Nièvre : canicule, la préfecture interdit les moissons l’après-midi
Face à la canicule et au risque d'incendies, la préfète Fabienne Decottignies a signé un arrêté limitant les travaux agricoles de 13 h à 18 h dans tout le département.
La préfecture de la Nièvre a pris un arrêté le 22 juin 2026 pour limiter les risques d'incendies de récoltes liés à la canicule. Les travaux de récolte, fenaison et pressage sont interdits entre 13 h et 18 h jusqu'au 29 juin.
L’essentiel
- Arrêté signé le 22 juin : la préfète Fabienne Decottignies a pris l’arrêté n°58-2026-06-22-00003 pour prévenir les incendies de récoltes.
- Interdiction de 13 h à 18 h : les travaux de récolte, fenaison, fauche et pressage sont prohibés sur tout le département jusqu’au 29 juin.
- Mesures de sécurité obligatoires : en dehors des heures interdites, les chantiers doivent disposer d’un extincteur, d’un outil de déchaumage et d’une ronde après récolte.
La Nièvre est en vigilance rouge canicule depuis le 21 juin 2026. Pour éviter les départs de feu dans les champs de céréales mûres, la préfète Fabienne Decottignies a signé l’arrêté n°58-2026-06-22-00003 le 22 juin. Ce texte fixe des restrictions horaires strictes pour les travaux agricoles les plus exposés.
Ce qui est interdit
L’arrêté interdit les opérations de récolte de grandes cultures, de fauche, de fenaison et de pressage de 13 h 00 à 18 h 00. Cette plage horaire correspond au pic de chaleur et à la période où les végétaux sont les plus secs. L’interdiction s’applique à l’ensemble du département, sans exception communale, du 22 juin au 29 juin 2026 inclus.
Selon la Direction départementale des territoires (DDT), les travaux de récolte en vert, de déchaumage et de travail du sol restent autorisés sans restriction horaire, à condition de respecter les consignes générales de sécurité. La préfecture précise que cet arrêté a été pris à la demande du président de la Chambre d’agriculture de la Nièvre, qui avait alerté sur les risques de sinistres.
Les mesures de sécurité hors période interdite
En dehors des heures d’interdiction, les exploitants doivent respecter un équipement obligatoire : un moyen d’alerte (téléphone ou radio), un extincteur adapté aux feux de végétaux, et un outil de déchaumage attelé au tracteur. Ce déchaumeur permet de créer une bande de terre nue en bordure de parcelle pour stopper la propagation d’un éventuel incendie.
Avant de quitter une parcelle travaillée, l’agriculteur doit effectuer une dernière reconnaissance visuelle pour vérifier l’absence de départ de feu. La préfecture insiste sur cette obligation : « une parcelle ne peut être abandonnée sans qu’un contrôle visuel complet n’ait été réalisé », indique le texte de l’arrêté.
Parallèlement, un second arrêté (n°58-2026-06-22-0002) a été édicté le même jour pour restreindre temporairement tous les usages de feu dans la Nièvre : barbecues, brûlage de végétaux, feux d’artifice sont également interdits jusqu’à nouvel ordre.
Réactions et impact sur les agriculteurs
La Coordination rurale 58 (CR 58) a réagi le 24 juin sur X, déplorant « des restrictions de travaux agricoles imposées par la @Prefet58 ». Le syndicat agricole estime que ces interdictions horaires entraînent une désorganisation des chantiers de moisson, alors que la fenêtre météo favorable est courte.
Contactée, la Chambre d’agriculture rappelle qu’elle avait elle-même sollicité la préfète pour ces mesures, face aux conditions extrêmes. « Mieux vaut perdre quelques heures de travail que de voir une exploitation entière partir en fumée », résume un conseiller agricole. Les organisations professionnelles appellent à la vigilance des automobilistes dans les zones de chantier : les engins agricoles circulent davantage le matin et en soirée.
Contexte dans la Nièvre
Avec environ 1 700 exploitations agricoles et une surface agricole utile de 357 000 hectares, la Nièvre est un département céréalier majeur de la Bourgogne-Franche-Comté. Les grandes cultures (blé, orge, colza, maïs) représentent l’essentiel des assolements. La période de moisson, qui s’étend habituellement de fin juin à août, est cruciale pour le revenu des producteurs. Les épisodes caniculaires récents, comme en 2023 et 2024, avaient déjà provoqué plusieurs incendies de récoltes, justifiant un renforcement des protocoles.
Selon Météo-France, la Nièvre connaît depuis le 21 juin un épisode caniculaire intense avec des températures dépassant les 38°C dans certaines vallées. Le placement en vigilance rouge a été déclenché le 21 juin. L’arrêté actuel court jusqu’au 29 juin, mais pourrait être prolongé si les conditions météo persistent.
Prochaine étape : la préfecture réévaluera la situation le 29 juin en fonction des prévisions météorologiques et des remontées de la profession agricole. Les syndicats espèrent un allègement rapide si les températures baissent.