Paris : des milliers d’étudiants mobilisés, 76 verbalisés, des conseils de discipline
Les campus parisiens traversent une crise de liberté d'expression depuis les mobilisations du 12 avril contre la loi Yadan.
Le 12 avril 2026, des milliers d'étudiants ont manifesté autour de la Sorbonne et de Sciences Po pour la paix au Moyen-Orient. La répression qui a suivi - 76 verbalisations, 90 gardes à vue, sanctions disciplinaires - alimente un débat tendu sur les libertés dans les campus parisiens.
Des milliers d’étudiants ont défilé dans le centre de Paris le 12 avril 2026, concentrés autour de la Sorbonne et de Sciences Po, pour soutenir la Palestine et protester contre la proposition de loi Yadan, selon les informations relayées par plusieurs médias et comptes militants. La mobilisation, la plus importante depuis les occupations d’avril 2024, s’est soldée par une répression documentée.
76 amendes, 90 gardes à vue
Selon le compte @JLMPourTous, 76 étudiants présents à Sciences Po et à la Sorbonne ont reçu une amende de 400 €, assortie d’une inscription au casier judiciaire. Près de 90 autres ont été placés en garde à vue lors de la même journée, d’après la source Instagram documentant les événements du 12 avril. Ces chiffres ont suscité de vives réactions.
Le 15 avril, une centaine d’étudiants de Paris 1 Panthéon-Sorbonne ont bloqué le campus de La Chapelle, selon le compte syndical @PoingLeveP1, en soutien à la Palestine et contre la loi Yadan.
Des sanctions qui touchent la vie universitaire
Au-delà des poursuites pénales, des procédures disciplinaires internes sont engagées. Mediapart a documenté le 16 avril plusieurs cas d’étudiants menacés d’exclusion pour des prises de parole ou des collages pro-Palestine. Le cas de Léa, 19 ans, a circulé largement sur les réseaux : cette étudiante de Sciences Po Saint-Germain-en-Laye a été convoquée devant un conseil de discipline pour avoir demandé une minute de silence lors d’une conférence de Yaël Braun-Pivet le 26 mars, selon le média @nouvelleaubefr.
La proposition de loi Yadan, votée le 16 avril 2026 et visant selon ses opposants à pénaliser la critique d’Israël, est au cœur des tensions. Plusieurs organisations étudiantes, dont Solidaires étudiants, ont par ailleurs saisi la justice administrative le 25 mars contre les partenariats de huit universités françaises - dont des établissements parisiens - avec des institutions israéliennes, selon le compte @FocusinfosFr.
Un précédent ancré depuis 2024
Ces événements font écho aux occupations d’avril 2024, quand la police avait évacué des dizaines de protestataires à Sciences Po et à la Sorbonne, entraînant la suspension temporaire du financement régional de Sciences Po, selon Wikipédia. En avril 2025, des étudiants avaient également manifesté au Panthéon pour boycotter Israël, avec une mobilisation comparable à celle de 2024, selon l’agence Anadolu. La séquence de 2026 marque une intensification : répression plus systématique, législation nouvelle, et un front judiciaire désormais ouvert par les syndicats.
Les prochaines audiences disciplinaires n’ont pas encore été datées publiquement. Les organisations étudiantes appellent à poursuivre la mobilisation contre la loi Yadan.
Sources
- Mediapart : À l'université, des étudiants sanctionnés pour leur soutien à la Palestine
- Wikipédia : 2024 Sciences Po pro-Palestinian occupation protest
- Anadolu Agency : Boycott Israel: University students stage protest in Paris to support Gaza
- Le Monde : Gaza protests: The 60 days a Paris university was at the heart of the national political debate