Oise : la « veuve noire » nie avoir commandité le meurtre de son ex-mari à l’audience
Jugée depuis le 29 mai à Beauvais, Delphine Pinto a déclaré le 11 juin n'avoir « jamais payé quelqu'un pour commettre ce crime ». Verdict attendu le 12 juin.
Devant la cour d'assises spéciale de Beauvais, Delphine Pinto, 48 ans, a nié mercredi 11 juin avoir commandité l'assassinat de son ex-compagnon, tué d'une balle dans la nuque en 2021 à Breuil-le-Vert. Les cinq accusés plaident tous non coupable. Le verdict est attendu jeudi.
L’essentiel
- Déclaration clé : Delphine Pinto, 48 ans, a affirmé le 11 juin 2026 : « Je n’ai jamais payé quelqu’un pour commettre ce crime ».
- La victime : Jean-Christophe Piel, kinésithérapeute de 41 ans à Liancourt, abattu d’une balle dans la nuque le 24 août 2021 devant son domicile de Breuil-le-Vert (Oise).
- Cinq accusés : Delphine Pinto, son amant présumé Byllel Hamrouni, deux amis dont un suspecté d’être le tireur, et son fils Laurent Junior - tous plaident non coupable.
- Procès : cour d’assises spéciale (sans jurés populaires), Beauvais, du 29 mai au 12 juin 2026. Verdict attendu le 12 juin.
- Antécédents : Delphine Pinto avait déjà été condamnée à deux ans d’emprisonnement (dont 18 mois avec sursis) pour escroquerie et usurpation d’identité en 2011 et 2012, selon Le Parisien et 20 Minutes.
L’interrogatoire du 11 juin : une négation ferme
Mercredi 11 juin 2026, avant-dernier jour d’audience, Delphine Pinto a pris la parole devant la cour d’assises spéciale de Beauvais. Face aux magistrats professionnels - cette juridiction siège sans jurés populaires - , elle a réfuté toute implication dans la mort de Jean-Christophe Piel. « Je n’ai jamais payé quelqu’un pour commettre ce crime », a-t-elle déclaré, selon Le Parisien.
La prévenue réaffirme ainsi une ligne de défense maintenue depuis le début du procès, ouvert le 29 mai. Ses quatre co-accusés tiennent le même cap : aucun ne reconnaît les faits qui lui sont reprochés.
Les faits : un kiné abattu devant chez lui en 2021
Jean-Christophe Piel exerçait la kinésithérapie à Liancourt, commune de l’Oise d’environ 6 785 habitants selon l’INSEE. Le 24 août 2021, il est tué d’une balle dans la nuque devant son domicile de Breuil-le-Vert, à quelques kilomètres de là. Il avait 41 ans. Le couple était alors en instance de divorce.
L’accusation soutient que Delphine Pinto aurait orchestré le meurtre avec son amant présumé, Byllel Hamrouni, désigné comme intermédiaire. Yassine Zekri, l’un des deux autres amis impliqués, est suspecté d’avoir été le tireur ou le fournisseur d’arme, selon le Courrier Picard et France 3. Le fils de la prévenue, Laurent Junior, est également sur le banc des accusés.
Le mobile évoqué par le parquet inclut des accusations de violences sexuelles et d’inceste que Delphine Pinto aurait portées contre Jean-Christophe Piel. La victime avait bénéficié d’une ordonnance de non-lieu sur certaines de ces accusations, selon France 3 et Le Parisien.
Des témoignages familiaux qui ont pesé
Tout au long des deux semaines d’audience, la cour a entendu des proches et d’anciens compagnons de l’accusée. Plusieurs ont évoqué une emprise présumée et des comportements de manipulation.
Les témoignages des enfants ont retenu l’attention. Oise Hebdo a rapporté que Laurent Junior avait « remis en cause l’innocence » de sa mère lors de son audition. Sa sœur Camille a déclaré avoir « eu peur de mourir jusqu’à [son] témoignage ».
Une autre fille de Delphine Pinto, Mathilda, a pour sa part exprimé « des doutes sur la culpabilité de [sa] mère », selon Oise Hebdo.
Une enquête bâtie sur des écoutes et des géolocalisations
L’instruction avait abouti à des mises en examen en février 2022, après plusieurs mois d’écoutes téléphoniques et de géolocalisations, selon le Courrier Picard et Oise Hebdo. Le parquet de Senlis avait requis le renvoi aux assises, confirmé en 2025. C’est la cour d’assises spéciale de l’Oise, à Beauvais, qui est compétente - une formation réservée aux affaires d’une particulière complexité, sans jurés tirés au sort.
Pour comparer : à Orléans, un autre procès pénal sensible s’est tenu au même moment devant les assises, avec des réquisitions allant jusqu’à vingt ans d’emprisonnement dans une affaire de réseau pédocriminel.
Contexte dans l’Oise
L’affaire a eu un fort retentissement dans le département du 60 dès l’été 2021. Liancourt et Breuil-le-Vert sont deux communes du Picard, entre Creil et Compiègne, dans un territoire rural marqué par un tissu de petites villes et de professions libérales de santé. Le meurtre d’un kinésithérapeute en exercice, devant son domicile, avait frappé les esprits locaux.
Le surnom de « veuve noire de l’Oise » est apparu dans la presse régionale au moment des mises en examen, en référence aux antécédents judiciaires de la prévenue : en 2011 et 2012, Delphine Pinto avait été condamnée pour escroquerie et usurpation d’identité. Elle s’était fait passer pour une avocate afin de collecter des fonds pour une opération inexistante de l’un de ses enfants, selon 20 Minutes et Le Parisien. Une condamnation à deux ans d’emprisonnement, dont dix-huit mois avec sursis, avait été prononcée.
L’affaire a par ailleurs mis en lumière les procédures judiciaires longues : cinq ans se sont écoulés entre le meurtre (août 2021) et l’ouverture du procès aux assises (mai 2026). Des délais similaires s’observent dans d’autres affaires criminelles complexes instruites en France. À titre de comparaison locale, une autre procédure judiciaire notable dans l’Oise concerne Compiègne, où Anticor a déposé plainte contre un élu municipal.
Prochaine étape : le verdict jeudi 12 juin
Les plaidoiries de la défense et les réquisitions définitives du ministère public devaient se tenir en fin de journée du 11 juin ou dans la matinée du 12. Le verdict de la cour d’assises spéciale est attendu jeudi 12 juin 2026. Si Delphine Pinto est reconnue coupable de complicité d’assassinat, elle encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
Sources
- Le Parisien : « Je n'ai jamais payé quelqu'un pour commettre ce crime » : la « veuve noire de l'Oise » nie avoir fait tuer son ex-mari
- France 3 Régions : Cinq ans après la mort du kiné de Liancourt, son ancienne compagne et quatre complices devant la justice
- Courrier Picard : Meurtre du kiné de Liancourt : Delphine Pinto plaidera non coupable devant les assises
- Oise Hebdo : Affaire Piel : à son tour, Laurent Junior « remet en cause l'innocence » de sa mère Delphine Pinto
