Pluguffan : vingt ans de couture solidaire sans subventions

L'association Jeux de Tissu recycle les textiles et confectionne des objets pour les familles modestes depuis 2004.

Pluguffan : vingt ans de couture solidaire sans subventions
Illustration Yann Le Goff / info.fr

À Pluguffan, quinze femmes se retrouvent chaque semaine salle du Pouldu pour coudre et recycler des tissus récupérés. L'association Jeux de Tissu a fêté ses vingt ans en novembre 2025, sans jamais solliciter de financement public.

Doudous, bavoirs, tapis, cale-portes : l’association Jeux de Tissu fabrique des objets du quotidien à partir de tissus récupérés. Fondée en 2004, elle regroupe aujourd’hui quinze membres actives, toutes bénévoles, qui se réunissent à la salle 3 du Pouldu à Pluguffan. L’objectif : transmettre des savoir-faire en couture tout en limitant les déchets textiles, selon Le Télégramme.

La présidente Christine Fayolle résume la philosophie du groupe : « Nous avons estimé que nous n’en avions pas besoin », en référence aux subventions publiques. L’association fonctionne donc en totale autonomie. En décembre 2024, en partenariat avec l’ACS Pluguffan, elle a tout de même participé à une collecte solidaire ayant rapporté plus de 3 800 euros, selon le magazine municipal Plugumag.

Un contexte textile sous tension

L’initiative locale s’inscrit dans un contexte difficile pour la filière. En 2025, les structures de réemploi textile du Finistère signalent une saturation due à l’afflux de dons, comme le rapporte France 3 Bretagne. À l’échelle nationale, le député Hugo Clément l’a résumé sur X :

Le Relais, réseau national de collecte, a de son côté suspendu ses activités faute de financements suffisants, avec 3 000 emplois menacés dont 200 en Bretagne, selon la députée Mathilde Hignet.

Dans ce contexte, le modèle discret de Jeux de Tissu - fabrication locale, petite échelle, zéro subvention - fait figure d’exception durable à Pluguffan.

Sources

Yann Le Goff

Yann Le Goff

Installé à Quimper, couvre la pêche, l'agroalimentaire breton, les tensions sur la langue bretonne et les fermetures de lignes ferroviaires. Diplômé de Sciences Po Rennes, il a travaillé en radio locale avant de rejoindre la rédaction web. Posture : connaître les armateurs, les coopératives laitières, les associations culturelles, vérifier chaque subvention publique avant de conclure.

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