Nontron lance un référendum sur l’accueil de réfugiés
La commune du Périgord Vert soumet à ses habitants la question de l'accueil de réfugiés sur son territoire.
La ville de Nontron, en Dordogne, a lancé ce mardi 21 avril 2026 une consultation communale sur l'accueil de réfugiés. Ce vote test l'engagement solidaire d'un territoire qui a déjà une expérience en la matière.
C’est une démarche rare à cette échelle. La commune de Nontron, environ 3 500 habitants dans le Périgord Vert, a ouvert ce 21 avril 2026 un référendum local portant sur l’accueil de réfugiés sur son territoire. Les modalités précises du vote - durée, mode de participation, critères retenus - n’ont pas encore été détaillées par la mairie à ce stade.
Une commune avec de l’expérience
Nontron n’aborde pas ce sujet sans bagage. En octobre 2016, deux familles syriennes s’étaient installées dans la commune, selon France Bleu. En 2019, des bénévoles locaux avaient joué un rôle actif dans l’intégration des réfugiés réinstallés en zone rurale, dont une ancienne directrice d’école prénommée Brigitte, selon une étude de l’Institut convergences migrations (CNRS).
Ces précédents placent Nontron dans un réseau de communes périgourdines engagées de longue date. La Dordogne accueillait, à mi-mars 2025, 352 réfugiés ukrainiens dont 106 enfants, gérés par l’Apare (Association périgourdine d’action et de recherche sur l’exclusion), avec onze nouvelles arrivées depuis janvier, selon Sud Ouest.
Un contexte départemental et national structuré
La démarche s’inscrit dans un cadre institutionnel actif. Le Plan départemental d’action pour le logement et l’hébergement des personnes défavorisées (PDALHPD 2025-2030) identifie les réfugiés comme publics prioritaires pour l’accès au logement. L’ASD24 accompagne par ailleurs leur intégration sur le territoire périgourdin.
Au niveau national, l’État a fixé un objectif de 3 000 accueils de réfugiés réinstallés pour 2025, répartis hors Île-de-France et Corse, après avoir dépassé les 2 220 prévus en 2024, selon Le Média Social. Un appel à projets DILCRAH a également été lancé en Dordogne le 5 décembre 2025 pour soutenir l’accueil et l’intégration via des initiatives locales.
Le budget primitif 2026 du département, adopté le 1er avril à 711 millions d’euros, prévoit des mesures pour protéger les publics vulnérables, selon Sud Ouest.
Un précédent historique
La tradition d’accueil en Dordogne remonte loin. En décembre 2025, une conférence organisée à Périgueux rappelait qu’en 1833, la ville de Bergerac avait hébergé des réfugiés polonais, selon le site Périgueux City. Une continuité symbolique que ce référendum nontronais vient interroger à nouveau.
Le résultat du vote et les suites que la municipalité entend lui donner restent à préciser.
Sources
- France Bleu : Dordogne : deux familles de réfugiés vont s'installer à Nontron
- Sud Ouest : Guerre en Ukraine : trois ans après, combien la Dordogne accueille-t-elle de réfugiés ?
- Le Média Social : Réinstallation des réfugiés : 3 000 accueils prévus en 2025
- Préfecture de la Dordogne : Appel à projets DILCRAH 2026