Mads Pedersen consolide son maillot vert sur le Tour de France
Le Danois remporte le sprint de Lacapelle-del-Fraisse malgré une crevaison et vise les deux prochaines arrivées avant la montagne
Après dix étapes, le Danois de Lidl-Trek compte 54 points d'avance sur Biniam Girmay. Les deux prochaines étapes plates sont décisives avant l'entrée en montagne.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Pedersen totalise 293 points, 54 de plus que Girmay et 80 de plus que Merlier
- Les deux prochaines étapes offrent chacune 70 points à l'arrivée, soit 140 au total
- Pedersen adopte une stratégie de régularité pour compenser un déficit de vitesse pure face aux sprinteurs
- Lidl-Trek contrôle tactiquement le peloton pour positionner Pedersen aux sprints intermédiaires
Lacapelle-del-Fraisse, 14 juillet, onze heures du matin. Le peloton file à 45 km/h sous un soleil de plomb. À l’avant, six coureurs de Lidl-Trek en bleu et blanc imposent un rythme soutenu. Derrière, Mads Pedersen attend, mains sur les cocottes. Maintenant il vise le sprint intermédiaire.
Il franchit la ligne en tête. 25 points de plus. Le Danois lève le bras droit, pas vraiment un geste de victoire. Plutôt un constat: le maillot vert reste sur ses épaules. Et l’écart vient de se creuser.
Une avance confortable mais pas définitive
Après dix étapes, Pedersen totalise 293 points. Girmay - son dauphin, en compte 239. Écart: 54 points. Tim Merlier - troisième, est à 213 - soit 80 points de retard. Le podium provisoire du maillot vert tient dans ces trois noms.
Pedersen le sait: les cinq premiers du classement sont ses principaux rivaux. Pas seulement Girmay et Merlier. Il compte sur ses doigts: « On aborde deux jours où l’on peut engranger jusqu’à 70 points à l’arrivée, et ça compte beaucoup ». Les étapes 11 et 12, deux sprints plats, 70 points maximum chacune. Après, c’est la montagne. Là où les sprinteurs lâchent prise, et où les grimpeurs ne marquent rien au classement par points.
La machine Lidl-Trek en mode contrôle
Lidl-Trek contrôle ce Tour sans gagner d’étapes. Six équipiers en bleu et blanc qui roulent pour un maillot vert, c’est un pari tactique rare. La plupart des équipes cherchent des victoires d’étape. Lidl-Trek cherche 293 points.
Sur l’étape 10, la stratégie a fonctionné parfaitement. L’équipe a imposé un tempo élevé avant le sprint intermédiaire - gênant les rivaux dans leur positionnement. Résultat: Pedersen franchit la ligne en tête. Ce contrôle tactique compense ce que Pedersen ne peut pas faire seul: battre les sprinteurs purs à l’arrivée.
Le calcul est simple. Pedersen totalisait 268 points avant l’étape 10. Il en a pris 25 au sprint intermédiaire. C’est ça, la machine Lidl-Trek: gratter partout où les autres ne regardent pas.
Stratégie de régularité contre vitesse pure
Pedersen ne se fait pas d’illusions. Les sprints massifs, « pas sa tasse de thé ». Il l’admet: il n’est « pas assez bon dans les sprints massifs » face à des sprinteurs comme Jasper Philipsen ou Merlier. Sa stratégie: gratter des points partout. Sprints intermédiaires, arrivées au sprint où il limite les dégâts - régularité. Il compense un déficit de vitesse pure par la constance.
Mais alors, comment viser 70 points à l’arrivée sur les étapes 11 et 12 quand on admet ne pas être assez rapide? Pedersen ne cherche pas à gagner. Il cherche à finir dans les dix premiers. Septième ou huitième rapporte encore des points. Et si Girmay ou Merlier gagnent, mais que Pedersen termine cinquième, l’écart ne fond que de quelques unités. C’est ça, le « contrôle des dégâts ». Pas glorieux. Mais efficace.
Girmay et Merlier au pied du mur
Cinquante-quatre points. Pour Girmay - c’est récupérable. Pour Merlier - avec 80 points de retard - c’est plus compliqué. Mais les deux sont au pied du mur. Les étapes 11 et 12 sont leurs dernières cartouches avant la montagne.
Girmay doit gagner. Une victoire d’étape rapporte 70 points. Si Pedersen termine dixième, il marque encore quelques points, ce qui réduit fortement l’écart. Deux victoires de Girmay avec Pedersen hors du top 10, et le maillot vert change d’épaules. Merlier, lui, doit gagner les deux étapes et espérer que Pedersen craque. Moins probable, mais pas impossible.
Le problème, c’est que Pedersen ne craque pas. Cette résilience-là pèse. Et elle met la pression sur Girmay et Merlier: ils savent que même une victoire d’étape ne suffira peut-être pas si Pedersen termine dans les points.
Deux étapes pour verrouiller, puis le terrain change
Les étapes 11 et 12 sont des opportunités en or. Deux arrivées plates, deux sprints massifs probables, avec jusqu’à 70 points à gagner à chaque étape. Si Pedersen limite les dégâts en finissant dans les dix premiers à chaque fois, et si ses rivaux ne gagnent pas les deux étapes, son avance peut tenir. Si Girmay ou Merlier gagnent les deux, l’écart fond.
Pedersen a déjà remporté le classement par points du Giro et de la Vuelta l’année précédente. Il sait gérer. Il ne cherche pas à gagner des étapes, il cherche à garder le vert. Nuance.
Après la 12e étape, le Tour entre dans les Pyrénées. Là, les sprinteurs lâchent prise, et les points se font rares. Pedersen compte sur ces deux jours pour creuser un écart suffisant. 54 points - c’est confortable. 80 ou 100, ce serait mieux. Il le sait. Girmay et Merlier aussi.
Ce que le classement ne dit pas
Pedersen a remporté le sprint intermédiaire. Cette -là, elle ne figure pas dans le classement par points. Mais elle pèse. Un coureur qui gagne le sprint intermédiaire, c’est un coureur qui ne lâche rien.
Demain, étape 11. Sprint attendu. Pedersen sera là, quelque part dans les quinze premiers. Pas devant. Pas loin non plus. Juste assez près pour que Girmay et Merlier ne creusent pas l’écart. C’est ça, sa course.
Sources
Voir le détail de chaque fait sourcé (3)
« Il devance Biniam Girmay (NSN Cycling Team) de 54 points, ce dernier totalisant 239 points, tandis que Tim Merlier (Soudal Quick-Step) occupe la troisième place avec 213 points. »
letour.fr ↗ ↩
« Lors de la 10e étape, son équipe Lidl-Trek a adopté une stratégie agressive, imposant un rythme soutenu pour gêner ses rivaux pour le maillot vert avant le sprint intermédiaire, ce qui a permis à Pedersen de marquer le maximum de points. »
idlprocycling.com ↗ ↩
« le Danois a 54pts d'avance sur Biniam Girmay et 80 sur Tim Merlier. »
x.com ↗ ↩