Nourrisson décédé à Amiens : enquête ouverte pour meurtre, le père avoue des violences

Un bébé de deux mois mort au CHU d'Amiens après des violences présumées. Le père reconnaît les faits en garde à vue. L'enquête requalifiée en meurtre sur mineur de moins de 15 ans.

Nourrisson décédé à Amiens : enquête ouverte pour meurtre, le père avoue des violences
Illustration Florian Vasseur / info.fr

Le vendredi 26 juin 2026, un nourrisson de deux mois est décédé au CHU d'Amiens. Transporté la veille en arrêt cardiorespiratoire de son domicile à Creil, le bébé présentait de nombreuses ecchymoses. Le parquet de Senlis a ouvert une enquête pour meurtre sur mineur. Le père a avoué des violences physiques en garde à vue.

L’essentiel

  • Fait 1 : Un nourrisson de deux mois est décédé le 26 juin 2026 au CHU d’Amiens, après avoir été pris en charge en arrêt cardiorespiratoire la veille à Creil (Oise).
  • Fait 2 : Le parquet de Senlis a requalifié l’enquête en meurtre sur mineur de moins de 15 ans, en raison de nombreuses ecchymoses suspectes sur le corps de l’enfant.
  • Fait 3 : Le père de 25 ans, déjà connu pour vols aggravés, a reconnu avoir exercé des violences physiques sur le bébé. La mère de 20 ans nie toute implication.
  • Fait 4 : L’enquête a été confiée à la police judiciaire de Creil. Une autopsie est programmée au CHU d’Amiens.

Les faits : une intervention des secours à Creil

Jeudi 25 juin 2026, les secours sont appelés au domicile de la famille, à Creil, dans l’Oise. Le bébé âgé de deux mois ne respire plus. Les pompiers et le SMUR pratiquent un massage cardiaque et parviennent à réanimer le nourrisson, qui est transporté en urgence au CHU d’Amiens. L’enfant est admis en réanimation pédiatrique. Mais son état ne s’améliore pas. Il décède le lendemain, vendredi 26 juin, à l’hôpital.

À l’arrivée aux urgences, les médecins constatent des ecchymoses sur le visage et le corps du bébé. Des marques qui interrogent immédiatement les équipes médicales. Conformément à la procédure, un signalement est effectué au parquet de Senlis, compétent pour les faits survenus dans l’Oise. Le procureur de la République, Loïc Abrial, est informé dans la foulée.

L’enquête judiciaire : une requalification en meurtre

Face aux lésions observées, le parquet décide d’ouvrir une enquête pour meurtre sur mineur de moins de 15 ans. Les investigations sont confiées à la police judiciaire de Creil. L’autopsie, qui doit avoir lieu au CHU d’Amiens, devra préciser les causes du décès et confirmer l’origine traumatique des ecchymoses.

Le procureur Loïc Abrial a indiqué que la qualification de meurtre a été retenue en raison du caractère « suspect et multiple » des marques sur le corps de l’enfant. La législation prévoit des peines lourdes pour ce type d’infraction, pouvant aller jusqu’à la réclusion criminelle à perpétuité.

Ce drame rappelle d’autres affaires récentes de violences sur mineurs, comme celle d’un adolescent de 15 ans mort noyé au bassin de Janon à Saint-Étienne.

Les aveux du père

Placé en garde à vue, le père de l’enfant, un homme de 25 ans, a reconnu avoir exercé des violences physiques sur le nourrisson. Selon les informations communiquées par le parquet, il n’a pas fourni de détails circonstanciés sur les gestes qui ont entraîné la mort. L’homme était déjà connu de la justice pour des faits de vols aggravés, mais ne figurait pas dans les fichiers pour violences sur mineurs.

La mère de l’enfant, âgée de 20 ans, a été entendue comme témoin. Elle conteste toute implication et affirme n’avoir pas remarqué de marques suspectes avant l’intervention des secours. Les enquêteurs cherchent à déterminer si elle pouvait ou non se douter des violences.

Les deux parents avaient la garde de l’enfant. Aucune information n’a filtré sur les conditions de vie au domicile. L’enquête devra établir le contexte familial et les éventuels antécédents de maltraitance.

Contexte dans la Somme

Si le domicile familial se trouve dans l’Oise, le drame s’est joué dans la Somme, au CHU d’Amiens, l’un des établissements hospitaliers de référence des Hauts-de-France. Chaque année, le service de réanimation pédiatrique du CHU prend en charge plusieurs nourrissons victimes de maltraitances. Les équipes sont formées à repérer les signes de violences et à alerter la justice.

Cette affaire intervient dans un contexte régional où les signalements pour violences intrafamiliales restent nombreux, comme en témoigne l’incendie à Villeneuve-d’Allier, dans la Haute-Loire, qui a nécessité deux jours de lutte et mobilisé les pompiers.

Le département de la Somme n’est pas directement concerné par les poursuites, mais l’hôpital d’Amiens joue un rôle central dans la prise en charge des victimes de violences venues de plusieurs départements voisins. Le procureur de Senlis suit le dossier en lien avec les services de la Somme pour la partie médicale.

Prochaine étape : l’autopsie

L’autopsie, dont la date n’a pas encore été communiquée, doit permettre de déterminer avec précision les causes du décès. Elle est cruciale pour confirmer ou infirmer le lien avec les violences avouées. Les résultats pourraient conduire à une mise en examen formelle du père pour meurtre sur mineur. La mère pourrait être mise en cause si elle est soupçonnée de n’avoir pas protégé l’enfant.

L’affaire, particulièrement sensible, suit son cours judiciaire dans le silence imposé par l’instruction. Aucune date d’audience n’est encore connue.

Florian
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Sources

Florian Vasseur

Florian Vasseur

Florian est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Somme (80), avec Amiens pour chef-lieu. Spécialité du département : baie de Somme et memoire mondiale 1914-1918. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Hauts-de-France.

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