Nice : l’immeuble squatté rue Saint-Philippe évacué d’urgence sur arrêté de péril
Le maire Éric Ciotti a ordonné le 30 avril l'évacuation et le murage du 4 bis rue Saint-Philippe, squat actif depuis décembre 2025 et foyer de trafics.
Le 30 avril 2026, la police municipale de Nice a évacué en urgence l'immeuble squatté du 4 bis rue Saint-Philippe. Arrêté de péril, trafics de drogue et de prostitution, risques structurels le bâtiment de sept étages a été muré en six heures. Environ 30 personnes se retrouvent sans logement.
Le 30 avril 2026, la police municipale de Nice a évacué en urgence l’immeuble squatté du 4 bis rue Saint-Philippe. Arrêté de péril, trafics de drogue et de prostitution, risques structurels : le bâtiment de sept étages a été muré en six heures. Environ 30 personnes se retrouvent sans logement.
L’essentiel
- 30 avril 2026 : arrêté de péril signé par le maire Éric Ciotti, évacuation immédiate du 4 bis rue Saint-Philippe à Nice.
- 6 heures d’opération : les résidents ont eu deux heures pour rassembler leurs affaires avant le murage du bâtiment de sept étages.
- 20 personnes relogées : 4 personnes vulnérables placées à l’hôtel, 11 hébergées en gymnase, 5 conduites au centre de rétention administrative.
- Trafics identifiés : drogue et prostitution signalés dans l’immeuble, avec portes enfoncées et installations électriques dangereuses.
- 4 mai 2026 : rendez-vous fixé à la mairie pour les propriétaires et locataires concernant le relogement des environ 30 personnes affectées (selon France 3 Régions).
Deux heures pour vider les lieux
Le 30 avril au matin, Éric Ciotti s’est rendu en personne au 4 bis rue Saint-Philippe, à proximité de la promenade des Anglais. Sur place, il a annoncé un arrêté de péril et ordonné l’évacuation immédiate. Les résidents présents ont eu environ deux heures pour prendre leurs affaires, selon Nice-Matin et France 3 Régions.
L’opération a mobilisé la police municipale pendant six heures. À l’issue, le bâtiment a été muré et sécurisé. Une surveillance renforcée, jour et nuit, a été mise en place pour empêcher tout retour de squatteurs, rapporte France 3 Régions.
Un bâtiment dégradé, foyer de trafics
L’immeuble de sept étages présentait des portes enfoncées, des installations électriques jugées dangereuses et un risque d’effondrement d’une cheminée, selon France 3 Régions et Nice-Matin. Il était également signalé comme foyer de trafics de drogue et de prostitution, ce qui rendait l’intervention des secours périlleuse, note Actu.fr.
Ciotti a déclaré sur X : « Des conditions de vie inacceptables et une insécurité permanente pour les habitants : ces situations n’ont pas leur place à Nice ni dans un État de droit ! »
Ce type de situation n’est pas sans rappeler d’autres évacuations d’urgence liées à des immeubles dégradés, comme l’évacuation de 41 résidents à Alençon après un incendie dans un immeuble social en mai 2026.
Vingt personnes relogées, cinq en rétention
Sur les quelque 30 personnes affectées, le bilan de la prise en charge est le suivant, selon la page Facebook de Christian Estrosi : 4 personnes identifiées comme vulnérables ont été hébergées à l’hôtel, 11 autres ont été orientées vers un gymnase. Cinq individus ont été conduits au centre de rétention administrative.
Les propriétaires et locataires ont été convoqués à la mairie de Nice le lundi 4 mai 2026 pour examiner les solutions de relogement, selon France 3 Régions.
Un squat réactivé depuis décembre 2025
Ce n’est pas la première intervention sur ce site. En octobre 2025, l’ancienne municipalité avait déjà procédé à une évacuation et fait installer une porte anti-squat, selon Nice-Matin. Mais les problèmes avaient repris dès décembre 2025, les squatteurs ayant notamment découpé des murs à la disqueuse pour accéder aux studios, rapporte le même média.
L’opération du 30 avril constitue donc une deuxième fermeture du site, présentée par Ciotti comme définitive grâce au murage et à la surveillance continue.
Contexte dans les Alpes-Maritimes
Nice concentre une part significative des faits de délinquance du département. En 2025, la ville enregistrait 65 délits pour 1 000 habitants, un taux supérieur à la moyenne des Alpes-Maritimes, selon le site Nicepresse.com, qui cite notamment le narcotrafic et la délinquance de voie publique comme facteurs principaux.
Les squats en péril constituent un enjeu récurrent dans les grandes agglomérations méditerranéennes, où la pression sur le parc immobilier ancien favorise les occupations illicites. Nice, première ville du département avec plus de 340 000 habitants, est régulièrement confrontée à des situations d’habitat dégradé dans ses quartiers centraux. Les interventions d’urgence sur des bâtiments insalubres mobilisent à la fois les services de la mairie, la police municipale et les services sociaux, comme l’illustre cette opération rue Saint-Philippe.
À titre de comparaison, des évacuations impliquant des dizaines de résidents ont également eu lieu dans d’autres communes françaises ces dernières semaines, témoignant d’une problématique nationale. Le cas d’Alençon, avec 41 évacués, illustre la fréquence de ces situations dans les immeubles vétustes.
Surveillance maintenue, avenir incertain pour les résidents
Le bâtiment reste muré et sous surveillance policière permanente. Les conditions de relogement pérenne des personnes évacuées - propriétaires comme locataires de bonne foi - n’ont pas encore été précisées par la mairie à ce stade. Le rendez-vous du 4 mai doit permettre d’en clarifier les modalités, selon France 3 Régions.
Sources
- Nice-Matin : Évacuation immédiate : le maire de Nice (re)ferme l'immeuble squatté de la rue Saint-Philippe lors d'une visite musclée
- France 3 Régions : "Deux heures pour prendre nos affaires" : à Nice, un immeuble squatté est évacué et muré
- Actu.fr : À Nice, les habitants d'un immeuble évacués d'urgence à cause de "l'insécurité"
- X / @eciotti : Tweet d'Éric Ciotti sur l'évacuation du 4 bis rue Saint-Philippe