Oisy-le-Verger : 2 000 manifestants anti-canal, 9 interpellations samedi
La mobilisation contre le Canal Seine-Nord a rassemblé 2 000 personnes selon la préfecture. Des tensions ont provoqué un incendie de 4,4 hectares.
Le samedi 11 juillet, environ 2 000 opposants au projet de Canal Seine-Nord Europe se sont rassemblés à Oisy-le-Verger. Encadrée par 900 gendarmes, la manifestation s'est soldée par 9 interpellations et un incendie de champ.
L’essentiel
- Mobilisation : 2 000 manifestants selon la préfecture, entre 3 000 et 4 000 selon les organisateurs
- Forces de l’ordre : 900 gendarmes déployés pour encadrer le rassemblement
- Bilan : 9 interpellations, 4,4 hectares de chaumes brûlés, aucun blessé
- Date : samedi 11 juillet 2026 à Oisy-le-Verger
Ce qui s’est passé samedi
La manifestation contre le Canal Seine-Nord Europe, organisée samedi 11 juillet au départ d’Oisy-le-Verger, a réuni environ 2 000 participants selon la préfecture du Nord. Les organisateurs avancent un chiffre compris entre 3 000 et 4 000 personnes.
Initialement interdite par les autorités, la manifestation a finalement été autorisée après négociation sur le tracé. Toutefois, une partie du cortège a dévié de l’itinéraire officiel en fin de journée.
Des tensions ont éclaté entre manifestants et forces de l’ordre. Des tirs de mortiers d’artifice et des jets de projectiles ont visé les gendarmes mobiles, qui ont répliqué avec du gaz lacrymogène et des canons à eau, selon BFM Grand Lille.
Neuf interpellations et un incendie
Le bilan officiel de la préfecture fait état de 9 interpellations réalisées à la suite des affrontements. Les personnes interpellées sont poursuivies pour non-respect des arrêtés préfectoraux.
Les tirs de mortiers ont déclenché un incendie qui a ravagé 4,4 hectares de champs de chaumes avant d’être maîtrisé par les sapeurs-pompiers. L’incident rappelle d’autres feux agricoles récents survenus durant la période estivale.
Aucun blessé n’est à déplorer parmi les manifestants, les forces de l’ordre ou les services de secours, selon la préfecture du Pas-de-Calais.
Un dispositif de sécurité renforcé
Près de 900 membres des forces de l’ordre avaient été mobilisés pour encadrer le rassemblement. Les préfets du Nord, Bertrand Gaume, et du Pas-de-Calais, François-Xavier Lauch, avaient pris des arrêtés conjoints pour interdire le survol de drones et le port d’armes sur la zone.
Le dispositif visait à prévenir les débordements, dans un contexte de mobilisation durable contre le projet d’infrastructure fluviale.
Un village militant à Villers-au-Tertre
En marge de la manifestation, un village militant d’opposants a été installé à Villers-au-Tertre dans le Nord du 9 au 12 juillet. Le collectif Les Soulèvements de la Terre a coordonné cette occupation temporaire.
La mobilisation s’inscrit dans une opposition de longue date au Canal Seine-Nord Europe, projet d’infrastructure fluviale censé relier le bassin de la Seine au réseau fluvial du nord de l’Europe.
Contexte dans le Nord
Oisy-le-Verger, commune de moins de 500 habitants située dans l’arrondissement de Cambrai, se trouve au cœur de la zone concernée par le tracé du Canal Seine-Nord Europe. Le projet, porté par l’État et la Société du Canal Seine-Nord Europe, prévoit la construction d’un canal à grand gabarit de 107 kilomètres entre Compiègne et Aubencheul-au-Bac.
Le Nord compte plusieurs zones d’opposition au projet, notamment dans le Cambrésis et l’Arrageois. Les mobilisations se sont multipliées depuis le lancement officiel des travaux préparatoires en 2023.
Les prochaines étapes du chantier sont surveillées de près par les opposants, qui annoncent de nouvelles actions dans les mois à venir.