Pêche illégale en Guyane : 25 tonnes de vivaneau saisies sur trois navires vénézuéliens
Le patrouilleur La Résolue a intercepté trois ligneurs au large de Kourou dans la nuit du 28 au 29 avril 2026
Les Forces Armées en Guyane ont saisi plus de 25 tonnes de vivaneau à bord de trois navires battant pavillon vénézuélien, dans la nuit du 28 au 29 avril 2026. L'opération, conduite par le patrouilleur Antilles-Guyane La Résolue sous l'autorité du Préfet, confirme la persistance de la pêche illégale dans les eaux territoriales françaises.
Les Forces Armées en Guyane ont intercepté trois navires de pêche vénézuéliens au large de Kourou dans la nuit du 28 au 29 avril 2026. Le bilan : plus de 25 tonnes de vivaneau saisies, ainsi que du matériel de pêche et de conservation. L’opération, menée par le patrouilleur Antilles-Guyane La Résolue sous l’autorité du Préfet de la Guyane, s’inscrit dans un effort de surveillance continu des eaux françaises.
L’essentiel
- Plus de 25 tonnes : de vivaneau saisies à bord de trois navires vénézuéliens dans la nuit du 28 au 29 avril 2026 au large de Kourou.
- Patrouilleur La Résolue : navire des Forces Armées en Guyane ayant conduit l’interception, sous autorité du Préfet de la Guyane.
- Matériel confisqué : lignes, hameçons, panneaux de cale et glace de conservation saisis en complément des poissons.
- Contexte : la pêche illégale étrangère en Guyane a doublé en douze ans, selon Mediapart (septembre 2024).
- Précédent : en octobre 2024, une opération similaire du même patrouilleur avait abouti à 27,8 tonnes saisies.
Une interception au large de Kourou
Le Préfet de la Guyane a annoncé l’opération via son compte officiel sur X. Trois navires battant pavillon du Venezuela ont été contrôlés et immobilisés. Leur cargaison - du vivaneau, espèce à forte valeur commerciale - a été intégralement saisie.
Au-delà du poisson, les équipes ont confisqué lignes et hameçons, panneaux de cale des embarcations et stocks de glace servant à la conservation à bord, selon la préfecture de la Guyane. Ces saisies visent à désarmer les navires et à limiter leur capacité à reprendre rapidement l’activité.
Un fléau documenté, en hausse depuis douze ans
La pêche illégale étrangère dans les eaux guyanaises a doublé en douze ans, selon une enquête de Mediapart publiée en septembre 2024. De 2019 à 2023, jusqu’à 34 ligneurs vénézuéliens ont été observés chaque année en activité illicite dans la zone économique exclusive française, d’après les données de l’Ifremer corroborées par un rapport WWF.
Ce phénomène pèse directement sur un secteur local fragile. Selon un rapport du Sénat publié début 2025, la filière pêche guyanaise ne compte que 35 entreprises et 277 salariés. Elle dépend par ailleurs de 45 navires vénézuéliens titulaires de licences délivrées par l’Union européenne - une situation paradoxale face à la pression illégale exercée par d’autres bâtiments du même pavillon.
La Résolue, un outil régulièrement engagé
Le patrouilleur Antilles-Guyane La Résolue est l’un des principaux instruments de la surveillance maritime en Guyane. En octobre 2024, il avait saisi 27,8 tonnes de poissons issus de pêche illégale lors d’une opération comparable, dont 583 kg de vessies natatoires à forte valeur sur les marchés asiatiques, selon le rapport sénatorial et le ministère des Armées.
En mars 2026, le même bâtiment avait intercepté un navire brésilien au large de Mana, pour une saisie de 4,2 tonnes. La Marine nationale avait alors communiqué l’opération sur X :
La préfecture de la Guyane souligne que « les services de l’État maintiennent une surveillance constante et une pression continue » dans les eaux françaises. Les opérations se multiplient, mais aucune prochaine étape judiciaire n’a été précisée publiquement à ce stade concernant les équipages des trois navires interceptés fin avril.
Contexte dans la Guyane
La Guyane (973) dispose d’une zone économique exclusive (ZEE) de près de 130 000 km², l’une des plus vastes des territoires français d’Amérique du Sud. Sa façade Atlantique, riche en ressources halieutiques, attire régulièrement des pêcheurs clandestins en provenance du Venezuela et du Brésil, deux pays frontaliers.
La proximité géographique et la perméabilité des frontières maritimes compliquent la surveillance. Les opérations de saisie de grande ampleur mobilisent régulièrement des moyens militaires faute d’effectifs suffisants pour une présence permanente sur l’ensemble de la ZEE. Le secteur de la pêche légale guyanaise, concurrencé par ces pratiques illicites, réclame depuis plusieurs années un renforcement des moyens de contrôle.
L’économie locale reste dépendante des ressources naturelles : pêche, forêt, orpaillage. La pêche illégale, comme d’autres formes de criminalité transfrontalière qui touchent l’Outre-mer, fragilise à la fois les écosystèmes marins et les filières économiques formelles du territoire.
La préfecture n’a pas communiqué sur d’éventuelles suites judiciaires pour les équipages des trois navires. Le sort des 25 tonnes saisies - destruction ou redistribution - n’a pas non plus été précisé dans les communications officielles disponibles à ce jour.
Sources
- Préfet de la Guyane (@Prefet973) : Tweet officiel — opération La Résolue, pêche illégale Guyane
- Franceinfo La 1ère : Pêche illégale en Guyane : 25 tonnes de vivaneau saisies, une pression croissante sur la ressource
- Le Marin / Ouest-France : Pêche illégale : 25 tonnes de vivaneau saisies au large de la Guyane
- Mediapart : La pêche illégale étrangère a doublé en Guyane depuis douze ans