Paolo Maldini démissionne de la FIGC après trois semaines
La légende du Milan quitte son poste de directeur technique après le veto sur Andrea Pirlo
Directeur technique de la Fédération italienne depuis fin juin, Paolo Maldini claque la porte ce 27 juillet. En cause le refus de la FIGC de nommer Andrea Pirlo sélectionneur.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Sponsor géopolitique
Les liens de Pirlo avec Fonbet, bookmaker russe, rendent sa nomination impossible dans le contexte de tensions internationales. La FIGC ne peut pas se permettre ce risque.
Crise structurelle
Trois Coupes du monde manquées, aucun sélectionneur depuis avril, un directeur technique qui démissionne après trois semaines : la FIGC accumule les signaux d'une gouvernance défaillante.
Précédent Baggio
En 2013, Roberto Baggio avait démissionné du même poste pour les mêmes raisons — projets ignorés, décisions contournées. La FIGC répète ses erreurs.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Paolo Maldini démissionne après trois semaines comme directeur technique de la FIGC
- La Fédération a bloqué Andrea Pirlo, son candidat pour sélectionneur, à cause de liens avec un bookmaker russe
- Leonardo, conseiller de Maldini, démissionne également
- L'Italie a manqué trois Coupes du monde consécutives (2018, 2022, 2026)
- Roberto Baggio avait démissionné du même poste en 2013 pour des raisons similaires
Paolo Maldini range ses affaires dans le bureau de la Fédération italienne. Environ trois semaines. C’est ce qu’aura duré son mandat de directeur technique. Il ferme la porte ce lundi 27 juillet. Pas de communiqué long. Juste une phrase sur « son professionnalisme et sa contribution ». Le reste, c’est du silence.
Le projet était simple: relancer la Nazionale après trois absences consécutives en Coupe du Monde, 2018 - 2022 - 2026. Maldini avait un nom pour ça: Andrea Pirlo. Ancien maître à jouer de la Squadra Azzurra - l’homme qui devait redonner du jeu à une équipe sans sélectionneur depuis avril. Un contrat jusqu’en 2030 - 1,5 million par saison. Tout était bouclé.
Sauf que la direction de la FIGC a dit non. Pas pour le profil. Pas pour le CV. Pour Fonbet. Une société de paris sportifs russe. Pirlo en est l’ambassadeur. Dans le contexte actuel, ça coince. La direction bloque. Pirlo retire sa candidature. Maldini encaisse.
Ce que personne ne dit
Environ trois semaines plus tard, le veto sur Pirlo est un désaveu direct. Maldini avait fait de ce recrutement « l’un des piliers de son projet de restructuration ». Sans Pirlo, le projet s’effondre. La direction l’a compris trop tard.
Leonardo - conseiller de Maldini, quitte également la FIGC. Deux légendes du football italien qui partent en même temps. La FIGC se retrouve sans direction technique et sans sélectionneur. L’équipe nationale flotte. Gennaro Gattuso était parti en avril. Personne ne l’a remplacé. Maldini devait régler ça. Il ne sera pas là pour le faire.
Le précédent Baggio
Ce n’est pas la première fois qu’une légende claque la porte. En 2013 - Roberto Baggio - surnommé le « Divin Codino » - avait démissionné du même poste. Ses projets de réforme étaient ignorés. Il était parti sans faire de vagues. Treize ans plus tard, même scénario. Les instances dirigeantes de la FIGC ne changent pas. Les directeurs techniques, si.
Avant Pirlo, Maldini avait contacté Pep Guardiola et Carlo Ancelotti. Les deux avaient refusé. Pirlo était le plan B qui devenait plan A. Maintenant, il n’y a plus de plan du tout.
Dans une déclaration, Maldini a lâché: « Ma vision du football et les ambitions que je portais pour cette Fédération nécessitaient une unité de vue qui, aujourd’hui, fait défaut. Le choix de ne pas s’appuyer sur des profils comme celui d’Andrea Pirlo illustre un décalage que je ne peux cautionner. Il est temps pour moi de prendre du recul. »
À ses proches, il aurait glissé: « Je ne peux pas cautionner une vision à court terme qui manque d’ambition technique ». Le message est clair. La FIGC joue la sécurité. Maldini voulait prendre des risques.
Fonbet, le détail qui tue
Fonbet. C’est ce nom qui fait tout dérailler. Une société russe tensions géopolitiques. Pirlo est ambassadeur. La FIGC ne peut pas se permettre ça. Mais la direction le savait avant. Maldini aussi. Pourquoi attendre environ trois semaines pour dire non? Pourquoi laisser Maldini construire un projet autour de Pirlo si le blocage était prévisible?
Un journaliste de la Gazzetta dello Sport écrit: « L’idea che comincia a serpeggiare nella testa di molti (chissà se anche in quella di Maldini…) è che la bocciatura ‘politica’ di Pirlo possa essere un pretesto per aggirare la scelta presa dal direttore tecnico. » Traduction: le veto politique sur Pirlo serait un prétexte pour contourner la décision de Maldini. Une manière de reprendre le contrôle.
Un autre, au Corriere della Sera, enfonce: « Guardate, la metto giù semplice: se Malagò boccia Pirlo, Paolo Maldini si dimette dopo un minuto, forse meno. Il problema è lui, Maldini. » Le problème, c’est Maldini. Trop exigeant. Trop rigide. Peut-être. Ou peut-être que la FIGC n’était pas prête pour un directeur technique qui décide vraiment.
L’Italie sans boussole
L’équipe nationale italienne est orpheline. Pas de sélectionneur depuis avril. Pas de directeur technique depuis ce lundi. Trois absences consécutives en Coupe du Monde. La Nazionale est en crise. Maldini devait en être le sauveur. Il aura été un électron libre pendant environ trois semaines.
La FIGC cherche maintenant. Un nouveau directeur technique. Un sélectionneur. Quelqu’un qui acceptera de composer avec les contraintes politiques, les sponsors sensibles, les promesses non tenues. Quelqu’un qui ne partira pas au bout d’environ trois semaines.
Maldini, lui, rentre chez lui. Il ferme la porte du bureau. Il ne reviendra pas.