Nîmes : l’organisatrice d’un rassemblement anti-corrida placée en garde à vue pendant la Feria
Nathalie Valentin, militante nîmoise active depuis plus de vingt ans, a été interpellée samedi 23 mai pour avoir bravé l'arrêté préfectoral d'interdiction.
Une trentaine de militants anti-corrida se sont rassemblés samedi 23 mai devant les Arènes de Nîmes, en pleine Feria de Pentecôte. Repoussés par les forces de l'ordre, ils ont bravé un arrêté préfectoral d'interdiction. L'organisatrice, Nathalie Valentin, a été placée en garde à vue au commissariat de Nîmes.
Une trentaine de militants anti-corrida se sont rassemblés samedi 23 mai devant les Arènes de Nîmes, en pleine Feria de Pentecôte. Repoussés par les forces de l’ordre, ils ont bravé un arrêté préfectoral d’interdiction. L’organisatrice, Nathalie Valentin, a été placée en garde à vue au commissariat de Nîmes.
L’essentiel
- Garde à vue : Nathalie Valentin, organisatrice du rassemblement, placée en garde à vue au commissariat de Nîmes le samedi 23 mai 2026.
- Arrêté préfectoral : Tout rassemblement revendicatif interdit dans le périmètre des Arènes du vendredi 22 mai à 8h au lundi 25 mai à 22h, signé par le préfet du Gard Jérôme Bonet.
- Mobilisation : Une trentaine de militants présents, repoussés à l’angle des rues Cité-Foulc et de la République.
- Précédent 2024 : Sept manifestants anti-corrida avaient déjà été placés en garde à vue lors de la Feria de Pentecôte 2024.
- Contexte : La Feria de Pentecôte 2026 se déroule du 21 au 25 mai, avec plus d’un million de visiteurs attendus selon la Ville de Nîmes.
Un rassemblement dans un périmètre interdit
Samedi 23 mai, pendant la corrida la plus attendue du cycle, une trentaine de militants ont tenté de se rassembler au pied des Arènes de Nîmes. Ils brandissaient des pancartes portant le slogan « la torture n’est pas notre culture ». Selon Midi Libre, les forces de l’ordre les ont repoussés jusqu’à l’angle des rues Cité-Foulc et de la République.
La manifestation avait été déclarée, mais elle tombait dans le périmètre couvert par un arrêté préfectoral signé par le préfet du Gard Jérôme Bonet. Ce texte, publié sur le site de la préfecture du Gard, interdit tout rassemblement ou manifestation à caractère revendicatif sur la voie publique dans un secteur incluant les Arènes, du vendredi 22 mai à 8h au lundi 25 mai à 22h. Un second arrêté autorisait par ailleurs les forces de sécurité à utiliser un drone pour capter et enregistrer des images pendant la durée de la Feria.
Nathalie Valentin, militante récidiviste, en garde à vue
L’organisatrice du rassemblement est identifiée par La Gazette de Nîmes comme Nathalie Valentin, militante nîmoise qui lutte contre la corrida depuis plus de vingt ans. Elle a été interpellée et conduite au commissariat de Nîmes pour violation de l’arrêté préfectoral.
Ce n’est pas une première pour elle. Selon France 3 Occitanie, elle avait été condamnée à une amende de 1 500 € en 2020 pour avoir organisé une manifestation non déclarée. Le site ICI.fr la décrit comme une figure récurrente de la lutte anticorrida à Nîmes, ayant fait l’objet de plusieurs gardes à vue, convocations et condamnations au fil des années.
Une mobilisation en baisse selon les militants
Parmi les militants présents ce samedi, l’un d’eux, prénommé Bertrand, a confié à Midi Libre que les rassemblements rassemblent « de moins en moins » de monde. Il cite par ailleurs un chiffre : « 86 % de la population est hostile à la corrida ». Ce chiffre n’a pas pu être recoupé avec une source indépendante.
Un sondage Ifop commandé par l’Alliance Anticorrida, relayé sur les réseaux sociaux avant l’ouverture de la Feria, indiquait une opposition majoritaire aux corridas à Nîmes, notamment chez les 18-24 ans, à 76 % selon ce sondage. Ces données émanent d’une source promotrice du mouvement abolitionniste et doivent être lues en ce contexte. Pour suivre les contrôles routiers liés à la Feria, la gendarmerie du Gard a renforcé ses dispositifs dès l’ouverture des festivités.
Contexte dans le Gard
Nîmes est l’une des rares villes de France où la corrida bénéficie d’une exception légale au titre de la tradition locale, maintenue par l’article 521-1 du Code pénal. La Feria de Pentecôte est l’événement touristique majeur de la ville et du département du Gard : plus d’un million de visiteurs sont attendus sur cinq jours selon la Ville de Nîmes et les Arènes de Nîmes.
Le bras de fer entre militants abolitionnistes et autorités locales est récurrent. En 2024, La Gazette de Montpellier avait rapporté sept gardes à vue de manifestants anti-corrida lors de la même Feria de Pentecôte. Le schéma se répète : rassemblement déclaré, périmètre interdit par arrêté, interpellations. Les tensions dépassent parfois le cadre du Gard - dans un registre différent, un incendie suspect visait récemment les locaux de la police municipale de Céret, dans les Pyrénées-Orientales voisines.
À Nîmes même, la corrida alimente d’autres débats institutionnels. Le club de football Nîmes Olympique traverse une crise de gouvernance qui mobilise une partie de la ville en ce même mois de mai 2026, illustrant un contexte local sous tension sur plusieurs fronts.
Suites judiciaires à préciser
À l’heure où ces lignes sont écrites, l’issue de la garde à vue de Nathalie Valentin n’a pas été précisée par les autorités. Une éventuelle convocation devant le tribunal correctionnel de Nîmes reste à confirmer. Des précédents laissent présager une poursuite pour manifestation dans un périmètre interdit par arrêté préfectoral.
La Feria de Pentecôte 2026 s’est achevée le lundi 25 mai. La décision du parquet du Gard sur les suites à donner à cette interpellation n’a pas encore été rendue publique.
Sources
- Midi Libre : Feria de Nîmes 2026 : cris, protestations, sifflets, une trentaine de militants anticorrida manifestent
- La Gazette de Nîmes : Nîmes. Manifestation anti-corrida : l'organisatrice en garde à vue
- Préfecture du Gard : Feria de Pentecôte 2026 : mesure de sécurisation
- France 3 Occitanie : Nîmes : une militante anti-corrida condamnée pour avoir organisé manifestation non déclarée