OM : le mercato d’été 2026 sous tension, les ventes patinent
Entre déficit record de 105 M€, encadrement DNCG et difficultés à vendre Greenwood et Højbjerg, l'Olympique de Marseille aborde une intersaison cruciale.
L'OM traverse une crise financière inédite. La DNCG a encadré sa masse salariale, l'UEFA l'a sanctionné d'une amende de 10 M€, et le nouveau président Stéphane Richard doit trouver entre 50 et 60 M€ de plus-values sur les ventes. Le compte à rebours est lancé.
L’essentiel
- Déficit record : l’OM affiche 105 millions d’euros de pertes pour l’exercice clos en juin 2025, selon L’Équipe.
- Sanctions en cascade : la DNCG a prononcé un encadrement de la masse salariale et des indemnités de mutation le 26 juin ; l’UEFA a infligé une amende de 10 M€ le 17 juin.
- Injection de McCourt : le propriétaire a apporté 30 M€ pour éviter des mesures plus lourdes, mais exige une baisse de 40 % de la masse salariale et 50 à 60 M€ de ventes.
- Ventes au point mort : les transferts de Mason Greenwood et Pierre-Emile Højbjerg patinent faute d’offres suffisantes, selon Le Phocéen.
- Nouvelle direction : Stéphane Richard prendra ses fonctions de président le 2 juillet 2026, avec Grégory Lorenzi comme directeur sportif.
Ce qui s’est passé : un mur financier devant l’OM
L’Olympique de Marseille n’a pas encore refermé son exercice 2024-2025 que les mauvaises nouvelles s’accumulent. Le 26 juin, la DNCG, le gendarme financier du football français, a prononcé un encadrement strict de la masse salariale et des indemnités de mutation pour la saison 2026-2027. Cette décision fait suite à la présentation des comptes clos en juin 2025, qui affichent un déficit record de 105 millions d’euros, un chiffre confirmé par L’Équipe.
Neuf jours plus tôt, le 17 juin, l’UEFA avait déjà frappé le club marseillais d’une amende de 10 millions d’euros pour non-respect du fair-play financier. Une double peine qui place l’OM dans une situation intenable alors que le mercato d’été ouvre à peine.
Pour éviter des sanctions plus lourdes de la DNCG, le propriétaire Frank McCourt a injecté 30 millions d’euros en fonds propres. Mais cette bouffée d’oxygène a un prix : la direction olympienne doit désormais réduire la masse salariale de 40 % et dégager entre 50 et 60 millions d’euros de plus-values sur les ventes de joueurs, selon Football Club de Marseille.
Les difficultés à vendre : Greenwood et Højbjerg en tête de liste
C’est là que le bât blesse. Le nouveau binôme président-directeur sportif, Stéphane Richard et Grégory Lorenzi - ce dernier prendra ses fonctions effectives le 2 juillet - doit composer avec un marché atone et des exigences financières élevées. Les deux actifs les plus vendables, Mason Greenwood et Pierre-Emile Højbjerg, n’attirent pas d’offres à la hauteur des attentes marseillaises.
Selon Le Phocéen, les prétendants potentiels proposent des montants jugés insuffisants par le club, ce qui gèle toute possibilité de les céder rapidement. Greenwood, meilleur buteur de l’OM la saison passée avec 16 buts en Ligue 1, était espéré entre 30 et 40 M€ ; Højbjerg, pièce maîtresse du milieu, autour de 15-20 M€. Pour l’instant, rien ne se concrétise.
Le club a réagi sur X à la situation :
À cela s’ajoute le retour de dix joueurs prêtés, qui gonflent mécaniquement l’effectif et la masse salariale. Pour préserver sa trésorerie, la direction a gelé plusieurs budgets internes et suspendu le recrutement de l’académie, rapporte La Provence.
Contexte dans les Bouches-du-Rhône
L’Olympique de Marseille n’est pas un club comme les autres dans la région. Avec plus de 60 000 spectateurs de moyenne au stade Vélodrome et un poids économique estimé à plusieurs centaines de millions d’euros, il est un acteur majeur du tissu local. Son rayonnement dépasse largement le sport : il attire des investisseurs, génère des emplois directs et indirects, et fédère une communauté de supporters parmi les plus passionnées de France.
La crise actuelle inquiète donc bien au-delà des murs du centre d’entraînement de La Commanderie. Les élus locaux, les commerçants du Vieux-Port et les socios suivent de près l’évolution du dossier. Une descente aux enfers sportifs aurait des répercussions économiques notables dans tout le département, où le football est une fierté identitaire.
Le président sortant Pablo Longoria avait déjà dû gérer des tensions budgétaires ; l’arrivée de Stéphane Richard, ancien dirigeant d’Orange, est perçue comme un gage de rigueur, mais le temps presse. Les supporters, déjà échaudés par les déconvenues des dernières saisons, attendent des actes concrets avant la reprise du championnat.
Prochaine étape : le 2 juillet et la vague de fond
La première échéance est fixée au 2 juillet, date de la prise de fonction officielle de Stéphane Richard. Il devra rapidement valider la feuille de route du mercato avec Grégory Lorenzi. Ensuite, tout dépendra des offres reçues pour les indésirables. Si aucune vente significative n’intervient d’ici la mi-juillet, l’OM risque de devoir se séparer à bas prix de ses éléments les plus cotés, voire de transférer des jeunes prometteurs comme Bilal Nadir ou Quentin Merlin.
La pression est maximale sur la nouvelle direction. Les prochains jours diront si l’OM parvient à éviter une crise plus profonde, alors que le championnat de Ligue 1 reprendra dans un peu plus d’un mois.