Philipsen perplexe face à l’emprise de Pedersen sur le vert
Le Belge accuse un retard de 102 points et cherche son déclic
Jasper Philipsen, vainqueur du maillot vert 2023, est largué. Mads Pedersen mène avec 293 points contre 191 pour le Belge, qui reste « perplexe » face à son manque de vitesse.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Le règlement 2026 favorise les grappilleurs
70 points par étape plate, 25 par sprint intermédiaire : le nouveau barème récompense la régularité. Pedersen l'a compris, Philipsen subit.
Philipsen cherche son déclic depuis dix étapes
Trois sprints groupés, trois résultats moyens (4e, 5e, 5e). Le Belge reste perplexe face à son manque de vitesse de pointe habituelle.
Le maillot vert se joue dans les étapes à bosses
Pedersen combine puissance et capacité à passer les bosses, comme Sagan. Philipsen, sprinteur pur, ne peut jouer que sur les arrivées plates.
102 points d'écart : un gouffre difficile à combler
Après dix étapes, Pedersen mène avec 293 points contre 191 pour Philipsen. Les étapes plates se raréfient, chaque sprint raté devient un regret.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
-
4 juil. 2026
Départ Barcelone
Le Tour 2026 s'élance de Barcelone. Philipsen est le favori numéro un pour le vert, fort de 5 victoires en début de saison.
-
Étape 4
Pedersen fait le trou
Victoire de Pedersen au sprint (50 points). Philipsen lâche dans la montée après avoir pris 20 points au sprint intermédiaire.
-
11 juil. 2026
Philipsen sans victoire
Après trois sprints groupés (4e, 5e, 5e), Philipsen se dit perplexe face à son manque de vitesse de pointe habituelle.
-
14 juil. 2026
Pedersen conforte
Après dix étapes, Pedersen mène avec 293 points et 54 points d'avance sur son dauphin. Philipsen est 4e avec 191 points.
Au 14 juillet - après dix étapes du Tour de France 2026 - Mads Pedersen tient le maillot vert avec 293 points. Jasper Philipsen - lui, pointe à 191 points. Entre les deux: 102 points d’écart - un gouffre dans une bataille qu’on annonçait serrée.
Philipsen était le favori numéro un au départ de Barcelone. Cinq victoires en début de saison - le maillot vert 2023 sur les épaules, un train de sprint mené par Mathieu van der Poel. Sur le papier, il surclasse Pedersen: 99 de vitesse contre 90 pour le Danois selon certaines évaluations. Mais sur la route, les chiffres se moquent du papier.
La stratégie de l’accumulation contre celle de l’explosion
L’emprise de Pedersen sur le maillot vert ne tient pas au hasard. Elle repose sur une lecture méthodique du nouveau règlement 2026: 70 points pour une victoire d’étape plate - 25 points par sprint intermédiaire. Le barème a gonflé les gains, mais a surtout multiplié les occasions de marquer. Pedersen l’a compris avant les autres. Philipsen, lui, reste arc-bouté sur un modèle: tout miser sur l’arrivée.
Dès la quatrième étape, Pedersen a fait le trou. Victoire au sprint - 50 points empochés. Philipsen était dans l’échappée ce jour-là, a pris 20 points au sprint intermédiaire - puis a lâché prise dans la montée qui suivait. Pedersen s’est envolé. Deux jours plus tard, lors de la septième étape à Bordeaux, le Danois termine 9e - mais grappille des points au sprint intermédiaire. « Grappiller le moindre point précieux » - c’est sa méthode. Il a récolté 16 points dans un sprint intermédiaire où Philipsen en prenait 20 - mais la victoire d’étape de Pedersen (50 points) a creusé l’écart décisif.
Philipsen, sprinteur pur, ne joue que la moitié de la partie. Il attend l’arrivée, mise sur van der Poel pour le lancer, explose dans les 200 derniers mètres. Ça lui a valu le vert en 2023 et des victoires d’étapes en 2022, 2023, 2024 et 2025. Mais ce schéma ne fonctionne pas cette année. Le règlement a doublé les sprints intermédiaires. Pedersen les joue tous. Philipsen les sélectionne, et laisse échapper des dizaines de points.
Les sprints où Philipsen cherche sa vitesse
Trois sprints groupés, trois résultats moyens: 4e, 5e, 5e. Au 11 juillet - Philipsen n’avait toujours pas remporté d’étape. Lui-même s’est dit « perplexe quant à son manque de vitesse de pointe habituelle ». Son équipe Alpecin-Premier Tech maintient sa confiance - mais le constat est là: Philipsen ne trouve pas son déclic.
Pedersen a observé Philipsen lâcher un sprint à 87 km/h. Il l’a décrit comme « insensé de s’accrocher à l’extérieur dans un virage comme ça ». Reconnaissance du talent brut de Philipsen, mais aussi constat: la vitesse pure ne suffit pas. Pedersen porte le vert parce qu’il sait où le chercher. « Ces sprints massifs ne sont pas ma tasse de thé » - a-t-il déclaré, « mais je suis assez satisfait du résultat » tant qu’il collecte des points.
Un écart qui se creuse
Les sources divergent sur le total de Pedersen selon les moments du Tour. Au 12 juillet, le Danois comptait 268 points contre 191 pour Philipsen, un écart de 77 points. Deux jours plus tard, au 14 juillet - après la dixième étape - Pedersen affiche 293 points. La différence de 25 points entre les deux dates s’explique par les gains réalisés lors de la dixième étape, où le Danois a conforté son avance de 54 points sur son dauphin.
Biniam Girmay (239 points ) et Tim Merlier (213 points ) sont entre les deux. Philipsen est relégué en quatrième position. Olav Kooij reste cité parmi les favoris, mais c’est un duel à deux. Un duel que Pedersen mène en stratège et que Philipsen subit en sprinteur contrarié.
Le vert se joue dans les étapes que Philipsen n’aime pas
Peter Sagan a remporté sept maillots verts en combinant puissance au sprint et capacité à passer les bosses. Pedersen suit ce modèle. Philipsen, sprinteur pur, se fait piéger par un parcours qui favorise les coureurs complets. Le maillot vert, introduit en 1953 - récompense la régularité autant que l’explosivité. Philipsen a l’explosivité. Pedersen a tout le reste.
Le nouveau règlement a modifié l’équilibre de la compétition. En gonflant les gains sur les étapes plates (70 points ), il semblait favoriser les sprinteurs purs comme Philipsen. Mais en doublant simultanément les sprints intermédiaires (25 points chacun ), il a multiplié les occasions de marquer pour les coureurs capables de tenir dans les étapes à bosses. Pedersen, plus complet, exploite cette faille. Philipsen ne joue que les arrivées, et laisse filer des centaines de points sur les sprints intermédiaires qu’il néglige ou ne peut pas disputer.
La course continue, Philipsen cherche
Philipsen reste perplexe. Son train est là, van der Poel le place bien, mais le déclic ne vient pas. Pedersen, lui, gère. La course file vers les Alpes. Les étapes plates se raréfient. Pour Philipsen, chaque sprint raté devient un regret de plus. Pour Pedersen, chaque point grappillé est une pierre de plus dans la muraille verte.
L’écart de 102 points devient difficile à combler. Le règlement favorise celui qui accumule, pas celui qui attend le grand coup. Pedersen l’a compris. Philipsen le subit. Le maillot vert se dessine déjà. Il est danois.