OM : le plafond salarial qui divise le vestiaire
Le club phocéen plafonne à 100 000 € brut par mois pour les nouveaux arrivants, loin des 650 000 € d'Aubameyang
A la Commanderie, l'OM impose desormais un plafond salarial strict a ses nouvelles recrues, tandis que les anciens du vestiaire continuent de toucher des salaires bien plus eleves.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Une masse salariale divisée par deux
La direction l'a acté : la masse salariale doit passer de plus de 100 millions d'euros annuels à 50 millions . Le directeur sportif Grégory Lore…
500 000 €Salaire mensuel brut de Højbjerg, cinq fois plus que le plafond imposé aux nouvelles recrues (100 000 €)nnLe pari du maillot : mission impossible sur le marché
Avec 100 000 euros brut mensuels - comment l'OM peut-il rivaliser avec les clubs européens ? La réponse est brutale : il ne peut pas. Un milieu d…
Ce que personne ne dit : une politique validée par l'entraîneur le mieux payé
Roberto De Zerbi valide cette austérité. Son propre salaire reste « conséquent », selon le dossier interne, mais il a accepté le principe : privi…
Un vestiaire coupé en deux
Le salaire moyen brut de l'effectif 2025-26 est de 300 000 euros . Ce chiffre masque l'écart : les anciens touchent quatre à cinq fois plus que l…
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- L'OM plafonne les salaires des nouvelles recrues à 100 000 € brut mensuels, jusqu'à 150 000 € pour des profils exceptionnels.
- Pierre-Emile Højbjerg touche 500 000 € par mois, illustrant l'écart entre anciens et nouveaux contrats.
- Objectif réduire la masse salariale de plus de 100 millions d'euros annuels à 50 millions.
- Les départs d'Aubameyang, Greenwood et Traoré ont déjà économisé environ 15 millions d'euros par an.
- La non-qualification en Ligue des champions a été le déclencheur de cette cure d'austérité financière.
Dans les bureaux du centre d’entraînement de la Commanderie, la grille salariale tient sur un Post-it. Plafond pour une recrue standard: 100 000 euros brut mensuels. Pour un profil exceptionnel, 150 000 maximum. Pas un euro de plus. Mehdi Benatia - conseiller sportif, doit convaincre les joueurs d’accepter. Il mise sur le maillot, l’histoire, le stade. Pas sur le chèque.
Pierre-Emile Højbjerg, lui, émarge à 500 000 euros brut par mois. Himad Abdelli, recruté cet été, gagne 17 500 euros par semaine - soit environ 70 000 par mois. L’écart raconte une rupture. Avant, l’OM achetait des noms. Maintenant, il recrute des profils.
Une masse salariale divisée par deux
La direction l’a acté: la masse salariale doit passer de plus de 100 millions d’euros annuels à 50 millions. Le directeur sportif Grégory Lorenzi a tranché pendant le mercato estival 2026. Roberto De Zerbi - l’entraîneur, a validé. Le discours interne est rodé: « le maillot de l’OM doit se mériter ».
Les chiffres de la masse salariale révèlent l’ampleur du virage. L’ancien montant dépassait 100 millions d’euros par an. Aujourd’hui, le club estime la masse salariale brute fixe pour 2026-2027 à 70,58 millions. L’écart entre ces deux montants s’explique: le premier reflète l’ancienne politique salariale, le second intègre déjà les premières économies réalisées grâce aux départs. L’objectif final reste 50 millions. La baisse est engagée, mais la route est longue.
Les départs ont commencé. Pierre-Emerick Aubameyang est parti en Arabie Saoudite. Mason Greenwood et Hamed Junior Traoré aussi. Ces trois mouvements ont déjà économisé environ 15 millions d’euros sur la masse salariale annuelle.
Le pari du maillot: mission impossible sur le marché
Avec 100 000 euros brut mensuels - comment l’OM peut-il rivaliser avec les clubs européens? La réponse est brutale: il ne peut pas. Un milieu de terrain de niveau Ligue des champions touche généralement bien plus que ce plafond dans les grands championnats européens. L’écart avec Højbjerg - qui émarge à 500 000, illustre la contradiction: le club veut des talents, mais refuse de les payer au prix du marché.
