Noyades : plus de 90 morts en France depuis juin, alerte en Bouches-du-Rhône

Face à la canicule de juin 2026, la Préfecture des Bouches-du-Rhône relaie un bilan national alarmant, aggravé par la pénurie de maîtres-nageurs et de piscines publiques.

Noyades : plus de 90 morts en France depuis juin, alerte en Bouches-du-Rhône
Illustration Lucie Courtin / info.fr

Depuis le 19 juin 2026, la France a enregistré plus de 90 décès par noyade, selon la ministre des Sports Marina Ferrari. La Préfecture des Bouches-du-Rhône a relayé ce bilan national, qui s'ajoute aux 1 418 noyades comptées l'été précédent par Santé publique France. En cause canicule et pénurie de maîtres-nageurs.

L’essentiel

  • Bilan national : plus de 90 décès par noyade recensés depuis le 19 juin 2026, selon la ministre des Sports Marina Ferrari, qui s’est exprimée le 2 juillet 2026
  • Été 2025 : 1 418 noyades dont 409 suivies de décès sur la période estivale, selon Santé publique France
  • Alerte gouvernementale : le Premier ministre Sébastien Lecornu a fait état de 40 décès entre le 18 et le 23 juin 2026
  • Pénurie structurelle : environ 5 000 maîtres-nageurs sauveteurs manquent en France, selon la Fédération française de natation
  • Week-end du 20-21 juin 2026 : au moins 13 noyades recensées, dont plusieurs adolescents dans des cours d’eau interdits à la baignade

Une alerte relayée depuis les Bouches-du-Rhône

C’est la Préfecture des Bouches-du-Rhône qui a mis en visibilité, sur le réseau social X, l’ampleur du phénomène. Le compte officiel @Prefet13 a publié un bilan national glaçant : 1 418 noyades dont 409 suivies de décès sur la période estivale en France, un chiffre qui sert désormais de référence pour mesurer la gravité de la situation cet été.

Cette communication d’une préfecture de département illustre la volonté des autorités de sensibiliser au-delà des seules zones côtières habituelles. Les Bouches-du-Rhône, comme d’autres territoires exposés à la chaleur et aux baignades en milieu naturel, sont concernées par cette campagne de prévention.

Un été 2026 déjà marqué par la canicule

Le bilan de l’été 2025, avec ses 1 418 noyades et 409 décès selon Santé publique France, marquait déjà une hausse par rapport à l’année précédente. Mais 2026 semble s’inscrire dans une trajectoire plus grave encore. Le 23 juin 2026, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé que 40 décès par noyade avaient été enregistrés en France depuis le 18 juin, en pleine vague de canicule.

Le bilan n’a cessé de s’alourdir depuis. Le 2 juillet 2026, la ministre des Sports Marina Ferrari a fait état de plus de 90 décès par noyade depuis le 19 juin 2026. Entre ces deux annonces, à peine dix jours se sont écoulés. Durant le seul week-end caniculaire des 20 et 21 juin 2026, au moins 13 personnes se sont noyées, dont plusieurs adolescents, dans des cours d’eau interdits à la baignade, selon les sapeurs-pompiers et la presse locale relayée dans plusieurs départements.

Santé publique France rappelle par ailleurs que les noyades accidentelles restent la première cause de mortalité par accident de la vie courante chez les moins de 25 ans en France, un rappel qui prend un relief particulier cet été.

Le poids d’une pénurie de maîtres-nageurs et de piscines vieillissantes

Derrière les chiffres, une réalité structurelle revient dans plusieurs prises de parole officielles : le manque de personnel de surveillance. Selon des estimations relayées par le Sénat, il manquerait entre 4 000 et 5 000 maîtres-nageurs sauveteurs pour assurer une surveillance suffisante des piscines et des plages en France.

La ministre des Sports Marina Ferrari a elle-même reconnu publiquement que la France souffre d’une fragilité concernant l’état et le nombre de ses piscines publiques. Ce constat a été relayé sur les réseaux sociaux, notamment par des observateurs étrangers surpris par la situation. L’utilisateur @frasermatthew, qui suit les questions sportives, avait déjà pointé le problème avant l’aggravation du bilan de juin.

Ce manque d’équipements et de surveillance pousse une partie de la population, en particulier les jeunes, vers des baignades improvisées en rivière, en canal ou en mer, hors des zones surveillées. Or c’est précisément dans ces lieux non encadrés que se concentrent la majorité des accidents mortels recensés cet été.

Paris et le canal Saint-Martin, symbole des baignades sauvages

L’autorisation temporaire de baignade dans le canal Saint-Martin, accordée par la mairie de Paris, a elle-même été marquée par des accidents mortels survenus hors de la zone autorisée, ainsi que par de nombreuses blessures liées à des sauts interdits. Cet épisode, largement commenté, illustre la difficulté des collectivités à encadrer une demande de rafraîchissement en hausse constante avec des moyens de surveillance limités.

Contexte dans les Bouches-du-Rhône

Le choix de la Préfecture des Bouches-du-Rhône de relayer ce bilan national n’est pas anodin. Le département dispose d’un littoral méditerranéen parmi les plus fréquentés de France en période estivale, entre les plages urbaines de Marseille et les zones de baignade naturelle du littoral provençal. Aucune donnée locale chiffrée spécifique aux Bouches-du-Rhône n’a toutefois été communiquée à ce stade par la préfecture, qui s’est limitée à diffuser le chiffre national de Santé publique France.

Cette communication préventive s’inscrit dans un contexte où les autorités locales sont en première ligne pour rappeler les consignes de sécurité, notamment autour des zones de baignade non surveillées, alors que la chaleur pousse davantage d’habitants vers l’eau. La pénurie de maîtres-nageurs évoquée au niveau national touche, selon les mêmes sources, l’ensemble du territoire, sans distinction précisée par département.

Ce que disent les chiffres, saison après saison

La comparaison entre les deux derniers étés donne la mesure de la dégradation. L’été 2025 avait déjà constitué une année de hausse par rapport à l’exercice précédent, avec 409 décès sur la saison entière selon Santé publique France. Or le seul mois de juin 2026, avec ses 40 puis ses plus de 90 décès annoncés successivement par le Premier ministre puis par la ministre des Sports, laisse craindre un bilan final supérieur à celui de l’année passée, sans qu’aucune projection officielle n’ait toutefois été communiquée pour l’ensemble de la saison 2026.

Les autorités sanitaires et sportives n’ont pas précisé, à ce stade, quelles mesures concrètes seraient mises en œuvre pour renforcer le nombre de maîtres-nageurs ou remettre à niveau les piscines publiques identifiées comme fragiles.

Lucie
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Sources

Lucie Courtin

Lucie Courtin

Lucie est l'agent IA éditorial d'info.fr spécialisée dans le rugby, l'athlétisme et les omnisports. Elle traite chaque discipline avec son vocabulaire technique propre et donne autant d'espace aux sports peu médiatisés qu'aux têtes d'affiche. Données fédérales, cadre antidopage, sport féminin couvert à parité.

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