Perpignan : un homme de 82 ans avoue partiellement des tags antisémites sur un bar et une maison

Interpellé le 6 mai 2026, un octogénaire a reconnu une partie des faits lors de son audition. Son défèrement était prévu ce 8 mai matin.

Perpignan : un homme de 82 ans avoue partiellement des tags antisémites sur un bar et une maison
Illustration Jordi Serrat / info.fr

À Perpignan, un homme de 82 ans a été placé en garde à vue le 6 mai 2026 après la découverte de tags antisémites sur un bar de la ville et une propriété à Saint-Estève. Lors de sa première audition, il a partiellement reconnu les faits. Son défèrement est prévu ce vendredi 8 mai, selon le procureur de la République.

Dans la nuit du 2 au 3 mai 2026, des étoiles de David ont été tracées à la peinture blanche sur la façade de l’Arena Bar, à Perpignan. Le même soir, un habitant de Saint-Estève, commune limitrophe, retrouvait sa voiture et sa clôture vandalisées de la même manière. Quatre jours plus tard, un octogénaire était interpellé.

L’essentiel

  • Nuit du 2 au 3 mai 2026 : des étoiles de David taguées à la peinture blanche sur la façade de l’Arena Bar à Perpignan et sur la voiture et la clôture d’un habitant de Saint-Estève.
  • 6 mai 2026 : un homme de 82 ans interpellé et placé en garde à vue dans le cadre de l’enquête.
  • Reconnaissance partielle : lors de sa première audition, le suspect a admis une partie des faits reprochés, selon France 3 Occitanie.
  • 8 mai 2026 : défèrement annoncé par le procureur de la République de Perpignan, selon la Ligue de Défense Juive.
  • Deuxième acte en six mois : l’Arena Bar avait déjà été ciblé en décembre 2025, avec des tags au feutre.

Les faits : deux sites visés la même nuit

L’Arena Bar, établissement perpignanais, porte des étoiles de David tracées à la peinture blanche sur sa façade. C’est la deuxième fois en six mois que ce bar est ciblé : en décembre 2025, des tags similaires avaient été réalisés au feutre sur le même bâtiment, selon France 3 Occitanie et le site ici.fr.

La même nuit, à Saint-Estève, un riverain découvrait sa voiture et la clôture de sa propriété souillées des mêmes symboles. Les deux incidents ont fait l’objet d’un signalement et d’une enquête ouverte par les services de police.

La Mairie de Perpignan a réagi rapidement. Sur sa page Facebook officielle, elle a publié une déclaration : « L’antisémitisme, le racisme et toute forme de discrimination n’ont pas leur place dans notre ville. » La mairie ajoutait apporter son soutien à la communauté juive locale et à la gérance de l’Arena Bar.

L’interpellation : un octogénaire en garde à vue

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Le 6 mai 2026, soit trois jours après les faits, les enquêteurs interpellaient un homme de 82 ans. Il était placé en garde à vue dans le cadre de l’enquête pour dégradations à caractère antisémite.

Lors de sa première audition, il a reconnu une partie des faits qui lui sont reprochés, rapporte France 3 Occitanie. La nature exacte de ce qu’il conteste n’a pas été précisée à ce stade par les autorités judiciaires.

Selon la Ligue de Défense Juive, le procureur de la République de Perpignan a annoncé que le suspect serait déféré ce vendredi 8 mai 2026 matin. Les suites judiciaires exactes - convocation, mise en examen ou autre mesure - n’avaient pas encore été précisées au moment de la publication de cet article.

Contexte dans les Pyrénées-Orientales

Les Pyrénées-Orientales ne sont pas à leur premier épisode de ce type. En juillet 2014, une synagogue rue du Castillet à Perpignan avait été taguée, suivie en décembre 2014 d’un commerce perpignanais ciblé de la même manière, selon le Midi Libre et le site ici.fr. Plus récemment, en août 2025, un tombeau familial juif avait été dégradé à Cabestany, commune de l’agglomération perpignanaise, selon une vidéo Dailymotion citée par plusieurs sources locales.

Ces faits s’inscrivent dans un contexte national documenté. En 2025, 1 320 actes antisémites ont été recensés en France, soit 53 % de l’ensemble des actes antireligieux, alors que la population juive représente moins de 1 % de la population française, selon les chiffres publiés par le Service de protection de la communauté juive (SPCJ) et le CRIF.

Pour rappel, Perpignan avait aussi fait l’objet d’une affaire judiciaire impliquant un réseau familial de contrebande de cigarettes entre la France et l’Andorre, signe d’une actualité judiciaire locale dense ces derniers mois.

Un profil inhabituel dans ce type d’affaire

L’âge du suspect - 82 ans - constitue un élément notable. Les affaires d’actes antisémites impliquant des octogénaires restent rares dans les statistiques judiciaires françaises. Les motivations précises de l’intéressé n’ont pas été communiquées par le parquet à ce stade.

Le profil contraste avec les affaires similaires récemment traitées par la justice, comme l’écrou d’un mineur pour homicide volontaire à Sainte-Anne, qui impliquait une toute autre catégorie d’âge. L’instruction permettra de déterminer s’il agissait seul et quelles infractions seront retenues.

La réaction locale : condamnation unanime

Outre la mairie, SOS Racisme avait dénoncé les faits dès les premiers jours, qualifiant les actes d’« inacceptables » sur les réseaux sociaux, selon une publication Facebook relayée par plusieurs médias régionaux.

L’Arena Bar, de son côté, avait réagi publiquement après la découverte des tags. Le titre d’un article de L’Indépendant du 3 mai cite une réaction de la gérance : « Ces actes n’intimident pas. Nous ne tolérerons aucune forme de haine. »

La mobilisation locale autour de ces faits reflète une sensibilité accrue au sujet dans le département, où la communauté juive dispose de plusieurs structures cultuelles et associatives actives.

Prochaines étapes judiciaires

Le défèrement du suspect ce 8 mai 2026 devant le parquet de Perpignan constitue la prochaine étape formelle de la procédure. Les décisions qui en découleront - mise en examen, contrôle judiciaire, ou autre mesure - détermineront la suite de la procédure. Une audience au fond pourrait intervenir dans les semaines ou mois à venir, selon la voie choisie par le parquet.

La question de l’implication éventuelle d’autres personnes dans les faits de Saint-Estève reste, elle aussi, à clarifier dans le cadre de l’enquête.

Sources

Jordi Serrat

Jordi Serrat

Jordi est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Pyrénées-Orientales (66), avec Perpignan pour chef-lieu. Spécialité du département : identite catalane française et AOC banyuls. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Occitanie.

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