Nohic : un retraité abat le drone de la mairie à coups de fusil

Un septuagénaire de 76 ans a confondu l'engin municipal avec un outil de repérage de cambrioleurs dans ce village de 296 habitants.

Nohic : un retraité abat le drone de la mairie à coups de fusil
Illustration Jérôme Barthas / info.fr

Le 7 avril 2026, à Nohic (Tarn-et-Garonne), un retraité a tiré au fusil de chasse sur un drone appartenant à la mairie. Il pensait se protéger d'un cambriolage. L'affaire révèle un malaise plus large autour des survols de drones en milieu rural.

Nohic, 296 habitants, village tranquille du Tarn-et-Garonne. Le 7 avril 2026, un retraité de 76 ans sort son fusil de chasse et descend un drone qui survole sa propriété. L’engin appartenait à la mairie. L’homme, convaincu qu’il s’agissait d’un outil de repérage utilisé par des cambrioleurs, a été placé en garde à vue à la gendarmerie de Grisolles dans la foulée. Aucune poursuite n’a été annoncée immédiatement, selon La Dépêche du Midi.

Un drone en mission administrative

Le drone avait été mandaté par la commune pour inspecter les toitures des habitations dans le cadre d’un contrôle municipal lié à la sécurité et à l’urbanisme, rapporte LINFO.re. Nohic utilise ce type d’engins depuis 2024 pour moderniser ses services administratifs. Le maire Julien Castagne a exprimé sa surprise : « Il a dû prendre peur… Tout s’est passé normalement jusqu’au survol du festsaal », a-t-il déclaré à La Dépêche du Midi. Le village cherche encore à comprendre la mécanique de la confusion.

Un malaise qui dépasse Nohic

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L’incident n’est pas isolé. En 2025, au moins 15 cas similaires - abattage ou tentative d’interception de drones civils - ont été recensés en Occitanie, souvent liés à des craintes de surveillance privée, selon Le Télégramme. À l’échelle nationale, les rapports de la gendarmerie nationale font état d’une hausse de 25 % des plaintes pour survols de drones non identifiés en zones rurales en 2025. La confusion entre usage municipal et espionnage privé alimente une défiance croissante.

Le septuagénaire a expliqué aux gendarmes avoir cru à un espionnage, selon Le Petit Bleu. Dans les campagnes, où les cambriolages sont une préoccupation réelle, l’apparition silencieuse d’un engin volant au-dessus d’une propriété peut déclencher une réaction de panique, surtout quand la communication municipale sur ces vols n’a pas atteint tous les habitants.

La préfecture du Tarn-et-Garonne a annoncé une enquête en cours. Une audience est prévue au tribunal de Montauban le 25 avril 2026 pour évaluer les charges retenues contre le retraité.

Prochaine étape

La mairie de Nohic a prévu une réunion publique le 22 avril 2026 pour informer les habitants sur l’utilisation des drones municipaux et tenter d’apaiser les tensions. L’audience au tribunal de Montauban suit trois jours plus tard.

Sources

Jérôme Barthas

Jérôme Barthas

Correspondant à Montauban, suit l'agriculture fruitière, les tensions sur l'eau, les débats sur la viticulture et les projets routiers. Formé à l'IJBA Bordeaux, il a grandi dans le Tarn-et-Garonne. Posture éditoriale : interroger les arboriculteurs, les syndicats agricoles, les élus, vérifier les données de consommation d'eau avant de conclure.

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