Decathlon AG2R accélère les négociations avec Paul Seixas
Le manager Dominique Serieys confirme l'ouverture des discussions pour retenir le prodige de 19 ans
Dominique Serieys annonce l'ouverture des discussions entre mi-août et début septembre 2026 pour prolonger le prodige de 19 ans, 4e du Tour de France et 5e mondial UCI.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Garder le prodige face aux géants
UAE et Visma ne laissent jamais filer un Top 5 UCI sans proposer des contrats records. Decathlon doit prouver qu'elle a les moyens de ses ambitions.
Reconstruire la crédibilité post-Bardet
L'équipe a perdu Romain Bardet, symbole de fidélité. Perdre Seixas maintenant renverrait l'image d'un simple tremplin, pas d'une destination.
Le mercato se joue en août, pas en novembre
Trois semaines entre la fin du Tour et l'ouverture des discussions : un vide que les concurrents peuvent remplir d'offres massives.
Bâtir une équipe autour de lui
Serieys promet 4 ou 5 nouvelles recrues pour septembre. Le message : on ne te demande pas de rester seul, on construit pour toi.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Dominique Serieys confirme l'ouverture des négociations entre mi-août et début septembre 2026 pour prolonger Paul Seixas, actuellement sous contrat jusqu'à fin 2027
- Paul Seixas, 19 ans, a terminé 4e du Tour de France 2026 et occupe la 5e place du classement UCI mondial
- Decathlon AG2R La Mondiale annonce 4 ou 5 nouvelles recrues pour septembre afin de renforcer l'équipe et retenir son prodige face aux convoitises d'UAE Team Emirates et Visma-Lease a Bike
- Serieys qualifie Seixas d'« élément central du projet à long terme » et affirme que sa prolongation est « une priorité absolue »
Dominique Serieys pose son café. Il regarde la caméra de RMC Sport, quelques jours après l’arrivée du Tour à Nice. « Entre la mi-août et début septembre, on va ouvrir les discussions. » Phrase courte. Pas d’hésitation. Paul Seixas - 19 ans - 5e au classement UCI - va s’asseoir à la table des négociations avec Decathlon AG2R La Mondiale (en partenariat avec CMA CGM).
Le timing n’est pas un hasard. Seixas vient de terminer 4e du Tour. Pas 15e. Pas 8e. Quatrième. À 19 ans. Le genre de résultat qui fait exploser les lignes téléphoniques du mercato. UAE Team Emirates - Visma-Lease a Bike: ces équipes-là sont réputées pour proposer des contrats records aux jeunes talents sans attendre. Serieys le sait. D’où la phrase. D’où le calendrier serré.
Le contrat court jusqu’en 2027, les discussions vont s’ouvrir
Sur le papier, Seixas est lié jusqu’à fin 2027. Encore un an et demi. Mais dans le cyclisme moderne, un an et demi sans prolongation, c’est une éternité. C’est une porte ouverte. Les chasseurs de têtes ne se gênent plus pour approcher les coureurs sous contrat. Serieys l’a compris. « Paul est un élément central de notre projet à long terme », a-t-il déclaré. Pas « important ». Central.
Dominique Serieys a même ajouté: « Nous sommes en discussions. Paul est un élément central de notre projet et nous souhaitons sécuriser son avenir au sein de la structure sur le long terme. » Les mots pèsent. Decathlon AG2R La Mondiale (en partenariat avec CMA CGM) ne veut pas revivre le scénario Bardet, parti ailleurs après des années de fidélité.
La leçon Bardet: ne plus perdre ses pépites
Romain Bardet - justement, incarnait l’identité AG2R. Il a grandi dans la structure, porté le maillot pendant des années, offert des podiums au Tour. Puis il est parti.
Avec l’arrivée de Decathlon comme partenaire titre - la donne a changé. Les moyens ont suivi. Les ambitions aussi. Serieys veut prouver que l’époque AG2R artisanale est terminée. « Paul est un élément central de notre projet de développement à long terme », martèle-t-il. Long terme. Le cyclisme adore cette expression. Elle ne veut rien dire tant que le contrat n’est pas signé. Mais elle signale une intention. Decathlon ne veut plus être un tremplin. Elle veut devenir une destination.
Des victoires, un palmarès qui explose
Les chiffres parlent. Seixas totalise 7 victoires pro cette saison. Sa progression est linéaire, impressionnante. À chaque course, il monte d’un cran. Des résultats qui confirment son statut de prodige.
