Tadej Pogačar peut-il battre le record de victoires d’étapes de Mark Cavendish sur le Tour de France ?
Le Slovène cumule 24 étapes gagnées sur le Tour. À 27 ans, il pourrait égaler les 35 succès du sprinteur britannique dès 2028.
Avec 24 victoires d'étapes au 14 juillet 2026, le Slovène est à 11 succès du record absolu de Mark Cavendish (35). À son rythme actuel de 3,5 étapes par Tour, il pourrait égaler le Britannique dès 2028.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Un record à portée de main
Pogačar est à 11 victoires du record absolu de Cavendish (35 étapes). À son rythme actuel de 3,5 succès par Tour, il peut l'égaler dès 2028.
Polyvalence contre spécialisation
Cavendish était un sprinteur pur, Pogačar gagne sur tous les terrains. Cette polyvalence lui ouvre des opportunités que le Britannique n'avait pas.
Le poids de la domination
Pogačar vise le classement général à chaque Tour, contrairement à Cavendish qui lâchait prise en montagne. Cette stratégie totale use le corps : 3,5 victoires par Tour exigent trois semaines au maximum, année après année. Le risque de blessure et la fatigue accumulée pourraient compromettre la poursuite du record.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Tadej Pogačar compte 24 victoires d'étapes sur le Tour de France au 14 juillet 2026
- Il lui manque 11 étapes pour égaler le record absolu de Mark Cavendish (35 succès)
- Pogačar gagne en moyenne 3,5 étapes par Tour, contre 15 participations pour Cavendish
- Les analystes estiment que battre le record est « clairement réalisable » d'ici 2028
Sur la route de la 10e étape du Tour 2026, Tadej Pogačar franchit la ligne en solitaire. C’est sa 24e victoire d’étape sur la Grande Boucle. Il a 27 ans. Mark Cavendish en a accumulé 35 en 15 participations. Le Slovène en est à sa septième édition. Le record n’a jamais été aussi proche.
Le 3 juillet 2024, à Saint-Vulbas, Cavendish explose le record d’Eddy Merckx qui tenait depuis 1975. Le Britannique gagne sa 35e étape - puis raccroche en novembre 2024. Le compteur est figé. Derrière lui, Merckx et ses 34 succès. Puis Bernard Hinault avec 28 victoires - André Leducq avec 25. Pogačar est désormais cinquième de ce classement historique.
Il lui manque 11 étapes pour égaler Cavendish. Les bases de données concordent: Wikipedia et ProCyclingStats affichent toutes deux 24 victoires au 14-15 juillet 2026. Pogačar gagne en moyenne 3,5 étapes par Tour. Cavendish a eu besoin de 15 participations pour poser son record. Le Slovène, lui, carbure à un rythme qui défie toute comparaison historique. En 2024, six étapes gagnées. En 2025, quatre de plus. En 2026, trois succès au 14 juillet. La machine ne ralentit pas.
Un profil de coureur qui change tout
Cavendish était un sprinteur pur. Pogačar est un grimpeur, un rouleur, un puncheur. Il gagne sur tous les terrains. En 2020 et 2021, trois étapes à chaque fois. En 2023, deux victoires. Puis l’accélération: six en 2024 - quatre en 2025. La polyvalence du Slovène lui ouvre des opportunités que Cavendish ne pouvait pas saisir. Les arrivées en montagne, les contre-la-montre, les étapes de transition, tout est prenable.
Les analystes estiment que battre le record est « clairement réalisable ». À quatre victoires par an, Pogačar égale Cavendish en 2029. À cinq ou six étapes annuelles, comme en 2024, il détient le record dès 2028. Il est né en septembre 1998. Il peut courir au plus haut niveau pendant encore six à huit ans. Le calcul est simple.
Merckx, le seul comparable
Eddy Merckx avait posé 34 victoires. Pogačar en est à sept Tours pour 24 succès. Le champion belge reste intouchable en termes de cadence pure. Merckx évoluait dans un peloton où la concurrence était moins dense, les équipes moins structurées. Pogačar, lui, affronte des formations entières dédiées à la défense de leur leader. Chaque étape est une bataille tactique.
Cavendish, avec 15 participations - affiche une moyenne de 2,3 victoires par Tour. Moins efficace que Pogačar, mais sur une carrière trois fois plus longue. Le Slovène court entre ces deux modèles: plus rapide que Cavendish, moins explosif que Merckx. La question n’est plus s’il battra le record, mais quand.
Le poids de la domination
Cavendish a construit son record dans un peloton où les sprinteurs régnaient. Pogačar évolue dans un cyclisme où la polyvalence écrase tout. Il gagne des étapes que Cavendish ne disputait même pas. Mais cette domination a un coût physique. Pogačar vise le classement général à chaque Tour. Il enchaîne montagne, contre-la-montre, étapes de plaine. Cavendish lâchait prise en montagne pour se préserver. Le Slovène, lui, ne lâche jamais.
Une moyenne de 3,5 victoires par Tour implique d’être au maximum de sa forme pendant trois semaines consécutives, année après année. Le risque de blessure augmente. La fatigue s’accumule. Aucun coureur dans l’histoire moderne n’a maintenu ce niveau de sollicitation au-delà de huit ou neuf saisons. Pogačar en est à sa septième. Les deux prochaines années seront déterminantes. S’il tient le rythme jusqu’en 2028 - le record tombe. Mais le corps a ses limites.
Le calendrier joue pour lui
Le Tour 2026 file vers sa conclusion. Onze étapes restent à disputer après le 14 juillet. Pogačar en a déjà gagné trois. S’il en prend deux de plus d’ici Paris, il termine l’édition avec cinq succès. Total: 26 victoires. Reste neuf étapes à grappiller sur les prochaines années pour égaler Cavendish. À ce rythme, le record tombe en 2028.
Mais rien n’est garanti. Une blessure, une méforme, une équipe qui change de stratégie. Cavendish a mis quinze ans à bâtir son record. Pogačar veut le faire en dix. Le pari est audacieux. Le chronomètre tourne.