Peaky Blinders L’Immortel : un film qui divise la critique française
Disponible sur Netflix depuis le 20 mars, le film de 1h52 clôt la saga Tommy Shelby après 12 ans. Les avis oscillent entre éloge et déception.
Le film Peaky Blinders : L'Immortel, réalisé par Tom Harper et écrit par Steven Knight, est disponible sur Netflix depuis le 20 mars 2026. Cillian Murphy reprend le rôle de Tommy Shelby dans un épilogue de 1h52 situé en 1940. La critique française salue quasi unanimement la performance de l'acteur, mais se divise sur la densité du scénario. Un schéma que les films-conclusions de séries reproduisent avec une régularité troublante.
- Le film Peaky Blinders : L'Immortel (1h52) est disponible sur Netflix depuis le 20 mars 2026, après une courte sortie en salles (PureBreak, Le Parisien)
- La critique française salue unanimement Cillian Murphy mais se divise sur le scénario, le Journal du Geek estimant que le film 'sonne creux' (Journal du Geek, Ecran Large, Le Parisien)
- Le film révèle que Tommy a tué Arthur, dont l'interprète Paul Anderson était absent pour raisons judiciaires (PureBreak)
- Netflix et la BBC ont commandé deux saisons d'un spin-off nouvelle génération (Le Parisien)
- Le Monde inscrit le film dans la lignée des films-conclusions de séries (Serenity, Deadwood), un format qui peine historiquement à convaincre pleinement (Le Monde)
Tommy Shelby revient. Pas en fanfare, pas en conquérant. En fantôme. Le film Peaky Blinders : L’Immortel débarque sur Netflix après une courte sortie en salles, et la question que tout le monde se pose tient en cinq mots : est-ce à la hauteur de la série ?
Réponse courte : ça dépend de qui vous lisez.
Cillian Murphy, seul contre tous (et c’est presque suffisant)
Sur un point, la presse française est unanime. Cillian Murphy porte ce film comme Atlas portait le monde, quitte à se voûter sous le poids. Ecran Large parle de « sa meilleure performance dans le rôle », un acteur « au sommet de son art » qui « parvient à retranscrire la fatigue d’un homme qui a trop vécu, trop tué, trop perdu ». Télérama résume d’une formule : « Cillian Murphy transpire la classe, comme toujours. » Le Parisien le qualifie de « magistral ». Bref, sur Murphy, zéro débat.
Le problème commence après.
Un consensus mou, symptôme du « film de série »
Côté chiffres, le film dure 1h52. Six saisons, 36 épisodes, 12 ans de saga compressés dans un épilogue unique. L’intrigue, située en 1940, projette Tommy dans un complot nazi de faux billets visant à déstabiliser l’économie britannique, comme le détaillent Le Parisien et Numerama. Barry Keoghan reprend le rôle de Duke, le fils de Tommy Shelby. Tim Roth incarne John Beckett, un agent nazi cherchant à déstabiliser le Royaume-Uni. Rebecca Ferguson joue une gitane qui tire Tommy de son exil. Le casting est sans conteste solide.
Et puis il y a le scénario. Le Parisien juge l’ensemble « solide » mais concède que « la fin de la série aurait pu se suffire à elle-même ». Formule polie pour dire : ce n’était pas indispensable. Ecran Large est plus enthousiaste, saluant le « glissement de genre » de la fresque de gangsters vers le thriller d’espionnage. Le Journal du Geek, lui, ne prend pas de gants : le film « sonne particulièrement creux et étrangement vide » et « restera sûrement davantage en mémoire que son film conclusif », écrivent-ils à propos de la série. Aïe.
Ce qui se dessine, c’est un baromètre critique à double tranchant. D’un côté, les médias qui voient le verre à moitié plein (performance de Murphy, esthétique intacte, bande originale avec les Fontaines D.C. et un Red Right Hand réarrangé de Nick Cave). De l’autre, ceux qui pointent un scénario en deçà de ce que la série avait construit en l’espace de douze ans.
Le sort d’Arthur, entre drame narratif et réalité judiciaire
Le film réserve une révélation brutale : Tommy a tué son propre frère Arthur. Pas à l’écran. Hors caméra. D’après PureBreak, l’absence de Paul Anderson s’explique par ses problèmes judiciaires , l’acteur avait été arrêté le 26 décembre avec du crack et d’autres stupéfiants en sa possession, et faisait face à des accusations de violences. « Il était important de laisser l’acteur reprendre sa vie en main, plutôt que de le faire revenir à l’écran », précise le site.
