Nîmes : la mairie ordonne le retrait de climatiseurs financés par des parents d’élèves pour éviter un « précédent d’inégalité »
Après le malaise d’une élève par 40 °C, des parents ont réuni 2 000 € et installé cinq appareils. La mairie exige leur retrait au nom de l’égalité entre quartiers.
Des parents d’élèves de l’école publique La Planette, à Nîmes, ont acheté et installé cinq climatiseurs mobiles après un malaise lié à la canicule. Le maire Vincent Bouget a ordonné leur retrait, invoquant un risque de « précédent d’inégalité » avec les écoles des quartiers moins favorisés.
L’essentiel
- Fait 1 : Une cagnotte de 2 000 €, lancée après le malaise d’une élève le 26 mai 2026, a permis d’installer cinq climatiseurs mobiles à l’école La Planette.
- Fait 2 : Le maire Vincent Bouget a ordonné le retrait des appareils pour ne pas créer un « précédent d’inégalité » entre quartiers.
- Fait 3 : Les services techniques de la ville invoquent également l’absence de validation préalable des installations électriques.
Une initiative parentale après un malaise en classe
Le 28 mai 2026, une élève de l’école primaire publique La Planette, située dans un quartier aisé de Nîmes, a fait un malaise en classe. La température dans l’établissement atteignait 40 °C, selon les parents. En réponse, ces derniers ont lancé une cagnotte en ligne. En trois jours, 2 000 € ont été collectés, permettant l’achat et l’installation de cinq climatiseurs mobiles dans les salles de classe.
« L’école n’est pas équipée pour supporter de telles chaleurs », a expliqué un parent à Midi Libre. Certains cours ont dû être dispensés temporairement dans les couloirs, plus frais.
La mairie ordonne le retrait et invoque l’égalité
Le maire de Nîmes, Vincent Bouget, a rapidement ordonné le retrait des climatiseurs. Dans une déclaration rapportée par Le Figaro, il a justifié cette décision par le souci de ne pas créer un « précédent d’inégalité ». « Si une école d’un quartier aisé peut s’équiper par ses propres moyens, que dire aux parents des écoles des quartiers moins favorisés ? », a-t-il argumenté.
La municipalité craint que cette initiative privée ne creuse les écarts entre établissements publics. Nîmes compte plusieurs écoles où la climatisation fait défaut, dans des quartiers populaires comme Pissevin ou Valdegour.
Sécurité électrique : un motif technique invoqué
Les services techniques de la ville ont également mis en avant l’absence de validation préalable des installations. Selon Le Figaro, ils estiment que l’introduction d’appareils électriques sans contrôle peut poser des risques de surcharge ou d’incendie. Les parents assurent avoir respecté les normes de base. « Nous avons simplement branché des appareils neufs sur des prises existantes », a déclaré l’un d’eux à PJ Media.
Malgré cela, la mairie a maintenu son ordre de retrait. Les climatiseurs devaient être enlevés sous 48 heures, sous peine de voir les services municipaux intervenir.
Contexte dans le Gard
Nîmes, préfecture du Gard, connaît des épisodes de canicule récurrents. L’école La Planette est l’une des plus anciennes de la ville, sans système de rafraîchissement centralisé. La mairie affirme accélérer ses actions d’adaptation climatique, en vérifiant les espaces de repli frais dans les écoles. Mais aucune enveloppe budgétaire spécifique pour la climatisation des classes n’a été annoncée à ce jour.
Dans le département, plusieurs communes rurales sont confrontées aux mêmes difficultés. À Alès, par exemple, des parents ont réclamé des mesures similaires l’été dernier. La polémique nîmoise relance le débat sur l’équipement des écoles publiques face à la chaleur.
Un débat national sur l’adaptation des écoles à la canicule
L’affaire a dépassé le cadre local. Plusieurs médias nationaux, dont Le Figaro et Midi Libre, ont relayé le conflit. Sur les réseaux sociaux, des voix s’élèvent pour dénoncer une décision jugée « punitive ». D’autres soutiennent la position du maire, estimant que seule la puissance publique doit garantir l’égalité d’accès au confort thermique.
La canicule de mai 2026 a déjà fait des victimes ailleurs. Dans l’Indre, les urgences de Châteauroux ont été saturées face aux premières victimes de la chaleur (lire notre article). En Corrèze et dans le Limousin, plus de 100 pompiers ont été mobilisés sur des incendies liés à la sécheresse (lire notre article).
À Nîmes, la mairie indique travailler sur un plan d’adaptation plus large. « Nous ne pouvons pas laisser les parents pallier les carences de l’État de manière désordonnée », a conclu Vincent Bouget.
Aucune date de retrait effective n’a été communiquée à ce stade. Les parents disent envisager un recours.
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