Ordiarp : le préfet réunit la filière lait de brebis autour de ses défis
Revenus, génétique, installation des jeunes et changement climatique au menu d'une réunion de travail organisée le 21 mai 2026
Le préfet des Pyrénées-Atlantiques a réuni le 21 mai 2026 à Ordiarp la chambre d'agriculture, le CDEO et l'interprofession lait de brebis. La rencontre a porté sur les grands défis d'une filière qui mobilise près de 1 600 exploitations dans le département.
Le préfet des Pyrénées-Atlantiques a réuni le 21 mai 2026 à Ordiarp la chambre d’agriculture du 64, le Centre Départemental de l’Élevage Ovin (CDEO) et l’Interprofession Lait de Brebis 64. L’ordre du jour couvrait cinq thématiques : revenus et modèle économique des exploitations, génétique et accompagnement technique, renouvellement des générations, soutien aux races locales, et adaptation de la transhumance au changement climatique.
L’essentiel
- Réunion du 21 mai 2026 : préfet, chambre d’agriculture 64, CDEO et Interprofession Lait de Brebis 64 réunis à Ordiarp.
- Près de 1 600 exploitations : les Pyrénées-Atlantiques constituent le 2e bassin de production de lait de brebis en France.
- Plus de 65 % des troupeaux : pratiquent la transhumance estivale ; plus de 90 % des élevages sont en zone de montagne.
- Cinq enjeux identifiés : revenus, génétique, installation, races locales, adaptation climatique.
- Projet Phenopasto : le CDEO, lauréat France 2030, porte ce projet de préparation des races laitières au changement climatique, annoncé en 2023.
Une réunion à Ordiarp, siège du CDEO
Le choix du lieu n’est pas anodin. Ordiarp, commune du Pays Basque intérieur, abrite le CDEO - coopérative spécialisée dans la sélection génétique et l’accompagnement technique des races Basco-Béarnaise, Manech Tête Noire et Manech Tête Rousse. La ville a aussi une valeur symbolique pour l’interprofession : c’est là que s’est tenue la première assemblée générale de la structure, en octobre 1987, devant plus de 1 000 éleveurs, selon l’Interprofession Lait de Brebis 64.
Le préfet a qualifié la filière de « richesse et fierté pour notre territoire », tout en soulignant la nécessité d’un « travail prospectif collectif » face aux défis actuels. Il a précisé que l’État s’engageait à « se tenir aux côtés des acteurs de la filière pour l’accompagner », selon le compte officiel @Prefet64.
Revenus, génétique, installation : les cinq chantiers
La réunion a identifié cinq axes de travail. Le premier porte sur le revenu et le modèle économique des exploitations, en tension depuis plusieurs années. Le second concerne la génétique et l’accompagnement technique : le CDEO organise chaque année des campagnes d’insémination artificielle et porte depuis 2023 le projet Phenopasto, lauréat d’un appel à projets France 2030, pour adapter les races laitières au changement climatique.
Troisième enjeu : le renouvellement des générations. La question de l’installation des jeunes éleveurs est posée dans un contexte de départs à la retraite non compensés. Quatrième axe : le soutien aux races locales, dont la Basco-Béarnaise et les deux variantes de la Manech, dont la sélection est pilotée par le CDEO depuis Ordiarp. Cinquième chantier, enfin : l’adaptation de la transhumance estivale au changement climatique, alors que plus de 65 % des troupeaux ovins laitiers du 64 pratiquent encore cette montée en estive, selon le portrait officiel de l’agriculture du 64 publié par France PAT.
Contexte dans les Pyrénées-Atlantiques
Avec près de 1 600 exploitations productrices, les Pyrénées-Atlantiques représentent le deuxième bassin de production de lait de brebis en France, derrière le bassin de Lacaune (Aveyron-Tarn), selon l’Interprofession Lait de Brebis 64 et le portrait agriculture du département. Plus de 90 % des élevages sont situés en zone de montagne.
L’AOP Ossau-Iraty, seul fromage au lait de brebis du 64 en appellation d’origine protégée (AOC reconnue en 1980, AOP en 1996), reste le pilier commercial de la filière. L’Interprofession, créée en 1986 et reconnue au niveau européen en 2012, finance ses actions via une cotisation volontaire obligatoire fixée à 9 € pour 1 000 litres (3 € pour le volet technique, 6 € pour la promotion).
Ce n’est pas la première initiative préfectorale sur le dossier. En 2024, le préfet s’était rendu dans deux exploitations ovines-lait à Anhaux et Estérençuby, avec la chambre d’agriculture et la FDSEA 64, pour échanger sur les enjeux de la filière et de l’AOP Ossau-Iraty. La réunion du 21 mai 2026 marque un passage à un format de concertation structuré, impliquant simultanément les trois acteurs institutionnels clés. Pour aller plus loin sur l’engagement préfectoral en matière agricole dans les Pyrénées-Atlantiques, le préfet des Hautes-Pyrénées avait de son côté mobilisé des dispositifs spécifiques à Lourdes cette même période.
L’interprofession, cheville ouvrière
Fondée en 1986, l’Interprofession Lait de Brebis 64 structure la filière depuis quatre décennies. Reconnue association interprofessionnelle en France en 1992 puis au niveau européen en 2012, elle coordonne les actions de promotion de l’AOP Ossau-Iraty, les démarches qualité et les accords interprofessionnels. La filière s’appuie aussi sur le CDEO pour les volets génétique et amélioration pastorale, avec des appels à projets régionaux actifs en 2025-2026.
La réunion du 21 mai ne débouche pas, à ce stade, sur des annonces chiffrées ou un calendrier précis. Les prochaines étapes du travail prospectif engagé entre l’État et les acteurs de la filière n’ont pas été rendues publiques.