Pogacar envisage la Vuelta après son 5e Tour de France
Le Slovène ne ferme aucune porte pour la fin de saison
Tadej Pogacar, 27 ans, quintuple vainqueur du Tour 2026, laisse la porte ouverte à une participation à la Vuelta en août. Une décision sera prise dans deux semaines.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Triplé historique en jeu
Pogacar pourrait devenir le 9e coureur à remporter les trois Grands Tours. Mais le calendrier est brutal : moins d'un mois entre le Tour et la Vuelta.
Gestion de la fatigue
Après le doublé Giro-Tour, ajouter la Vuelta représente un risque physique majeur. Pogacar temporise et attend de voir comment son corps récupère.
Retour en Espagne
Pogacar n'a plus couru la Vuelta depuis 2019, où il avait terminé 3e et remporté 3 étapes à 20 ans. Un retour sept ans plus tard aurait une charge symbolique.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Pogacar ne ferme aucune porte à une participation à la Vuelta 2026, qui démarre le 22 août à Monaco
- Le Slovène attend deux semaines pour décider, en fonction de sa récupération après le Tour
- Il pourrait devenir le 9e coureur de l'histoire à remporter les trois Grands Tours
- Sa dernière participation à la Vuelta remonte à 2019 3e du général et 3 victoires d'étape à 20 ans
- Mauro Gianetti, directeur de UAE, conditionne la participation à une récupération optimale
Pogacar sort de la salle de presse à Nice. Cinq victoires sur le Tour - le maillot jaune encore sur les épaules, et déjà une question: la Vuelta? Il sourit. « Tout est possible » - dit-il. Puis, plus précis: « Je ne ferme aucune porte. La Vuelta est une course que j’apprécie, et si la récupération se passe bien, tout est envisageable ».
Le Slovène n’a plus couru la Vuelta depuis 2019. Cette année-là, il avait 20 ans - terminait 3e du général et gagnait 3 étapes. Quelques années plus tard, il est quintuple champion du Tour - vient de réaliser le doublé Giro-Tour - et se demande s’il peut aller chercher le troisième Grand Tour de la saison.
Une décision dans deux semaines
Pogacar temporise. « Dans deux semaines, je peux encore décider » - précise-t-il. Mauro Gianetti - directeur sportif de UAE Team Emirates - abonde: « Tadej est un compétiteur insatiable. Si la récupération se passe comme prévu et qu’il en ressent l’envie, nous discuterons de la faisabilité. Un tel projet nécessite une préparation millimétrée ».
La Vuelta démarre le 22 août à Monaco - par un contre-la-montre de 9 km. Trois semaines, 21 étapes. Si Pogacar y participe, il deviendrait le 9e coureur de l’histoire à avoir gagné les trois Grands Tours. Mais le calendrier est serré. La Grande Boucle s’est terminée le 27 juillet. Moins d’un mois pour récupérer, retrouver la forme, encaisser encore 3 275 kilomètres.
Le souvenir de 2019
Pogacar garde un bon souvenir de la Vuelta. En 2019 - il y avait révélé son talent au monde. Trois victoires d’étape - un podium - et surtout cette capacité à enchaîner les efforts dans la chaleur espagnole. « La Vuelta est une course que j’apprécie énormément » - a-t-il confié en conférence de presse après son triomphe sur le Tour.
Mais cette année-là, il n’avait pas fait le Tour avant. Aujourd’hui, à 27 ans, après avoir dominé Jonas Vingegaard sur la Grande Boucle, la fatigue est différente. « Je suis conscient que ça peut arriver si on pousse trop loin, c’est aussi pourquoi, juste après le Tour de France, je ne veux pas dire, oui, je vais à la Vuelta ou je vais à toutes les courses. Je dois aussi réfléchir à ça et garder les pieds sur terre ».
Ce que personne ne dit
Pogacar a un contrat avec UAE jusqu’en 2030. La question n’est pas de savoir s’il peut gagner la Vuelta, il le peut. La question est de savoir s’il doit brûler cette cartouche maintenant, ou attendre une année où il ne fera pas le Giro avant. Le doublé Giro-Tour est déjà dans la poche. Le triplé serait historique. Mais à quel prix?
Gianetti a raison: « Un tel projet nécessite une préparation millimétrée ». Or, là, il n’y a pas eu de préparation. Juste un Tour de France enchaîné après un Giro. La Vuelta serait improvisée, opportuniste. Pogacar est un compétiteur. Mais il sait compter.
L’équation fatigue
Les Grands Tours s’enchaînent, mais les jambes ne récupèrent pas à la même vitesse. Pogacar le sait. Il a déjà fait le Giro cette année - puis le Tour. Ajouter la Vuelta, c’est trois semaines de plus à bloc, trois semaines de moins pour préparer la suite. « Après avoir savouré ce cinquième titre, je commence à réfléchir à la suite » - a-t-il dit. Réfléchir, justement. Pas foncer tête baissée.
La décision tombera dans deux semaines. D’ici là, Pogacar va regarder comment son corps récupère. Si les sensations reviennent vite, si l’envie reste là, alors oui, peut-être. Sinon, il attendra. Le Tour d’Espagne ne va nulle part. Il sera encore là les années suivantes. Pogacar, lui, a le temps.
Pour l’instant, il savoure son cinquième Tour. Le reste viendra. Ou pas.