Des recrues pour bâtir autour de lui
Serieys a une autre carte dans sa manche. « On va avoir quatre ou cinq nouvelles recrues qu’on va annoncer à la rentrée de septembre. » Autrement dit: l’équipe se renforce. Le message est clair. On ne te demande pas de rester dans une structure qui stagne. On bâtit autour de toi.
Ces recrues ne sont pas anodines. Elles dessinent une stratégie. Decathlon AG2R La Mondiale (en partenariat avec CMA CGM) cherche à entourer Seixas de lieutenants capables de le porter sur les grands Tours, d’équipiers de luxe pour les classiques ardennaises, de rouleurs pour les courses d’une semaine. Le profil exact de ces recrues reste confidentiel. Mais l’intention est limpide: transformer l’équipe en machine de guerre capable de rivaliser avec UAE et Visma. Pas dans cinq ans. Maintenant.
Le mercato cycliste ne pardonne pas les retards
Un détail essentiel: dans le cyclisme moderne, les signatures se jouent en juillet-août. Pas en novembre. Les grandes équipes identifient leurs cibles pendant le Tour, négocient juste après, annoncent avant la Vuelta. Attendre septembre, c’est déjà prendre du retard. Attendre novembre, c’est laisser les concurrents verrouiller leurs pépites.
Entre la fin du Tour et mi-août - il s’écoule plusieurs semaines. Plusieurs semaines durant lesquelles les grandes équipes rôdent autour de Seixas, désormais 5e mondial. UAE Team Emirates et Visma-Lease a Bike n’attendent jamais. Elles proposent des contrats records dès juillet. Si Decathlon tarde, quelqu’un d’autre mettra des millions d’euros sur la table. Ou plus. C’est la règle du mercato: celui qui attend perd.
Reporter les discussions: stratégie ou risque?
Serieys a beau afficher sa sérénité, la réalité suggère une certaine urgence. Les discussions ont été reportées après le Tour. Aucune négociation pendant la course, a précisé Dominique Serieys. Pour préserver le coureur. Noble intention. Mais ce report a aussi créé un vide. Un vide que les concurrents peuvent remplir.
La tension est là. D’un côté, Serieys annonce un calendrier serré: mi-août, début septembre. De l’autre, l’équipe cherche à préserver son coureur. En réalité, ce report post-Tour était une décision stratégique. Laisser le coureur se concentrer sur le général, éviter les distractions, préserver sa tête. Mais cette stratégie a un coût: elle laisse plusieurs semaines aux géants du peloton pour approcher le prodige. Plusieurs semaines où Decathlon AG2R La Mondiale (en partenariat avec CMA CGM) ne contrôle plus rien.
Les points de négociation sur la table
Mi-août. Les discussions s’ouvrent. Seixas, son entourage, Serieys. Autour d’une table, quelque part. Les points de négociation sont connus: durée (plusieurs années?), salaire (combien pour un Top 5 UCI de 19 ans?), garanties (quelle équipe autour de lui? Quels objectifs partagés?).
La durée du contrat sera le premier champ de bataille. Decathlon veut sécuriser sur le long terme. Seixas, lui, peut préférer un contrat plus court pour renégocier vite si ses résultats continuent d’exploser. Le salaire suivra la même logique: l’équipe proposera un montant ambitieux, mais peut-elle rivaliser avec les offres d’UAE ou Visma? Enfin, les garanties. Seixas voudra savoir qui seront ces quatre ou cinq recrues - quels coureurs rouleront pour lui sur le Tour 2027, quelle marge de manœuvre il aura sur le calendrier. Début septembre, une annonce. Ou pas. Si les discussions traînent, ce sera mauvais signe.
Le test de crédibilité
Decathlon AG2R La Mondiale (en partenariat avec CMA CGM) a déjà perdu trop de talents par le passé. Seixas sera le test. Le test de la nouvelle ère. Le test de la crédibilité. Si l’équipe le garde, elle prouve qu’elle peut rivaliser avec les géants. Si elle le perd, elle redevient un tremplin. Rien de plus.
Serieys affiche sa confiance dans l’avenir du coureur au sein de l’équipe. Phrase de patron sûr de son coup. Ou phrase de patron qui bluffe. La saison 2026 a montré que Seixas peut déjà tout gagner. La question n’est plus « peut-il » mais « avec qui ».
Seixas, lui, ne dit rien. Il roule. Il gagne. Il écoute. À 19 ans - il a le luxe du choix. Et Decathlon a deux mois pour le convaincre que ce choix, c’est eux.