Pays-Bas : les prix des logements ralentissent mais restent élevés
Malgré une offre record au deuxième trimestre 2026, la pénurie structurelle de logements maintient la pression sur le marché immobilier néerlandais
Le marché immobilier néerlandais montre des signes de rééquilibrage cet été. Si les prix continuent de grimper, avec une hausse de 4 % en juin par rapport à l'année précédente, le rythme ralentit sous l'effet d'une offre record de biens mis en vente.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Le prix moyen d'un logement existant atteint 496 235 euros en juin 2026, en hausse de 4 % sur un an selon le CBS et le Kadaster.
- Un record de 56 700 logements mis en vente au deuxième trimestre 2026, du jamais-vu depuis 1995 selon la NVM.
- L'afflux de biens provient de propriétaires-bailleurs qui cèdent leurs logements locatifs suite au durcissement des régulations.
- Amsterdam enregistre une hausse limitée à 0,8 %, tandis que d'autres provinces comme Groningen affichent des croissances plus marquées.
- Les experts estiment que cette détente est temporaire, la pénurie structurelle de logements restant préoccupante.
Le marché immobilier néerlandais affiche un prix moyen de 506 000 euros pour un logement existant au deuxième trimestre 2026, selon les chiffres du CBS et du Kadaster. Cette hausse de 2,1 % sur un an marque toutefois un ralentissement notable par rapport aux années précédentes, où les prix flambaient à un rythme bien supérieur.
Ce ralentissement s’explique par une offre exceptionnelle : entre avril et juin 2026, 56 700 logements ont été mis en vente aux Pays-Bas, un record absolu depuis 1995, selon l’association des agents immobiliers NVM. Cette affluence de biens disponibles a permis aux acheteurs de retrouver un peu de marge de négociation.
Propriétaires-bailleurs à l’origine de l’afflux
L’afflux massif de logements sur le marché provient en grande partie de propriétaires-bailleurs qui cèdent leurs biens locatifs. Ce mouvement fait suite au durcissement des régulations locatives imposées par les autorités néerlandaises ces derniers mois, qui ont rendu moins attractif l’investissement dans la location privée.
Les ventes de logements ont progressé de 6,6 % au deuxième trimestre 2026 par rapport à la même période de l’année précédente, selon la NVM. Cette dynamique traduit une activité soutenue, mais ne suffit pas à absorber la demande accumulée des dernières années.
Disparités régionales marquées
Les prix n’évoluent pas de façon uniforme sur l’ensemble du territoire. Amsterdam, historiquement sous tension, enregistre une baisse de 2,9 % selon DutchNews.nl. À l’inverse, des provinces comme Groningen affichent des hausses plus dynamiques, reflétant des écarts régionaux croissants.
Ces disparités témoignent d’un rééquilibrage entre zones urbaines saturées et territoires périphériques ou moins denses, où la demande commence à se reporter.
Contexte aux Pays-Bas
Les Pays-Bas comptent environ 18,4 millions d’habitants et souffrent d’une pénurie structurelle de logements qui perdure depuis plusieurs années. Le pays fait face à un déficit chronique de construction de nouveaux logements, tandis que la pression démographique et l’immigration maintiennent une demande soutenue.
Le secteur locatif social est particulièrement sous pression, avec la vente progressive de nombreux logements sociaux, ce qui réduit encore l’offre accessible aux ménages modestes et aux primo-accédants. Les autorités néerlandaises ont tenté de réguler le marché locatif privé pour protéger les locataires, mais cette politique a poussé de nombreux propriétaires à vendre leurs biens.
Une détente temporaire selon les experts
Lana Goutsmits-Gerssen, experte de la NVM, estime que cette détente du marché reste temporaire. La pénurie structurelle de logements demeure préoccupante, notamment pour les jeunes ménages et les familles qui peinent à accéder à la propriété.
Les observateurs soulignent que tant que la construction de nouveaux logements ne rattrapera pas le retard accumulé, le marché restera sous tension. Les changements temporaires de l’offre ne résolvent pas le problème de fond.
Les prochains mois permettront de voir si cet afflux de biens disponibles se maintient ou s’il s’agit d’un phénomène ponctuel lié aux ajustements réglementaires du secteur locatif.