Paris : le Samu enregistre 109 décès en 24h face à la canicule
Le vendredi 26 juin 2026, le Samu de Paris a comptabilisé 109 morts hors hôpital, contre sept en moyenne. L'ARS Île-de-France a déclenché le Plan Blanc régional.
Face à une canicule historique, le Samu de Paris a enregistré un record de 109 décès en 24 heures le vendredi 26 juin 2026. Les funérariums de la capitale sont saturés et les autorités redoutent un effet retard dans les jours à venir.
L’essentiel
- 109 décès hors hôpital en 24h le vendredi 26 juin 2026 à Paris, contre 7 en moyenne habituellement.
- Hausse de 80% des appels au Samu en une semaine en Île-de-France.
- Plan Blanc régional déclenché par l’ARS le 26 juin à 18h.
- Funérariums intra-muros saturés depuis le 27 juin au matin.
- Niveau 3 du plan ORSAN activé par le gouvernement le 25 juin.
Un pic de mortalité inédit
Le Samu de Paris a enregistré un chiffre sans précédent : 109 décès survenus à domicile ou sur la voie publique en l’espace de 24 heures, le vendredi 26 juin 2026. En comparaison, une journée normale compte environ sept décès dans ces mêmes circonstances. Le service d’aide médicale urgente précise que ces morts ne sont pas comptabilisées à l’hôpital, ce qui laisse craindre un bilan global plus lourd lorsque les données hospitalières seront consolidées.
Selon le Samu, la quasi-totalité de ces décès est directement liée à l’épisode de chaleur extrême qui frappe la capitale depuis plusieurs jours. Les personnes âgées et les personnes atteintes de pathologies chroniques sont les plus vulnérables. Le pic de température a été atteint jeudi et vendredi, avec des maximales dépassant 40°C dans Paris intra-muros.
Le système de santé sous tension
L’Agence régionale de santé (ARS) Île-de-France a activé le Plan Blanc régional le vendredi 26 juin à 18 heures, face à l’afflux d’urgences. Ce dispositif permet de mobiliser des moyens supplémentaires et de déprogrammer des opérations non urgentes. les appels aux quatre centres Samu d’Île-de-France ont bondi de 80 % en une semaine, selon l’AP-HP. Les passages dans les services d’urgence de l’AP-HP ont augmenté de 36 % par rapport à une journée habituelle.
Antoine Alibert, adjoint à la maire de Paris chargé de la Santé, a décrit une « saturation exceptionnelle de l’intégralité des services de santé de la capitale ». Les équipes du Samu et des pompiers interviennent en priorité sur les appels les plus critiques, mais les délais d’intervention se sont allongés. Pendant ce temps, le PSG accélère sur le dossier Maghnes Akliouche pour renforcer son effectif, une actualité sportive qui contraste avec la crise sanitaire.
Les funérariums saturés
Les deux funérariums intra-muros de Paris ont atteint leur capacité maximale dès le samedi 27 juin au matin, selon la Fédération nationale du funéraire. Les familles se heurtent à des délais d’attente allongés pour organiser les obsèques. La ville de Paris a annoncé l’ouverture de sites temporaires de stockage des corps, mais sans préciser les modalités. Le gouvernement a promis des renforts logistiques.
La réponse des autorités
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a activé le niveau 3 du plan national ORSAN (Organisation de la réponse du système de santé en situations sanitaires exceptionnelles) dès le jeudi 25 juin, avant même le pic de mortalité. Ce niveau permet une coordination renforcée entre les hôpitaux d’Île-de-France et le recours à des réservistes sanitaires. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a averti d’un « effet retard » : les pathologies liées à la chaleur peuvent se déclarer cinq à dix jours après le pic, touchant surtout les personnes fragiles.
Contexte dans le département
Paris (75) est le département le plus dense de France avec plus de 20 000 habitants/km². La canicule y est particulièrement meurtrière en raison de l’effet d’îlot de chaleur urbain, des logements mal isolés et de la concentration de personnes âgées. Selon l’Insee, 18 % des Parisiens ont plus de 60 ans. Cette vulnérabilité explique en partie le nombre de décès à domicile. Dans d’autres départements, la canicule a aussi provoqué des tensions, comme à Tarbes où la fermeture d’une piscine a suscité une polémique.
Prochaine étape : l’effet retard
Les autorités sanitaires restent en alerte. La ministre Stéphanie Rist a indiqué que les cas graves pourraient survenir jusqu’au début du mois de juillet. Les hôpitaux maintiennent leur niveau de mobilisation. Par ailleurs, l’OM a programmé un stage de pré-saison en Côte d’Ivoire, où les conditions de chaleur sont également élevées, illustrant les défis posés par les fortes températures pour l’ensemble de la société. La préfecture de police de Paris a prolongé l’activation du plan canicule et recommande aux personnes vulnérables de s’inscrire sur les registres municipaux.
Le bilan humain pourrait encore s’alourdir dans les prochains jours, alors que les températures commencent à baisser lentement.