Anderson, lui, prend la chose avec une élégance surprenante. « Je trouve que c’est excellent. C’est vraiment quelque chose de très puissant à mettre en scène », confie-t-il à LAD Bible, relayé par PureBreak. Et d’ajouter, avec une lucidité désarmante : « Arthur pouvait être mauvais parfois. Il n’était pas toujours sympa avec les autres. Mais les gens l’aimaient. » C’est cruel. Mais c’est juste.
Le syndrome du film-épitaphe : un schéma qui se répète
Ce qui change tout dans la lecture de ce film, c’est le contexte. Le Monde pose la bonne question dès l’ouverture de sa critique : « Qu’est-ce qui justifie une résurrection ? » Le quotidien trace une filiation directe avec Serenity (2005) et Deadwood, le film (2019), deux longs-métrages venus conclure des séries interrompues. La comparaison est pertinente, et le pattern toujours le même : on salue l’acteur principal, on regrette que le scénario ne tienne pas la distance du format sériel, on conclut que « c’était bien mais pas indispensable ».
Quatre ans séparent la fin de la série (2022) du film (2026), le même intervalle qu’entre la fin de Breaking Bad (2013) et El Camino (2019). Le résultat est souvent identique : un accueil poli, des fans rassasiés mais pas bouleversés, et la certitude diffuse qu’une série se termine mieux en série qu’en film.
Et après ? Deux saisons de spin-off déjà commandées
« Je n’ai jamais été un père, j’étais une forme de gouvernement », lâche Tommy Shelby dans le film, d’après Numerama. La réplique est belle, presque trop. Elle résume pourtant bien l’ambiguïté de cet épilogue : un personnage qui sait qu’il doit partir mais dont la franchise, elle, refuse de mourir.
Netflix et la BBC ont commandé deux saisons d’un spin-off autour d’une nouvelle génération, comme le confirme Le Parisien. Ni le casting, ni le showrunner, ni la date de diffusion ne sont connus à ce stade. Ce qu’on sait : Steven Knight reste aux commandes de l’univers. Ce qu’on ignore : si cet univers peut survivre sans Cillian Murphy. Ça, c’est la vraie question que personne dans la presse ne semble vouloir poser frontalement.
En attendant, L’Éclaireur Fnac rapporte que Knight recommande trois épisodes pour les novices avant de se lancer : le pilote, le final de la saison 2 et le dernier épisode de la série. Trois portes d’entrée pour 36 épisodes. On appréciera le ratio.
Sources
- Le Monde (19 mars 2026) - https://www.lemonde.fr/culture/article/2026/03/19/peaky-blinders-l-immortel-sur-netflix-le-dernier-couplet-de-la-ballade-de-tommy-shelby_6672432_3246.html
- Le Parisien (20 mars 2026) - https://www.leparisien.fr/culture-loisirs/cinema/peaky-blinders-limmortel-sur-netflix-que-vaut-le-film-qui-vient-conclure-la-serie-20-03-2026-H7LIBAR7INFAJGOHG7DKA6UFMQ.php
- Télérama (20 mars 2026) - https://www.telerama.fr/cinema/peaky-blinders-l-immortel-sur-netflix-les-adieux-de-tommy-shelby-dans-un-film-crepusculaire-1035_cri-7043428.php
- Ecran Large (20 mars 2026) - https://www.ecranlarge.com/films/critique/peaky-blinders-immortel-critique-netflix-fin-serie
- Journal du Geek (19 mars 2026) - https://www.journaldugeek.com/critique/critique-peaky-blinders-limmortel-une-conclusion-indigne-de-la-serie/
- Numerama (20 mars 2026) - https://www.numerama.com/pop-culture/2213677-peaky-blinders-limmortel-tommy-shelby-est-de-retour-en-forme-pour-combattre-ses-demons-et-les-nazis.html
- PureBreak (20 mars 2026) - https://www.purebreak.com/news/peaky-blinders-pourtant-adore-des-fans-ce-personnage-est-sacrifie-dans-le-film-son-acteur-donne-son-avis-sur-sa-fin/256106
- L'Éclaireur Fnac (20 mars 2026) - https://leclaireur.fnac.com/article/663222-peaky-blinders-peut-on-voir-le-film-sans-avoir-vu-la-serie/