Paris 10e : au carrefour Louis Blanc, les riverains excédés par les trafics sous l’œil du commissariat
Entre un arrêté préfectoral anti-crack et une cellule d'écoute municipale, les habitants de la place de la Chapelle dénoncent l'absence de réponses policières face aux dealers.
Les riverains du 10e arrondissement expriment leur colère face à la recrudescence des trafics de drogue au carrefour Louis Blanc et Faubourg Saint-Denis. Un arrêté préfectoral et une cellule de doléances existent, mais le sentiment d'abandon persiste.
L’essentiel
- Arrêté du 30 décembre 2025 : la préfecture de police interdit les regroupements de consommateurs de crack au carrefour Louis Blanc / Faubourg Saint-Denis.
- Commissariat à 50 mètres : le commissariat central du 10e est situé au 26 rue Louis Blanc, à quelques pas du point de deal signalé.
- Cellule d’écoute : la mairie du 10e a mis en place un dispositif de recueil des doléances sur la sécurité et la tranquillité publique.
Un carrefour sous pression
Le carrefour Louis Blanc / Faubourg Saint-Denis, dans le 10e arrondissement de Paris, est devenu un point de rassemblement quotidien pour les dealers et les consommateurs de crack. Selon un message posté le 4 juillet 2026 sur le compte X @75Republique, « la situation se dégrade place de la Chapelle. Forte présence de dealers : vente de toutes sortes de drogue. Que fait la police ? Les riverains se sentent abandonnés. »
Le quartier, situé entre les gares du Nord et de l’Est, voit passer des milliers de voyageurs chaque jour. Les riverains, eux, subissent les nuisances sonores, les bagarres et l’insécurité liées au trafic de stupéfiants. En janvier dernier, Le Parisien qualifiait le « square perdu de la Chapelle » de « gros point noir » pour les attroupements, la consommation d’alcool et les trafics.
Des mesures officielles jugées insuffisantes
La préfecture de police a pris un arrêté le 30 décembre 2025 interdisant les regroupements de consommateurs de crack au carrefour Louis Blanc / Faubourg Saint-Denis. Ce texte officiel vise à « prévenir les troubles à l’ordre public » liés au trafic et à la consommation. Pourtant, les habitants constatent que la mesure reste peu appliquée.
Le commissariat central du 10e arrondissement se trouve au 26 rue Louis Blanc, à une cinquantaine de mètres du carrefour. Malgré cette proximité, les patrouilles sont perçues comme insuffisantes par les riverains. « On a l’impression que la police regarde ailleurs », témoignait une habitante dans un reportage de CNews diffusé en août 2025.
La mairie du 10e a mis en place une cellule d’écoute dédiée au recueil des doléances sur la sécurité publique. Ce dispositif, accessible en ligne, permet de signaler des situations de trafic, d’attroupement ou d’insalubrité. Mais les associations de quartier jugent cet outil insuffisant face à l’ampleur du phénomène.
Le square perdu, épicentre des nuisances
Le square de la Chapelle, situé à proximité immédiate, est régulièrement le théâtre de rixes entre bandes. Un reportage de CNews du 30 août 2025 montrait des riverains excédés par ces violences. Le Parisien, dans son édition du 20 janvier 2026, confirmait que ce square est devenu un lieu de rassemblement pour les trafiquants et les consommateurs d’alcool.
Le problème ne date pas d’hier. En 2018, une question au Sénat faisait état de 977 interventions policières et 205 interpellations pour stupéfiants aux abords de la Porte de la Chapelle. Six ans plus tard, les chiffres ont peu évolué, et les riverains dénoncent un « abandon » des pouvoirs publics.
Une publication Facebook du Parisien du 30 juin 2026 relayait la colère d’habitants du carrefour Faubourg Saint-Denis / rue d’Enghien, où les dealers opèrent « en plein jour, sous les fenêtres des familles ».
Contexte dans le département
Paris, département le plus dense de France, concentre des problématiques de trafic dans plusieurs arrondissements. Le 10e, avec ses gares et sa population très mixte (environ 90 000 habitants), est l’un des secteurs où la vente de stupéfiants est la plus visible. L’arrêté préfectoral du 30 décembre 2025 s’inscrit dans une série de mesures visant les points de deal récurrents, comme ceux de Stalingrad ou de la Place des Fêtes. Le commissariat du 10e, bien que central, doit gérer une circonscription étendue, ce qui limite les effectifs disponibles pour une présence continue.
Dans un autre quartier parisien, un incendie rue Cardinet dans le 17e a fait trois blessés en juillet 2026, illustrant les défis de sécurité auxquels la capitale est confrontée (lire notre article). Par ailleurs, la nouvelle taxe européenne sur les petits colis, entrée en vigueur le 1er juillet 2026, vise à lutter contre le trafic de marchandises illicites, dont les stupéfiants (en savoir plus).
Un sentiment d’abandon persistant
Malgré l’arrêté préfectoral, les patrouilles policières restent irrégulières au carrefour Louis Blanc. Les riverains, relayés par les médias locaux, réclament une présence plus dissuasive. La cellule d’écoute de la mairie recueille des signalements, mais aucun plan d’action concret n’a été annoncé à ce stade. La préfecture de police, interrogée par TF1 en janvier 2026, assurait que « le dispositif est adapté et régulièrement réévalué ». Les habitants du 10e attendent désormais des actes.