Nord : le GGD59 intensifie les contrôles dans les trains et gares du département
La gendarmerie du Nord multiplie les patrouilles dans les trains et gares, dans le cadre d'une convention régionale 2025-2027 avec la Région Hauts-de-France.
Le Groupement de gendarmerie départementale du Nord (GGD59) a annoncé le 1er juin 2026 une mobilisation renforcée dans les transports du département. Militaires en patrouille, contrôles et prévention trains, gares ferroviaires et gares routières sont ciblés.
L’essentiel
- Annonce du 1er juin 2026 : le GGD59 communique officiellement sur la multiplication des opérations de contrôle et de prévention dans les transports du Nord.
- Convention 2025-2027 : la Région Hauts-de-France finance 935 jours-réservistes par an pour les patrouilles ferroviaires, pour un coût de 300 268 € annuels.
- Précédent local documenté : opération anti-délinquance menée les 6-7 décembre 2025 sur l’axe Valenciennes-Bouchain, ciblant notamment le trafic de stupéfiants.
- Contexte : 195 190 délits enregistrés en 2025 dans le Nord et le Pas-de-Calais, soit +4,5 % par rapport à 2024.
L’annonce du 1er juin
Le GGD59 a publié lundi 1er juin 2026 un message sur le réseau social X, accompagné de trois photos montrant ses militaires en opération dans les transports. Le groupement, commandé par le général de brigade Pierre-Henri Crémieux depuis août 2025, indique que ses effectifs « multiplient les opérations de contrôle et de prévention dans les trains, les gares ferroviaires et les gares routières » sur l’ensemble du département du Nord.
Le message ne précise pas le nombre de militaires déployés ni les axes prioritairement visés. La communication officielle souligne le caractère continu et « pleinement mobilisé » du dispositif.
Un cadre régional structuré depuis 2018
Cette mobilisation s’inscrit dans un partenariat formalisé entre la Région Hauts-de-France, la gendarmerie nationale et la SNCF. Expérimenté dès 2018, ce dispositif a été reconduit pour la période 2025-2027, selon le site de la Région Hauts-de-France et la délibération de la Commission permanente du 20 mars 2025.
La convention prévoit 935 jours-réservistes par an, dont 575 consacrés aux patrouilles de sécurisation. Chaque patrouille réunit 3 ou 4 militaires pour des missions de 8 heures. Le coût annuel est estimé à 300 268,30 €, pris en charge directement par la Région. Le GGD59 est l’un des cinq groupements départementaux concernés, avec les GGD02, GGD60, GGD80 et GGD62.
Le réseau à sécuriser est dense : 2 862 km de voie classique, 363 gares et environ 2 050 trains par jour sur 40 lignes TER en Hauts-de-France, selon la délibération régionale. Le dispositif gendarmerie complète la Sûreté Ferroviaire SNCF et la police nationale ferroviaire, sans s’y substituer.
L’opération Valenciennes-Bouchain en décembre 2025
Un exemple récent illustre concrètement ces opérations. Les 6 et 7 décembre 2025, une action anti-délinquance a été conduite sur l’axe Valenciennes-Bouchain. Y participaient le Peloton de Surveillance et d’Intervention de la Gendarmerie (PSIG) de Valenciennes, la Brigade Territoriale Autonome (BTA) de Bouchain, une équipe cynophile des Douanes et la sûreté ferroviaire, selon Hainaut TV et la page Facebook de la Gendarmerie du Nord. Objectif principal : lutter contre le trafic de stupéfiants dans les trains et en gare. Des contrôles similaires avaient également eu lieu dans des collèges du Nord au printemps 2026.
Des opérations conjointes ont aussi été documentées en gare de Valenciennes, impliquant police nationale, douane et sûreté ferroviaire, selon la page Facebook de la Police nationale du Nord.
Contexte dans le Nord
Le département du Nord est le plus peuplé de France métropolitaine, avec près de 2,6 millions d’habitants. Il concentre un réseau ferroviaire dense, notamment autour des pôles de Lille, Valenciennes et Dunkerque, avec un trafic TER parmi les plus importants de la région.
La délinquance y a progressé en 2025 : les services statistiques du ministère de l’Intérieur (SSMSI) recensent 195 190 délits dans le Nord et le Pas-de-Calais, soit une hausse de 4,5 % par rapport à 2024, selon France 3 Régions. Ce chiffre agrégé couvre les deux départements sans ventilation publique disponible entre eux.
Dans ce contexte, la présence sécuritaire renforcée dans les transports en commun s’explique aussi par des flux de voyageurs élevés, notamment sur les liaisons transfrontalières et périurbaines. La gendarmerie intervient principalement sur les zones hors agglomération, là où la police nationale n’est pas compétente, ce qui inclut de nombreuses gares rurales et périurbaines du département.
Un dispositif qui s’intensifie à l’approche de l’été
La convention 2025-2027 intègre également les évolutions du réseau, dont l’arrivée d’un nouvel opérateur pour le « lot Étoile d’Amiens », selon la délibération régionale. Les coûts sont désormais assumés directement par la collectivité régionale, sans participation de la SNCF.
Le général Crémieux, interrogé par La Voix du Nord en septembre 2025 sur ses priorités à la tête du GGD59, avait identifié la sécurité dans les transports comme un axe de travail. Le détail des prochaines opérations programmées n’a pas été communiqué publiquement à ce stade.
Les patrouilles dans les gares et trains du Nord devraient se poursuivre tout au long de l’été, période de pic de fréquentation sur le réseau TER régional.
Sources
- Gendarmerie du Nord (@Gendarmerie_059) : Annonce GGD59 – Sécurisation des transports
- Région Hauts-de-France : Sécurisation du réseau ferroviaire : la Région Hauts-de-France renouvelle son engagement
- Région Hauts-de-France : Délibération Commission permanente 2025.00159 – Convention gendarmerie ferroviaire 2025-2027
- France 3 Régions : Délinquance en hausse dans le Nord et le Pas-de-Calais : les chiffres ville par ville