Plourin : le maire retire son soutien au projet éolien, les habitants saisissent la justice
Henri-Marc Payen annonce le 15 juin qu'il ne délivrera aucun permis de construire pour les 4 éoliennes d'InnoVent. Un collectif de plus de 40 riverains se constitue en association et prépare des recours.
Le maire de Plourin (Finistère) a annoncé le 15 juin 2026 son opposition au projet de parc éolien porté par InnoVent, invoquant distances insuffisantes et retombées financières trop faibles. Un collectif d'habitants, réuni le 11 juin, se structure en association et envisage des actions en justice.
L’essentiel
- Revirement municipal : Le maire Henri-Marc Payen annonce le 15 juin 2026 qu’il ne délivrera aucun permis pour le projet de 4 éoliennes porté par InnoVent.
- Mobilisation citoyenne : Plus de 40 habitants se sont réunis le 11 juin 2026 pour créer un collectif anti-éolien, qui se constitue en association.
- Retombées contestées : Les recettes annuelles de 17 000 € pour la commune représentent environ 1,2 % du budget municipal de 1,4 million d’euros.
Le revirement du maire
Le 15 juin 2026, Henri-Marc Payen, nouveau maire de Plourin (Finistère) élu en début d’année sur la liste « Une équipe, un Village », a annoncé son opposition ferme au projet de parc éolien porté par la société InnoVent. « Je ne délivrerai aucun permis de construire », déclare-t-il dans un communiqué relayé par Le Télégramme. Pourtant, le conseil municipal avait donné un avis favorable au projet le 3 novembre 2025, sous l’ancienne mandature.
Payen justifie ce revirement par quatre motifs : des distances jugées insuffisantes entre les éoliennes et les habitations, un terrain communal inadapté, le refus de bail par plusieurs propriétaires fonciers, et des retombées financières trop faibles face aux nuisances. Les recettes annuelles de 17 000 € représentent à peine 1,2 % d’un budget communal de plus de 1,4 million d’euros. « Vous êtes prêt à vendre Plourin pour 17 000 € par an ? », avaient interpellé 70 opposants lors d’une réunion publique antérieure, selon Le Télégramme.
Un collectif citoyen en ordre de bataille
Avant même la décision du maire, plus de 40 habitants se sont réunis le 11 juin 2026 pour structurer un collectif anti-éolien. Selon Le Télégramme, ils ont décidé de se constituer en association et de porter l’affaire devant la justice, dénonçant la proximité des machines (moins de 500 mètres des habitations), l’impact paysager et la saturation énergétique locale - le secteur compte déjà un parc photovoltaïque et une unité de méthanisation.
Le collectif prépare des recours contentieux, s’appuyant sur des précédents locaux. En 2024, le tribunal administratif a annulé un projet éolien à Porspoder, à une vingtaine de kilomètres, en raison de la proximité de menhirs classés. Pour d’autres exemples de mobilisation citoyenne dans l’actualité récente, voir les rassemblements d’opposition à Castres ou le procès en appel à Basse-Terre.
Les motifs du refus
Le projet porté par InnoVent prévoit quatre éoliennes d’une hauteur de mât inférieure à 50 mètres, soumises à un régime d’autorisation simplifié. Elles devaient être implantées près du parc photovoltaïque existant, entre les lieux-dits Lanrinou et Kerizaouen. Dans son analyse, le maire a consulté le sous-préfet de Brest et s’est appuyé sur les retours des habitants. « La majorité municipale est unanime », précise-t-il à Ouest-France.
Les opposants pointent en outre le risque de « mitage » énergétique du territoire, déjà doté de plusieurs installations. « Le Finistère est l’un des départements les plus équipés en éolien terrestre de Bretagne », souligne un habitant membre du collectif, cité par Le Télégramme.
Contexte dans le Finistère
Plourin, commune de 1 268 habitants (INSEE, 2023) et 25,69 km², n’est pas un cas isolé. Le Finistère compte plusieurs projets éoliens contestés, notamment dans le pays d’Iroise. À Porspoder, un recours judiciaire a abouti à l’annulation d’un projet en 2024 pour non-respect du patrimoine mégalithique. La préfecture du Finistère, compétente pour délivrer les autorisations des éoliennes de moins de 50 mètres, n’a pas encore communiqué sur le dossier plourinois. Selon Le Télégramme, la décision municipale pourrait influencer l’instruction préfectorale, mais elle ne la lie pas juridiquement.
Le sujet divise également au sein du monde agricole : certains exploitants voient dans les loyers éoliens un complément de revenu, tandis que d’autres redoutent l’impact sur les paysages et le tourisme. Le collectif anti-éolien de Plourin espère faire jurisprudence.
Prochaine étape : Le collectif doit officialiser son association dans les prochains jours. La préfecture du Finistère devrait se prononcer sur la demande d’autorisation d’InnoVent d’ici la fin de l’année 2026.
Sources
- Le Télégramme : « Je ne délivrerai aucun permis de construire » : le maire de Plourin s’oppose à son tour au projet d’éolien
- Le Télégramme : À Plourin, le collectif anti-éolien se structure et choisit la voie judiciaire
- Ouest-France : Permis de construire refusé pour le projet de parc éolien : le maire de Plourin détaille les quatre raisons de ce choix
- Mairie de Plourin : Compte-rendu du conseil municipal du 3 novembre 2025

