Perpignan : Louis Aliot saisit le procureur après un geste interprété comme un salut nazi

Le maire RN de Perpignan annonce saisir la justice après le geste d’une élue d’opposition lors du conseil municipal du 17 juin, tandis que l’intéressée nie toute intention antisémite.

Perpignan : Louis Aliot saisit le procureur après un geste interprété comme un salut nazi
Illustration Jordi Serrat / info.fr

Le 17 juin, l’élue d’opposition Annabelle Brunet a effectué un geste filmé en conseil municipal, interprété comme un salut nazi. Le maire Louis Aliot a annoncé saisir le procureur. L’élue dénonce une diversion.

L’essentiel

  • Fait 1 : Le 17 juin 2026, lors du conseil municipal de Perpignan, l’élue d’opposition Annabelle Brunet a effectué un geste filmé, largement interprété comme un salut nazi.
  • Fait 2 : Le maire RN Louis Aliot a annoncé saisir le procureur de la République, qualifiant le geste d’« inacceptable ».
  • Fait 3 : Annabelle Brunet nie toute intention antisémite et dénonce une « diversion » liée à l’affaire du tatouage SS d’un agent municipal.
  • Fait 4 : La France Insoumise locale a demandé sa démission ; d’autres élus d’opposition condamnent le geste tout en rappelant ses engagements antifascistes.

Ce qui s’est passé

Le mercredi 17 juin 2026, en plein conseil municipal de Perpignan, un incident filmé par les caméras de retransmission municipale a déclenché une polémique. L’élue d’opposition Annabelle Brunet, membre de la liste « Plus forts pour Perpignan » (Place publique / PS / centristes), lève le bras, le ramène vers sa poitrine, puis le tend à nouveau. Ce geste est immédiatement interprété comme un salut nazi par la majorité municipale RN. Selon le site Made in Perpignan, des rires de ses colistiers Yves Guizard et Frédéric Monteil accompagnent la séquence.

Le débat portait sur une délibération conditionnant les subventions associatives à la participation aux cérémonies patriotiques et municipales imposées par la mairie. Ce point avait été longuement discuté : la séance totale a duré plus de cinq heures et demie, dont plus de deux heures trente consacrées à ce seul dossier, d’après le même média.

La réaction de Louis Aliot

Le lendemain, le maire RN Louis Aliot a publié un communiqué officiel sur le site de la mairie. Il y qualifie le geste de « salut nazi » et d’« inacceptable », et annonce saisir le procureur de la République de Perpignan pour que cet acte soit « condamné à la hauteur de ce qu’il mérite ».

La séquence vidéo a été largement relayée sur les réseaux sociaux et reprise par des médias nationaux comme BFM TV et Le Figaro, donnant une ampleur nationale à l’affaire.

La défense d’Annabelle Brunet

Interrogée par France Bleu Occitanie et d’autres médias locaux, Annabelle Brunet a nié toute intention antisémite ou nazie. Elle explique que son geste était un « vote d’opposition » ferme et appuyé contre la délibération sur les subventions. « L’image isolée peut prêter à confusion, mais ma carrière politique démontre mon engagement antifasciste », a-t-elle déclaré. Elle dénonce une « diversion » orchestrée par Louis Aliot pour détourner l’attention de l’affaire du tatouage SS d’un agent municipal, Charles Ifssah-Becuwe, ancien conseiller municipal RN, qui arborait la devise des SS « Mon honneur s’appelle fidélité ». Ce dernier a été écarté par la mairie.

Réactions politiques locales

La France Insoumise locale a immédiatement demandé la démission d’Annabelle Brunet, jugeant son geste « indigne d’un élu ». De son côté, le groupe d’opposition « Perpignan Autrement » a qualifié le geste de « stupidité condamnable », tout en rappelant que l’élue avait des convictions antifascistes connues. La majorité RN a dénoncé unanimement ce qu’elle considère comme une provocation.

Contexte dans les Pyrénées-Orientales

Perpignan, préfecture des Pyrénées-Orientales (66), est la plus grande ville du département. La commune est dirigée par le Rassemblement National depuis 2020. Le climat politique local est souvent tendu, marqué par des polémiques liées à l’extrême droite. Cette affaire survient quelques semaines après la révélation du tatouage SS d’un agent municipal, qui avait déjà suscité des tensions. Plusieurs associations et partis de gauche dénoncent une instrumentalisation réciproque.

Prochaine étape

La saisine du procureur est annoncée par le maire. Il reviendra à la justice de qualifier les faits et de décider d’éventuelles poursuites. Annabelle Brunet n’a pas été entendue à ce stade par les enquêteurs.

Jordi
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Sources

Jordi Serrat

Jordi Serrat

Jordi est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Pyrénées-Orientales (66), avec Perpignan pour chef-lieu. Spécialité du département : identite catalane française et AOC banyuls. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Occitanie.

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