Vuelta 2026 : Guillén courtise Pogacar, absent depuis 2019
Javier Guillén a taillé le parcours autour d'un seul coureur, mais pose une condition à sa venue
La Vuelta 2026 partira de Monaco le 22 août avant de traverser l'Andalousie jusqu'à Grenade. Javier Guillén multiplie les appels publics pour convaincre Tadej Pogacar, absent de la course depuis 2019.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Un parcours dessiné pour un seul homme
Monaco, sterrato inédit en Castellón et 10 étapes en Andalousie : le tracé 2026 semble calibré pour convaincre Pogacar.
Un précédent qui date de 2019
Pogacar n'a couru la Vuelta qu'une fois, terminant 3e, sans jamais y revenir depuis.
Un calendrier de fin de saison chargé
Trois semaines de course entre le 22 août et le 13 septembre, juste après un Tour de France déjà couronné.
Un dossier encore confiné à la presse spécialisée
L'affaire circule dans les médias cyclistes internationaux, sans reprise confirmée par les grands quotidiens sportifs français.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Le parcours 2026 s'ouvre à Monaco par un contre-la-montre de 9,6 km et se termine à Grenade.
- Une étape de terre inédite dans l'histoire de la Vuelta traversera Castellón.
- Dix étapes parcourent les huit provinces andalouses, dont deux dépassant 5 000 m de dénivelé.
- Pogacar n'a couru la Vuelta qu'une fois, en 2019, terminant 3e.
Monaco, 22 août 2026. Un contre-la-montre individuel de 9,6 kilomètres lancera la prochaine Vuelta a España sur les routes de la principauté.
Sa seule participation à la Vuelta remonte à 2019, où il avait terminé à la 3e place. Depuis, six éditions se sont écoulées sans lui. Cette absence prolongée s’explique en partie par la logique de calendrier propre aux grands tours: un coureur qui vise le Tour de France privilégie généralement le repos ou des courses plus courtes en fin de saison plutôt qu’un second grand tour de trois semaines. On se souvient aussi qu’UAE Team Emirates, l’équipe de Pogacar, a longtemps construit sa saison autour du Tour et des classiques d’automne, laissant peu de place à la Vuelta dans sa stratégie. L’évolution récente du parcours - étapes courtes, contre-la-montre technique, sterrato inédit - pourrait toutefois changer ce calcul en offrant un terrain de jeu plus adapté à son profil.
Un parcours taillé pour convaincre
Javier Guillén a personnellement plaidé la cause de Pogacar auprès de lui. La course, selon lui, a besoin de sa présence. Cette démarche ne s’est toutefois pas traduite par une invitation protocolaire: Guillén multiplie les déclarations publiques dans la presse espagnole plutôt qu’un courrier officiel, une campagne de séduction menée à ciel ouvert plus qu’une invitation formelle au sens strict.
Le parcours traverse les huit provinces andalouses - une région que Guillén voulait couvrir intégralement. Deux étapes, à l’Aitana et à l’Alto del Alguacil, dépassent les 5 000 mètres de dénivelé positif. Et pour la première fois dans l’histoire de la Vuelta - une étape empruntera une route de terre, en Castellón.
Le prix de la sollicitation: des rivaux à sa hauteur
Guillén ne cache pas la contrepartie de cette opération séduction. « Necesitamos a Tadej Pogacar, sí, pero también necesitamos que el resto de rivales de Tadej tengan un nivel suficiente como para ponerselo difícil », a-t-il déclaré.
La tension est réelle: personnaliser un parcours autour d’un seul champion peut se retourner contre l’organisateur si la course se transforme en démonstration solitaire. Un peloton trop faible face à Pogacar priverait la Vuelta du suspense qui fait vivre l’audience télévisée et l’intérêt des sponsors. Guillén cherche donc un équilibre: attirer la star sans sacrifier l’incertitude sportive qui donne son sens à la compétition.
Traduction: un plateau où Pogacar écraserait la concurrence sans partage ne servirait ni au spectacle ni à l’organisation. Un paradoxe pour une course qui, dans le même mouvement, redessine son tracé autour d’un seul coureur.
Ce que les sources ne disent pas: aucune n’indique si Pogacar a donné une réponse ferme à Guillén, ni ce que deviendrait le programme de son équipe si son leader engageait un second grand tour dans la même saison [contexte non sourcé]. Aucune source consultée ne précise non plus la position d’UAE Team Emirates ni de Mauro Gianetti sur cette éventualité, alors que l’équipe serait directement concernée par la gestion de la charge de course de son leader [contexte non sourcé]. Ce dossier reste, pour l’instant, l’apanage de la presse spécialisée du cyclisme - as.com, Mundo Deportivo, escapecollective.com, idlprocycling.com - sans reprise confirmée par les grands quotidiens sportifs français à ce stade. Cette discrétion tient largement à l’absence de coureur français concerné par ce feuilleton et au calendrier éditorial des rédactions sportives françaises, davantage mobilisées par le Tour de France déjà achevé que par une Vuelta encore hypothétique un an à l’avance.
Reste un calendrier serré. Entre le 22 août et le 13 septembre - trois semaines de course s’ajouteraient à un Tour de France déjà disputé et déjà couronné d’un cinquième maillot jaune. La fin de saison cycliste enchaîne traditionnellement les Championnats du monde sur route, puis les classiques italiennes d’automne comme Il Lombardia, début octobre. Ajouter une Vuelta entre ces deux échéances reviendrait, pour UAE Team Emirates, à faire courir son leader sur deux grands tours et deux rendez-vous majeurs dans la même année, un enchaînement rarissime, que peu de coureurs ont tenté avec succès. Le peloton attend la réponse.
Sources
- Tadej Pogacar opens door to Vuelta return
- Guillén: este es el mejor año para que Pogacar venga a la Vuelta
- La Vuelta quiere a los mejores ciclistas, Pogacar el más optimista
- Pogacar makes us wait a bit longer for Vuelta decision
- The Vuelta wants Pogacar so bad that it's bringing the 2026 race to his doorstep
- This is the best year for him to come to La Vuelta
