Nice : une marche antiraciste dénonce le racisme policier après l’agression de Sabri par deux CRS
Une centaine de personnes ont manifesté place Garibaldi le 3 mai, deux semaines après l'attaque filmée d'un jeune homme de 23 ans par deux policiers hors service.
Dans la nuit du 18 au 19 avril 2026, Sabri, 23 ans, a été frappé, traîné par les cheveux et volé par deux CRS hors service et alcoolisés dans le quartier de l'Ariane à Nice. L'affaire, filmée par un habitant, a conduit à une garde à vue puis à un renvoi en correctionnelle. Le 3 mai, le collectif Contre-Attaque Antiraciste 06 a organisé une marche pour dénoncer le racisme systémique dans la police.
Dans la nuit du 18 au 19 avril 2026, Sabri, 23 ans, a été frappé, traîné par les cheveux et volé par deux CRS hors service et alcoolisés dans le quartier de l’Ariane à Nice. L’affaire, filmée par un habitant, a conduit à une garde à vue puis à un renvoi en correctionnelle. Le 3 mai, le collectif Contre-Attaque Antiraciste 06 a organisé une marche pour dénoncer le racisme systémique dans la police.
L’essentiel
- L’agression : Sabri, 23 ans, frappé au visage, traîné par les cheveux et volé (100 euros + permis de conduire) par deux CRS hors service le 19 avril 2026 vers 5h du matin, quartier de l’Ariane, Nice.
- Ivresse et violences : Les deux policiers étaient en état d’ivresse manifeste ; l’un a crié « C’est nous la police » pendant l’attaque. Sabri a subi 4 jours d’ITT.
- Garde à vue : Les deux CRS ont été placés en garde à vue le 22 avril 2026, après remise de la vidéo filmée par un habitant.
- Jugement : Ils seront jugés le 1er juin 2026 pour violences volontaires en réunion et en état d’ivresse, et vol en réunion avec violences, selon le parquet de Nice.
- Marche : Une centaine de participants ont répondu à l’appel du collectif Contre-Attaque Antiraciste 06 le 3 mai 2026, partant du commissariat de l’Ariane.
Une nuit à l’Ariane : coups, vol et « C’est nous la police »
Les faits se sont déroulés dans la nuit du samedi 18 au dimanche 19 avril 2026, vers 5 heures du matin, rue des Bleuets, dans le quartier de l’Ariane. Selon France Info et Le Monde, les deux CRS - en déplacement à Nice et hors service au moment des faits - ont abordé Sabri, l’ont frappé au visage à plusieurs reprises, mis au sol et traîné par les cheveux. L’un d’eux a crié : « C’est nous la police fils de pute. » Ils lui ont ensuite dérobé 100 euros en liquide et son permis de conduire.
Sabri est inconnu des services de police. Il a déposé plainte le jour même. Les médecins lui ont constaté quatre jours d’interruption totale de travail (ITT), avec des bleus sur le corps et des cheveux arrachés, selon Nice-Matin.
La vidéo, clé de l’affaire
Un habitant du quartier a filmé la scène. Cette vidéo a été remise aux enquêteurs et constitue la pièce centrale du dossier. Elle a permis l’identification rapide des suspects : les deux CRS ont été placés en garde à vue le 22 avril 2026, soit quatre jours après l’agression, d’après France Info.
Le parquet de Nice a annoncé le 24 avril leur renvoi devant le tribunal correctionnel. Ils seront jugés le 1er juin 2026 pour violences volontaires en réunion et en état d’ivresse manifeste ayant entraîné une ITT de quatre jours, ainsi que pour vol en réunion avec violences, selon Libération et Le Monde.
La marche du 3 mai : environ cent personnes à l’Ariane
Le collectif Contre-Attaque Antiraciste 06 a appelé à une marche le dimanche 3 mai 2026, à 14 heures, au départ du commissariat de l’Ariane, rue des Bleuets. Selon France 3 Côte d’Azur et Nice-Matin, environ une centaine de personnes ont répondu à l’appel, militants associatifs et riverains confondus, pour soutenir Sabri et dénoncer ce que les organisateurs qualifient de racisme systémique dans la police.
Zohra Briand, membre du collectif, a déclaré à France 3 : « On veut dénoncer le racisme systémique » et « Le racisme de la police est une peur quotidienne dans les quartiers. » L’organisation a également dénoncé ce qu’elle décrit comme une série de violences policières décomplexées.
SOS Racisme, de son côté, appelle à une qualification judiciaire explicitement raciste de l’agression, selon un communiqué publié sur son site. Cette demande n’a pas été retenue dans les charges retenues par le parquet à ce stade.
Contexte dans les Alpes-Maritimes
L’affaire intervient dans un département où les actes à caractère raciste sont statistiquement plus fréquents qu’ailleurs. Selon les données du ministère de l’Intérieur et le site Nicepresse, le taux de crimes et délits racistes dans les Alpes-Maritimes atteint environ 2 pour 10 000 habitants, soit près du double de la moyenne nationale. Le département est régulièrement cité parmi les plus touchés de France métropolitaine.
Le quartier de l’Ariane, dans le nord-est de Nice, est l’un des secteurs les plus défavorisés de la ville. La présence policière y est importante et les tensions entre riverains et forces de l’ordre sont documentées depuis plusieurs années. Cette affaire est la première impliquant des policiers en tant qu’auteurs présumés à atteindre ce niveau de couverture nationale dans le département depuis plusieurs années.
Sur le plan judiciaire, les poursuites rapides - moins d’une semaine entre les faits et la garde à vue - et le renvoi en correctionnelle en un mois sont soulignés par plusieurs observateurs comme inhabituels dans des affaires impliquant des membres des forces de l’ordre. La dimension pénale du dossier, avec la qualification de vol en réunion avec violences, s’ajoute aux chefs de violence et alourdit sensiblement l’exposition pénale des deux suspects.
Position des institutions : silence ou communiqués mesurés
La direction de la CRS concernée et la préfecture des Alpes-Maritimes n’ont pas fait de déclaration publique détaillée, au-delà du communiqué du parquet. La mairie de Nice n’a pas, à ce stade, pris position publiquement sur l’affaire. La mobilisation du 3 mai s’est tenue sans incident notable signalé par les médias locaux.
Des affaires similaires impliquant des gardes à vue de personnes en position d’autorité ont alimenté le débat national sur les violences institutionnelles ces derniers mois. La dimension locale de ce dossier - deux policiers affectés en déplacement, dans un quartier prioritaire - lui donne une résonance particulière dans le débat niçois.
Prochaine étape : le tribunal correctionnel le 1er juin
Les deux CRS seront jugés devant le tribunal correctionnel de Nice le 1er juin 2026. L’audience permettra de savoir si la qualification raciste, réclamée par SOS Racisme et le collectif organisateur, est retenue ou débattue à l’audience. Sabri et ses soutiens ont indiqué leur intention de se constituer partie civile.
Sources
- France 3 Côte d'Azur : On veut dénoncer le racisme systémique : une marche antiraciste organisée à Nice suite à l'agression d'un homme par deux CRS
- Libération : Deux CRS soupçonnés d'une agression à Nice seront jugés pour violences et vol
- France Info : Deux CRS placés en garde à vue à Nice : le témoignage de l'homme agressé
- Le Monde : Nice : deux CRS hors service poursuivis pour violences volontaires en état d'ivresse et vol