Paris : plusieurs milliers de policiers manifestent à Bercy contre la prime des commissaires
Le 30 juin, entre 3000 et 5000 agents se sont rassemblés devant le ministère de l’Économie pour dénoncer une revalorisation jugée injuste et réclamer une hausse de leur propre prime de risque.
Le 30 juin 2026, plusieurs milliers de policiers ont manifesté à Paris devant le ministère de l’Économie à Bercy. Organisée par Alliance, Un1té et la CFTC Police, cette mobilisation dénonce la revalorisation salariale des commissaires adoptée le 16 juin, qui peut atteindre 1 350 euros par mois.
L’essentiel
- 3 000 à 5 000 policiers ont manifesté le 30 juin 2026 devant Bercy, à Paris.
- Réforme du 16 juin : jusqu’à 1 350 euros d’augmentation mensuelle pour les commissaires, sans mesure équivalente pour les agents de terrain.
- Revendication : une prime de risque mensuelle de 500 euros pour les gardiens de la paix, réclamée par les syndicats.
Un rassemblement massif devant Bercy
La place devant le ministère de l’Économie, à Bercy, a été noire de monde ce mardi 30 juin. Entre 3 000 et 5 000 policiers venus de toute la France ont répondu à l’appel des syndicats Alliance Police Nationale, Un1té Police FO et Synergie Officiers, avec le soutien de la CFTC Police. Le cortège a ensuite rejoint l’avenue de l’Opéra, où siège la direction des ressources humaines du ministère de l’Intérieur.
La manifestation, encadrée par des effectifs de la préfecture de police, s’est déroulée sans incident majeur. Les organisateurs comptabilisent « plusieurs milliers de participants, bien au-delà des espérances ».
La réforme du 16 juin en ligne de mire
À l’origine de la colère : une réforme adoptée le 16 juin 2026 qui accorde aux commissaires une revalorisation salariale comprise entre 800 et 1 350 euros par mois. Les gardiens de la paix, les brigadiers et les gradés estiment être les grands oubliés de cette mesure. « Les commissaires ont eu leur augmentation, nous on attend toujours », résume un brigadier présent dans le cortège.
Les manifestants dénoncent un sentiment d’injustice alors que la prime de risque mensuelle a été revalorisée de 125 à 300 euros. Les syndicats réclament son passage à 500 euros, une promesse non tenue selon eux.
Interrogé sur CNEWS, Axel Ronde, porte-parole de la CFTC Police, a souligné le ras-le-bol général : « 55 policiers et gendarmes sont blessés chaque jour en France, et on nous répond par une grille indiciaire gelée. »
Témoignages : la lassitude des agents de terrain
Parmi les manifestants, plusieurs policiers blessés en intervention ont pris la parole. Un gardien de la paix de 34 ans, en arrêt après une agression à l’arme blanche, témoigne : « On nous demande de faire toujours plus, mais on nous donne les moyens d’hier. Les patrouilles sont souvent en sous-effectif. » Selon les syndicats, de nombreuses unités descendent en dessous du seuil réglementaire de trois agents par équipage.
Une policière municipale parisienne, également présente, déplore le décalage entre les discours et la réalité : « La prime de risque, c’est un serpent de mer. On nous promet, on nous promet, et à chaque fois c’est repoussé. »
Contexte dans le 75 - Paris
Paris concentre près de 30 000 fonctionnaires de la préfecture de police, soit l’un des plus gros effectifs de France. La capitale a été le théâtre de plusieurs manifestations policières ces dernières années, notamment en 2024 contre la réforme des retraites et en 2025 pour une meilleure protection juridique. Cette nouvelle mobilisation, en plein été, intervient alors que les Jeux Olympiques de 2024 ont montré l’investissement des forces de l’ordre, sans traduction salariale durable. Selon l’INSEE, le salaire net moyen d’un gardien de la paix en Île-de-France est inférieur de 12 % à celui d’un fonctionnaire de même catégorie dans d’autres ministères.
Prochaine étape : une rencontre avec le ministère ?
Les syndicats espèrent être reçus rapidement par le ministre de l’Intérieur. Axel Ronde prévient : « Si on ne nous entend pas, on remettra ça. Et ce sera plus dur. » Aucune date de rendez-vous n’a été communiquée à ce stade. La rentrée de septembre pourrait être marquée par une nouvelle action si les revendications n’aboutissent pas.