Paris : six militants de Civitas libérés après 48h de garde à vue, la maire du 10e bousculée
Interpellés le 6 juin lors de perturbations à l'église Saint-Laurent pendant la Nuit Blanche, les six membres du groupuscule dissous ont été relâchés le 8 juin.
Six militants proches de Civitas, interpellés le soir du 6 juin 2026 à l'église Saint-Laurent (10e arrondissement) lors de perturbations de la Nuit Blanche, ont été libérés après environ 48 heures de garde à vue. Deux sont soupçonnés de violences sur élus, dont la maire du 10e Alexandra Cordebard.
L’essentiel
- Arrestations : Six personnes interpellées le 6 juin 2026 à l’église Saint-Laurent (10e arr.) lors de perturbations de la Nuit Blanche.
- Libération : Les six ont été remis en liberté le 8 juin, après environ 48 heures de garde à vue.
- Motifs : Deux soupçonnés de violences volontaires sur élus (maire du 10e et député Pouria Amirshahi) ; quatre pour participation à attroupement après sommation.
- Groupe : Civitas, dissous par décret du Conseil des ministres le 4 octobre 2023.
- Contexte : Une trentaine de personnes impliquées selon le parquet de Paris.
Ce qui s’est passé le soir du 6 juin
Ce samedi soir, dans le cadre de la 25e édition de la Nuit Blanche, l’église Saint-Laurent (boulevard de Magenta, 10e arrondissement) accueillait l’installation sonore participative « Sous la peau du ciel » de Marie-Luce Nadal. Barbara Butch assurait la direction artistique de l’édition 2026, selon la Ville de Paris.
Une trentaine de personnes, proches du groupuscule Civitas, se sont rassemblées devant l’édifice pour en perturber l’ouverture au public, selon le parquet de Paris. L’action prenait la forme d’une prière de rue et d’un barrage à l’entrée. Civitas avait publiquement appelé à perturber l’événement depuis fin mai 2026, selon L’Humanité.
Au cours de l’incident, la maire du 10e arrondissement Alexandra Cordebard et le député Pouria Amirshahi (écologiste, 5e circonscription de Paris) ont tous deux rapporté avoir été bousculés. Cordebard a précisé avoir reçu des coups de la part des militants qui cherchaient à empêcher l’entrée dans l’église, selon ses déclarations sur X.
Deux chefs d’accusation distincts
Six personnes ont été interpellées sur place et placées en garde à vue dans la soirée du 6 juin. Le parquet de Paris a retenu deux qualifications, selon Le Monde et Le Parisien :
- Deux suspects visés pour violences volontaires sur personnes dépositaires de l’autorité publique ou chargées d’une mission de service public, visant les faits commis sur Alexandra Cordebard et Pouria Amirshahi.
- Quatre autres placés en garde à vue pour participation à un attroupement après sommation de se disperser.
Les six ont été libérés le 8 juin 2026, après environ 48 heures de garde à vue. La suite de la procédure judiciaire n’a pas été précisée à ce stade.
Plaintes de l’élue et de la Ville de Paris
Alexandra Cordebard a annoncé porter plainte à titre personnel. La Ville de Paris a également annoncé engager une procédure, dénonçant des « militants intégristes d’extrême droite », selon Le Parisien.
Le journaliste Roland Heelie, qui suivait l’affaire sur X, a résumé la situation à la libération des militants :
Civitas : un groupuscule dissous depuis 2023
Civitas a été dissous par décret du Conseil des ministres le 4 octobre 2023, publié au Journal officiel le 5 octobre (Légifrance). Le mouvement se définissait comme catholique intégriste. Sa dissolution n’a pas empêché des membres ou anciens membres de continuer à se mobiliser collectivement.
L’appel à perturber la Nuit Blanche 2026 ciblait explicitement la présence de Barbara Butch comme directrice artistique de l’édition.
Contexte dans le 10e arrondissement (Paris)
L’église Saint-Laurent, boulevard de Magenta, est un édifice gothique flamboyant dont la construction principale date du XVe siècle - le chœur a été consacré en 1429. Elle est classée monument historique. La Ville de Paris y a conduit plusieurs travaux de restauration, dont la pose d’une nouvelle croix au sommet de la flèche en 2022, pour un investissement supérieur à 1,1 million d’euros sur dix ans, selon la mairie du 10e.
L’édifice accueille régulièrement des événements culturels en parallèle de son usage cultuel. C’est dans ce cadre que la Nuit Blanche y avait programmé l’installation de Marie-Luce Nadal cette année.
Des incidents similaires impliquant des groupes catholiques intégristes dans des lieux de culte utilisés à des fins culturelles ont déjà donné lieu à des procédures judiciaires en France, notamment lors des représentations de Golgota Picnic en 2011. Le périmètre judiciaire exact de la présente affaire reste à préciser.
Pour les faits de violence en marge de manifestations et interpellations à Paris, des affaires récentes montrent la vigilance des parquets sur les actes commis sur des élus et représentants de l’État. Les interpellations collectives font l’objet de qualifications juridiques distinctes selon le rôle de chaque individu.
La suite de la procédure
Les six personnes libérées le 8 juin peuvent encore faire l’objet de convocations devant le parquet ou être mises en examen. Les plaintes d’Alexandra Cordebard et de la Ville de Paris ouvrent des procédures parallèles dont l’instruction reste à préciser.
Sources
- Le Monde : Nuit blanche à Paris : six membres du groupuscule Civitas en garde à vue, dont deux soupçonnés d'avoir bousculé une élue
- Le Parisien : Nuit Blanche à Paris : six personnes en garde à vue après des violences du groupe intégriste catholique Civitas contre des élus
- Ville de Paris : Nuit Blanche 2026 : les grands moments de cette édition
- Légifrance : Décret portant dissolution de Civitas – JO du 5 octobre 2023