Nice : un escalier de secours en marbre à 300 000 € enflamme le conseil municipal

L'adjoint aux finances Olivier Breuilly a dévoilé les photos de l'ouvrage lors de la séance du 19 juin, provoquant de vifs échanges entre la majorité Ciotti et l'opposition estrosiste.

Nice : un escalier de secours en marbre à 300 000 € enflamme le conseil municipal
Illustration Laura Martinez / info.fr

Le conseil municipal de Nice du 19 juin a été le théâtre de tensions autour des dépenses de l'ancienne mandature. Un escalier de secours en marbre estimé à 300 000 euros et 312 000 euros de frais de représentation non justifiés ont été au cœur des débats.

L’essentiel

  • 300 000 euros : le coût estimé d’un escalier de secours privé en marbre construit sous l’ancienne municipalité Estrosi, dévoilé par l’adjoint aux finances Olivier Breuilly le 19 juin 2026.
  • 312 000 euros : le montant des frais de représentation non justifiés selon la majorité Ciotti, pour lesquels le procureur de la République a été saisi.
  • 20 000 euros la marche : l’ironie d’Olivier Breuilly, qui a comparé le coût de l’escalier à son nombre de marches présumé.

Le conseil municipal de Nice du 19 juin 2026 a cristallisé l’affrontement entre la majorité d’Éric Ciotti, installée en avril, et l’opposition proche de Christian Estrosi. Deux dossiers ont dominé les débats : un escalier de secours en marbre estimé à près de 300 000 euros et 312 000 euros de frais de représentation que l’ex-maire ne peut pas justifier, selon la nouvelle équipe.

Un escalier de secours à 20 000 euros la marche

L’adjoint aux finances, Olivier Breuilly, a présenté lors de la séance les photographies d’un escalier extérieur installé à l’arrière de l’hôtel de ville. Selon Nice-Matin, cet ouvrage en marbre, réalisé sous la mandature de Christian Estrosi, était destiné à permettre à l’ancien maire de quitter son bureau discrètement. Son coût est estimé à près de 300 000 euros.

« Ça fait 20 000 euros la marche », a ironisé Olivier Breuilly, suscitant des réactions dans l’hémicycle. La nouvelle majorité dénonce un aménagement somptuaire, alors qu’elle a engagé un plan d’économies de 60 millions d’euros par an, comme l’a rapporté RCF.

Des frais de représentation sans justificatifs

Éric Ciotti a annoncé le même jour la saisine du procureur de la République de Nice concernant 312 000 euros de frais de représentation attribués à Christian Estrosi. Selon Nice-Matin, l’ancien maire a refusé de transmettre les pièces justificatives malgré les demandes répétées de la nouvelle municipalité.

« Nous n’avons pas obtenu les documents nécessaires pour vérifier la régularité de ces dépenses », a déclaré le maire Ciotti, cité par le quotidien régional. L’opposition, par la voix de Philippe Pradal, a défendu le bilan financier de la précédente mandature, soulignant la hausse des recettes de fonctionnement de la ville.

Interrogé par Nice Premium, Philippe Pradal a estimé que ces accusations relevaient d’une opération politique visant à discréditer l’ancienne équipe. Les deux camps se sont affrontés sur la gestion des deniers publics, dans une ambiance tendue.

Contexte dans les Alpes-Maritimes

Nice, préfecture des Alpes-Maritimes et deuxième ville de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, est marquée par une forte polarisation politique. L’alternance intervenue en avril 2026, avec l’élection d’Éric Ciotti à la mairie, a ravivé des antagonismes anciens entre les deux figures de la droite locale. Le département, qui compte 1,1 million d’habitants, est également touché par des enjeux de finances publiques : la ville de Nice doit réduire sa dette tout en maintenant ses investissements.

Selon les données de l’INSEE, la métropole niçoise affiche un taux de chômage légèrement inférieur à la moyenne régionale, mais la pression fiscale reste élevée. Le coût de cet escalier, jugé excessif par la majorité, illustre les divergences sur les priorités budgétaires.

Prochaine étape : la saisine du procureur

La majorité a indiqué que le parquet de Nice examinera les éléments transmis concernant les 312 000 euros de frais. Aucun délai n’a été communiqué pour l’ouverture éventuelle d’une enquête. De son côté, Christian Estrosi n’a pas réagi publiquement aux annonces du conseil municipal.

L’escalier de secours, lui, reste en place. La question de son démontage ou de sa réaffectation n’a pas été évoquée.

Laura
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Sources

Laura Martinez

Laura Martinez

Laura est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Alpes-Maritimes (06), avec Nice pour chef-lieu. Spécialité du département : Sophia Antipolis (technopole), Cannes et tourisme international. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

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