Pogacar frôle la chute à cause d’un bidon : « Je me voyais déjà par terre »
Le maillot jaune a failli perdre le guidon à 55 km/h sur l'étape la plus rapide de l'histoire du Tour
Un bidon au milieu de la route, une roue avant qui dérape, et Tadej Pogacar se voit déjà au sol. Le Slovène a frôlé la catastrophe sur l'étape 11, mercredi, à 55 km/h.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
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1er avr. 2021
Règles UCI sur les bidons
L'UCI interdit le jet de bidons hors zones de collecte pour améliorer la sécurité
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2020
Chute de Geraint Thomas
Thomas percute un bidon au Giro, fracture du bassin, abandon
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1999
Record de vitesse à Blois
Précédent record à 50,356 km/h, tenu pendant 27 ans
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15 juil. 2026
Incident Pogacar
Le maillot jaune percute un bidon à 55 km/h, frôle la catastrophe
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15 juil. 2026
Nouveau record historique
Étape 11 : 50,91 km/h de moyenne, la plus rapide de l'histoire du Tour
Vichy-Nevers, le mercredi 15 juillet 2026. Le peloton file à 55 km/h. Pogacar est dans le ventre du groupe, protégé par ses équipiers UAE. Un bidon traîne sur l’asphalte. Sa roue avant le percute.
« Je me suis complètement chié dessus. Je me voyais déjà par terre! » dira-t-il quelques heures plus tard au micro de France 2. La formule est crue, l’image nette: le maillot jaune a vu sa saison basculer en une fraction de seconde. Il raconte: « Il y avait un bidon au milieu de la route et j’ai failli lâcher le guidon. On était à 55 km/h. Et là, si je chute, il se peut que le Tour soit fini. »
L’étape 11 est entrée dans l’histoire ce mercredi pour une autre raison: c’est la plus rapide jamais enregistrée sur la Grande Boucle. Moyenne: 50,91 km/h sur 161,3 kilomètres. Le précédent record tenait depuis 27 ans, 50,356 km/h à Blois en 1999. Une course folle, un sprint permanent, et au milieu, un bidon.
Pogacar conserve son maillot jaune avec 3 minutes et 36 secondes d’avance sur Jonas Vingegaard - son dauphin au classement. L’étape a été remportée par Soren Waerenskjold. Mais personne ne parle du sprint final. Tout le monde parle du bidon.
Le précédent Thomas: fracture et abandon
Les bidons qui traînent, ce n’est pas nouveau. Mais celui-ci aurait pu coûter le Tour au double tenant du titre. On se souvient de Geraint Thomas lors du Tour d’Italie 2020: il percute un bidon, chute, fracture du bassin, abandon. L’incident met fin à sa course en quelques secondes. Pogacar le sait. Mauro Giannetti - confirme que tout le staff a eu « une immense frayeur ».
Le cas Thomas illustre la violence de ces accidents. À 50 km/h et plus, un bidon de 600 grammes devient un projectile. La roue avant qui dérape, le guidon qui part, et le coureur se retrouve au sol avec le peloton qui arrive derrière. Les conséquences vont de la simple contusion à la fracture grave, parfois l’abandon immédiat. Dans un peloton compact lancé à pleine vitesse, une chute individuelle peut déclencher une réaction en chaîne et coucher des dizaines de coureurs.
L’UCI a pourtant durci les règles depuis le 1er avril 2021: interdiction de jeter les bidons en dehors des zones de collecte désignées. Objectif: sécurité et environnement. Mais les bidons continuent de traîner. Soit ils tombent des porte-bidons dans les bosses, soit ils sont jetés malgré l’interdiction, soit ils glissent des mains des soigneurs dans les ravitaillements. Résultat: des projectiles de 600 grammes à 55 km/h sous les roues du peloton.
Le paradoxe du leader: plus d’avance, plus de pression
Pogacar roule avec 3’36 » d’avance - une marge confortable que peu de coureurs ont possédée à mi-Tour. Pourtant, il a « la peur de sa vie » sur une étape plate, sans enjeu tactique, sans attaque adverse. Le paradoxe est là: plus l’avance est grande, plus la pression monte.
La mécanique est simple. À trois minutes et demie de son dauphin, Pogacar n’a plus besoin de gagner des étapes. Il doit juste finir le Tour debout. Chaque kilomètre parcouru sans incident rapproche la victoire finale. Mais chaque bidon, chaque virage mouillé, chaque bordure devient une menace existentielle. « Il y a toujours quelque chose à perdre » - lâche-t-il. Une chute, et trois semaines de domination s’évaporent. Vingegaard n’a même pas besoin d’attaquer, il suffit d’un bidon mal placé pour que le classement bascule.
C’est l’inverse du coureur en retard, qui peut prendre tous les risques dans une descente ou un sprint. Le leader, lui, calcule. Il freine avant les virages, évite les bordures, se protège dans le peloton. Et malgré tout, un objet de 600 grammes au mauvais endroit suffit à tout remettre en question.
Le peloton se projette désormais vers les 12e et 13e étapes - puis le contre-la-montre et les grands cols des Alpes. La garde rapprochée de l’UAE Team Emirates va devoir redoubler de vigilance. Pogacar ne le dit pas, mais la phrase est dans toutes les têtes: à 55 km/h, un bidon suffit.
Soren Waerenskjold lève les bras à Nevers. Pogacar, lui, serre le guidon.
