Plestin-les-Grèves : la mémoire ouvrière retrouve la parole
Historiens et anciens salariés se sont réunis le 17 avril pour retracer l'histoire industrielle du territoire.
Le symposium sur la mémoire ouvrière s'est tenu le 17 avril 2026 à Plestin-les-Grèves. Témoignages d'anciens salariés et interventions d'historiens ont mis en lumière l'évolution des conditions de travail dans l'industrie locale du Finistère.
Plestin-les-Grèves n’est pas la première commune que l’on associe à l’histoire industrielle bretonne. Pourtant, le territoire garde des traces concrètes de cette époque. Le long du Douron, une ancienne briqueterie exploitait la marne de l’estuaire au début du XXe siècle. Le moulin de la Vicomté, lui, a été converti en usine hydroélectrique en 1941 pour électrifier les manoirs environnants, selon Le Télégramme.
Des journées de onze heures sans avantages sociaux
C’est ce patrimoine que le symposium du 17 avril entendait documenter. Les échanges ont porté sur des réalités concrètes. Dans les usines bretonnes de la fin du XIXe siècle, la journée de travail atteignait onze heures en 1888, sans avantages sociaux, rappellent les collections des Champs Libres. La Société linière du Finistère, active de 1845 à 1891, importait des machines anglaises et illustrait déjà les tensions propres à l’industrie naissante. Dans les conserveries du littoral finistérien, les femmes occupaient des postes éprouvants pour des salaires bas.
L’industrialisation bretonne s’est ensuite accélérée dans les années 1960, avec l’essor de l’électronique et de l’agroalimentaire dans un tissu de PME, selon les archives de l’INA. Les mouvements sociaux ont accompagné cette mutation, portant sur les salaires et les conditions de travail.
Prochaine étape : le centre de la mémoire ouvrière
Le débat ne s’arrête pas là. Selon Ouest-France, un centre de la mémoire ouvrière en Finistère, géré par l’association des fondeurs Chappée, ouvrira ses portes au public le 3 mai 2026 pour des visites consacrées à l’histoire industrielle locale. Un prolongement direct de la démarche engagée à Plestin-les-Grèves.