Mehdi Benatia doit convaincre les joueurs d’accepter cette réalité. Son argumentaire repose sur l’histoire du club, la ferveur du Vélodrome, la pression médiatique qui forge les caractères. « Nous voulons des joueurs qui viennent ici parce qu’ils savent ce que représente Marseille, pas parce qu’ils viennent chercher un contrat de pré-retraite » - résume une source proche du dossier. Le problème: les joueurs ambitieux peuvent obtenir les deux ailleurs: le prestige et le salaire.
La non-qualification en Ligue des champions aggrave la donne. Sans la vitrine européenne, l’OM perd son principal atout sportif face aux clubs italiens, allemands ou anglais. L’absence de Coupe d’Europe a été « le facteur déterminant » de cette cure d’austérité. Le cercle vicieux se referme: moins d’argent limite le recrutement, qui limite les résultats, qui éloigne la C1, qui réduit encore les revenus.
Ce que personne ne dit: une politique validée par l’entraîneur le mieux payé
Roberto De Zerbi valide cette austérité. Son propre salaire reste « conséquent », selon le dossier interne, mais il a accepté le principe: privilégier des joueurs « qui collent à ses exigences tactiques » plutôt que des noms clinquants. Le paradoxe est là: l’entraîneur star cautionne une grille salariale de club modeste.
Concrètement, De Zerbi a défini des critères tactiques stricts pour le recrutement. Il cherche des profils polyvalents, capables de presser haut, de jouer court, de s’adapter à plusieurs systèmes. Ces exigences permettent de cibler des joueurs encore sous-évalués sur le marché, des talents émergents ou des joueurs en fin de contrat. La validation de l’entraîneur donne une cohérence sportive à la contrainte financière. Sans cette caution, la politique salariale passerait pour du bricolage comptable.
Bruno Genesio - responsable du staff technique, compose avec cette mutation brutale. Il attend des renforts compatibles avec « cette nouvelle rigueur salariale ». Le calendrier de mise en œuvre est serré: la direction veut atteindre l’objectif de 50 millions d’ici la fin de la saison 2026-2027. Cela implique de nouveaux départs cet été, et des arrivées exclusivement dans la fourchette 100 000-150 000 euros.
Un vestiaire coupé en deux
Le salaire moyen brut de l’effectif 2025-26 est de 300 000 euros. Ce chiffre masque l’écart: les anciens touchent quatre à cinq fois plus que les nouveaux. Højbjerg émarge à 500 000 - les nouvelles recrues plafonnent à 100 000. Entre les deux, le fossé est béant.
Cette fracture salariale crée des tensions sourdes. Dans le vestiaire, les joueurs recrutés sous l’ancien régime bénéficient de contrats protégés par le droit du travail, impossible de les renégocier à la baisse sans leur accord. Les nouveaux, eux, acceptent des salaires modestes en échange d’une promesse: jouer dans un grand club. Le risque de clash entre anciens et nouveaux est réel. Bruno Genesio doit gérer cette cohabitation forcée, éviter que l’écart salarial ne se transforme en clivage sportif.
Roberto De Zerbi martèle le discours de la méritocratie pour atténuer les frictions. « Le maillot de l’OM doit se mériter » - répète la direction. Mais dans les faits, certains le méritent à 500 000 euros - d’autres à 100 000. Sur les réseaux sociaux, les supporters sont divisés. Itwoi Geo dénonce: « Balerdi 350 000 par mois 🤦 Quel Hold up financier, bien joué à lui 😂 ». Un autre utilisateur, @charmed271, applaudit le virage: « le club allait arrêter de donner des salaires 500 battons par mois pour des bon à rien ».
Survie ou révolution
La contrainte financière a un nom: la non-qualification en Ligue des champions. Le manque à gagner oblige l’OM à assainir ses comptes pour passer devant la DNCG. L’absence de Coupe d’Europe a été « le facteur déterminant » de cette cure d’austérité.
Aubameyang émarge désormais ailleurs. Højbjerg reste, avec ses 6,36 millions d’euros annuels. Les nouvelles recrues, elles, signent pour un dixième de ce montant. Le vestiaire est coupé en deux: les rescapés de l’ancien monde, et les entrants du nouveau. Ce matin-là, à la Commanderie, personne ne parle de révolution. On parle de survie.
