Paris : le parquet classe sans suite l’affaire Civitas après la Nuit Blanche

Six militants du groupuscule dissous avaient été placés en garde à vue le 6 juin pour avoir perturbé une installation artistique à l'église Saint-Laurent.

Paris : le parquet classe sans suite l'affaire Civitas après la Nuit Blanche
Illustration Julie Renault / info.fr

Le parquet de Paris a classé sans suite, le 9 juin 2026, les procédures engagées contre six militants de Civitas après leurs perturbations lors de la Nuit Blanche. Le parquet estime qu'« aucune infraction n'était suffisamment caractérisée ». La maire du 10e arrondissement et la Ville de Paris avaient pourtant porté plainte.

L’essentiel

  • Classement sans suite : le parquet de Paris a rendu sa décision le 9 juin 2026, estimant qu’aucune infraction n’était suffisamment caractérisée.
  • Six gardes à vue : six militants de Civitas avaient été interpellés dans la nuit du 6 au 7 juin 2026 à l’église Saint-Laurent (10e arrondissement).
  • Groupe d’une trentaine : environ 30 individus avaient perturbé l’ouverture d’une installation artistique de la 25e Nuit Blanche parisienne.
  • Plaintes déposées : la maire du 10e Alexandra Cordebard et la Ville de Paris avaient porté plainte après des bousculades signalées.
  • Civitas dissoute : le groupuscule avait été dissous par décret du 4 octobre 2023, dissolution confirmée par le Conseil d’État le 30 décembre 2024.

Ce qui s’est passé dans l’église Saint-Laurent

Dans la nuit du samedi 6 au dimanche 7 juin 2026, la 25e édition de la Nuit Blanche parisienne battait son plein. L’événement, dirigé artistiquement par Barbara Butch sur le thème de l’amour, avait investi une trentaine de lieux dans la capitale. Parmi eux, l’église Saint-Laurent, dans le 10e arrondissement, propriété de la Ville de Paris, accueillait Sous la peau du ciel, une installation sonore immersive et participative de l’artiste Marie-Luce Nadal.

C’est à l’ouverture de cette installation qu’un groupe d’environ 30 individus, membres ou proches du groupuscule Civitas, a fait irruption pour en empêcher le déroulement, selon Le Figaro et Le Monde. Des bousculades ont été signalées. Parmi les personnes présentes visées : Alexandra Cordebard, maire du 10e arrondissement, et le député Pouria Amirshahi. Deux des six interpellés étaient soupçonnés de violences sur élus, toujours selon Le Monde.

Six personnes ont été placées en garde à vue dans la foulée. La Ville de Paris et Alexandra Cordebard ont porté plainte dans les heures suivantes, dénonçant des violences et des bousculades, selon Le Parisien et Ouest-France.

La décision du parquet : aucune infraction caractérisée

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Trois jours plus tard, le 9 juin 2026, le parquet de Paris a rendu sa décision : classement sans suite pour l’ensemble des procédures. La motivation retenue est qu’« aucune infraction n’était suffisamment caractérisée », selon Le Monde et Le Parisien qui citent le parquet.

Le parquet n’a pas davantage détaillé publiquement les éléments qui ont conduit à cette appréciation. Une source dans l’entourage des élus n’avait pas été précisée au moment de la publication de cet article. Selon des informations rapportées par Le Parisien, les élus n’auraient pas formellement reconnu les personnes interpellées comme étant leurs agresseurs.

Contexte dans le département de Paris

La Nuit Blanche est un événement organisé chaque année par la Ville de Paris depuis 2002. L’édition 2026 en était la 25e. Elle attire chaque année plusieurs centaines de milliers de visiteurs dans la capitale.

Civitas est un groupuscule catholique intégriste dissous par décret du Conseil des ministres le 4 octobre 2023, une dissolution confirmée par le Conseil d’État le 30 décembre 2024, selon les textes publiés au Journal officiel et sur le site du Conseil d’État. Malgré la dissolution, des membres ou proches continuent d’agir sous diverses formes, selon les médias qui couvrent le sujet.

Paris est régulièrement le théâtre d’actions de groupes organisés ciblant des événements culturels ou des lieux patrimoniaux. Les plaintes pour violences impliquant des élus ou des personnalités publiques font l’objet d’une attention particulière des parquets, qui doivent qualifier précisément les faits avant de poursuivre. Dans cette affaire, la qualification de violences volontaires sur personne dépositaire de l’autorité publique - infraction plus grave - n’a pas été retenue.

Sur la question des classements sans suite dans des affaires impliquant des groupes dissous, plusieurs plaintes déposées par des élus en France ces derniers mois n’ont pas abouti à des poursuites, selon des précédents recensés par la presse nationale. Aucune donnée chiffrée comparable au niveau parisien n’est disponible pour contextualiser ce classement.

Les réactions après la décision

Alexandra Cordebard n’avait pas réagi publiquement à la décision du parquet au moment de la publication de cet article. La Ville de Paris non plus. Le mouvement Civitas, dissous, ne dispose pas de porte-parole officiel reconnu.

La décision clôt la procédure pénale engagée dans les jours suivant la Nuit Blanche. Les voies civiles restent ouvertes pour les parties plaignantes, mais aucune démarche en ce sens n’a été annoncée à ce stade.

Julie
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Sources

Julie Renault

Julie Renault

Julie est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Paris (75), avec Paris pour chef-lieu. Spécialité du département : capitale politique et premiere place economique française. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Île-de-France.

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