Noa Isidore enchaîne les 2es places en 2026
Le Français cumule les places d'honneur sans victoire sur les courses nationales
Mercredi 29 juillet, Noa Isidore a pris la 2e place de l'étape du Tour de l'Ain derrière l'Espagnol Markel Beloki. Une performance de plus dans une saison où le coureur français enchaîne les accessits sans jamais…
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Transformer la régularité en victoires
Isidore accumule les places d'honneur mais n'a toujours pas gagné sur une course française en 2026. Le coureur doit franchir le cap psychologique pour concrétiser son potentiel.
Sortir de la spirale mentale
Après un déclassement controversé en juin sur la Route d'Occitanie, chaque nouvelle 2e place renforce une forme de fatalité. L'enjeu mental devient aussi important que physique.
Confirmer son statut de tête d'affiche
Champion de France U23 en 2024, Isidore est attendu comme l'un des espoirs du cyclisme français. Sa régularité ne suffira pas à installer durablement son nom au plus haut niveau.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Noa Isidore a terminé 2e de la 2e étape du Tour de l'Ain le 29 juillet, derrière l'Espagnol Markel Beloki
- Le Français de 21 ans enchaîne les places d'honneur en 2026 sans victoire sur le sol national
- Il avait franchi la ligne en vainqueur sur la Route d'Occitanie en juin avant d'être déclassé pour coups de coude
- Isidore pointe à la 3e place du classement général provisoire du Tour de l'Ain avec 54 secondes de retard
La ligne d’arrivée à Lagnieu, mercredi 29 juillet. Noa Isidore lève les bras. Pas pour la victoire. Pour la 2e place. Derrière lui, Markel Beloki célèbre sa première victoire professionnelle. Devant lui, une saison entière de places d’honneur qui s’accumulent sans jamais basculer du bon côté.
Le coureur de Decathlon CMA CGM Team, 21 ans - ancien champion de France U23 en 2024 - pointe désormais à la 3e place du classement général provisoire du Tour de l’Ain avec 54 secondes de retard sur Beloki. Une position flatteuse qui masque mal la série en cours.
La litanie des accessits
Mars 2026 - Volta a Catalunya: 2e d’étape. Mai - Grand Prix du Morbihan: 2e derrière Benoît Cosnefroy. Même mois, Boucles de la Mayenne: encore 2e d’étape. Et un 3e au classement général de cette même épreuve. Isidore collectionne les places d’honneur comme d’autres collectionnent les victoires.
Mais c’est en juin - sur la Route d’Occitanie, que la série prend une tournure cruelle. Isidore franchit la ligne en premier lors de la 2e étape. Quelques minutes plus tard, les commissaires le déclassent pour des coups de coude jugés illicites dans le sprint final. La victoire file à Ronan Augé. Isidore avait franchi la ligne en premier. Sur la feuille de route, il n’a rien gagné du tout.
« Ça ne me choque pas »
Après le déclassement, il a parlé. Pas pour contester. « On voit tellement de choses dans le peloton que là, ça ne me choque pas ». Une phrase qui ne conteste rien, qui accepte tout. Il a ajouté: « Forcément, il y a beaucoup de déception mais j’essaie déjà de passer à autre chose. Que je sois énervé, triste ou n’importe quel autre sentiment, ça ne changera plus rien à ce stade. J’essaie de garder le sourire, je ne vais pas m’apitoyer sur mon sort ou ruminer la décision, c’est comme ça ».
Pas de colère publique. Pas de recours. Juste l’acceptation d’un coureur qui sait que le cyclisme ne rembourse pas les injustices. Le lendemain, il était au départ. Comme d’habitude.
Le syndrome du dauphin éternel
Cette spirale du « toujours 2e » n’est pas nouvelle dans le cyclisme français. On se souvient de coureurs longtemps enfermés dans une série de places d’honneur avant de débloquer leur compteur. Isidore, lui, accumule les 2e places sur des courses de second rang.
Isidore est régulier. Trop régulier, peut-être. Un puncheur capable de briller sur des terrains variés, mais qui ne franchit jamais le cap de la victoire sur le sol français. À l’étranger, sur la Volta a Catalunya, même scénario: 2e. Le profil est là, la forme est là, les jambes répondent. Ce qui manque, c’est le dernier pourcentage qui fait basculer une course du bon côté de la ligne.
Quelle place dans la hiérarchie?
Chez Decathlon CMA CGM Team, Isidore n’est pas leader. Pas encore. Son titre de champion de France U23 en 2024 a installé des attentes, mais l’équipe dispose d’autres têtes d’affiche pour les grands rendez-vous. Isidore navigue dans un statut intermédiaire: trop fort pour être simple équipier, pas assez décisif pour être le capitaine. Cette position floue peut expliquer en partie la difficulté à franchir le cap. Un leader assume la pression, un équipier l’évite. Entre les deux, il y a cette zone grise où l’on termine 2e.
La deuxième partie de saison devait servir de tremplin. Le Tour de l’Ain, les courses de fin d’été, autant d’occasions de transformer les promesses en résultats concrets. Pour l’instant, la dynamique reste la même: des jambes, de la régularité, mais pas de victoire. Les coureurs en récupération après le Tour savent que cette période est décisive. Pour Isidore, l’enjeu est ailleurs: sortir de cette spirale où chaque 2e place renforce la suivante.
Le Tour de l’Ain se poursuit. Isidore est 3e au général - à moins d’une minute du leader. Une position qui, sur le papier, ouvre des perspectives. Sur le terrain, l’histoire récente suggère qu’il sera encore là, au pied du podium ou juste en dessous de la victoire. Sauf si cette fois, quelque chose bascule.
Mercredi soir à Lagnieu, après la ligne, Isidore est remonté sur son vélo. Direction l’hôtel. Demain, il y aura une autre étape.
