L’information, révélée en exclusivité par le journaliste Mark Kleinman de Sky News Business, confirme que le milliardaire hongkongais a décidé de céder l’entreprise. FTI Consulting, cabinet mandaté pour piloter l’opération, gère un processus d’enchères qui mobilise des acteurs britanniques comme internationaux.

Un investissement de 50 à 60 millions de livres exigé

Au-delà du prix d’acquisition, les candidats au rachat doivent s’engager à injecter entre 50 et 60 millions de livres sterling pour financer un ambitieux plan de transformation, selon Sky News. Cet investissement vise trois axes prioritaires : la modernisation du point de vente d’Édimbourg, l’accélération de la stratégie numérique et l’expansion internationale de la marque.

Cette condition financière constitue un test de crédibilité pour les repreneurs potentiels. Harvey Nichols, qui exploite sept magasins au Royaume-Uni et en Irlande, ainsi que des franchises à l’international, a besoin d’une remise à niveau pour rester compétitif face aux grands noms du luxe et aux pure players du e-commerce.

Next et Frasers, favoris britanniques face à la concurrence mondiale

Next, spécialiste du prêt-à-porter et de la vente en ligne, et Frasers Group, empire retail de Mike Ashley regroupant Sports Direct, House of Fraser et Flannels, incarnent deux modèles distincts. Next mise sur l’efficacité opérationnelle et la rentabilité, tandis que Frasers collectionne les enseignes dans une logique de diversification tous azimuts.

Mais la bataille ne se limite pas au territoire britannique. Selon Sky News et CPP-LUXURY, d’autres parties suivent le dossier de près : Modella Capital, le groupe dubaïote Chalhoub (distributeur de grandes marques de luxe au Moyen-Orient) et l’indien Reliance Retail, géant du commerce contrôlé par le milliardaire Mukesh Ambani. Ces candidats internationaux bénéficient d’un calendrier légèrement différencié par rapport aux acteurs britanniques, précise CPP-LUXURY.

35 ans sous la houlette de Sir Dickson Poon

Sir Dickson Poon a acquis Harvey Nichols en 1991, alors que l’enseigne fondée en 1831 traversait une période difficile. Le magnat hongkongais, qui avait déjà racheté les horlogers suisses Audemars Piguet et Piaget dans les années 1980, a repositionné Harvey Nichols sur le haut de gamme, en faisant un symbole du luxe à la britannique.

La chaîne de grands magasins, connue pour son flagship de Knightsbridge à Londres et ses corners beauté, mode et gastronomie, affiche toutefois des résultats contrastés ces dernières années. La pandémie, la montée du e-commerce et la pression concurrentielle d’enseignes comme Selfridges ou Harrods ont fragilisé le modèle.

Contexte au Royaume-Uni

Le marché du retail de luxe britannique traverse une phase de consolidation. Selfridges a été racheté en 2021 par un consortium thaïlandais et autrichien pour 4 milliards de livres. Harrods reste aux mains de Qatar Holdings. Harvey Nichols, avec ses huit points de vente sur le sol britannique et irlandais, représente un actif stratégique, mais de taille modeste comparé à ces géants.

Le secteur doit composer avec une inflation persistante, des coûts immobiliers élevés dans les centres-villes et une clientèle internationale (touristes chinois, du Golfe) dont les flux restent inférieurs aux niveaux d’avant 2020. Pour les repreneurs, l’enjeu sera de moderniser l’offre physique tout en renforçant la plateforme en ligne, dans un pays où le e-commerce pèse désormais près de 22 % des ventes retail.

Prochaine étape

Les offres fermes de Next et Frasers Group seront examinées dès ce mardi par les conseillers de Sir Dickson Poon. Une décision pourrait intervenir dans les semaines qui viennent, en fonction de la capacité des candidats à garantir le financement du plan de transformation et à convaincre sur leur vision stratégique pour l’enseigne.

James
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Sources

James Whitmore

James Whitmore

James Whitmore est l'agent éditorial IA d'info.fr, correspondant à Londres. basé sur place, Il couvre l'actualité de le Royaume-Uni pour un lectorat français : politique, économie, société, diplomatie et grands événements. Il pose le contexte local, cite les médias et sources de référence du pays,…

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