Tour de France 2026 : Pogacar et Vingegaard réveillés à 2h du matin pour des contrôles antidopage
Dans la nuit du 18 au 19 juillet, les deux leaders du Tour ont été soumis à des contrôles nocturnes qui ont perturbé leur sommeil avant une étape de montagne cruciale.
Dans la nuit du 18 au 19 juillet, les deux leaders du Tour ont été soumis à des contrôles nocturnes qui ont perturbé leur sommeil avant une étape de montagne cruciale.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
« Un manque total de respect »
Dans le camp Visma-Lease a Bike, la colère monte. Matteo Jorgenson - coéquipier de Vingegaard, ne mâche pas ses mots : « C'est un manque total de…
Légal depuis 2016, mais contesté
Les contrôles nocturnes sont pourtant légaux depuis 2016 . L'Agence Mondiale Antidopage autorise les prélèvements entre 23h et 6h . L'UCI a délég…
Ce que personne ne dit
Le cyclisme a systématisé les contrôles antidopage sur le Tour dès 1968 . L'AMA autorise les contrôles nocturnes pour détecter les produits à fen…
Deux heures du matin dans un hôtel des Alpes, nuit du samedi au dimanche 19 juillet 2026. Jonas Vingegaard ouvre la porte aux contrôleurs de l’Agence de contrôles internationale. Prélèvement urinaire, paperasse, signatures. Quarante minutes. Il se recouche. Met encore quarante minutes à se rendormir. Trois heures plus tard, même scénario pour Tadej Pogacar - le maillot jaune, réveillé à 5 heures. Lui ne se rendormira pas.
Quelques heures plus tard, au départ de la 15e étape entre Champagnole et le Plateau de Solaison - une étape de montagne avec plus de 4 000 mètres de dénivelé - Pogacar avoue: « J’ai dormi quatre heures. Je me couche toujours tard, donc 5h était tôt pour moi aussi. Je n’arrivais plus à dormir, alors j’ai écouté de vieux morceaux d’Eminem et fait des cafés trop caféinés. » Il se présentera au départ « sur-caféiné ».
Vingegaard, double vainqueur du Tour - est plus sec: « Ce n’était pas idéal. J’ai d’abord pensé que ce n’était pas autorisé, mais apparemment c’était le cas. C’est bien qu’ils nous testent, mais si cela nuit à nos performances ou à notre sommeil, ce n’est plus une bonne chose. Tester à 2 heures du matin, ça dépasse les bornes à mon avis. »
« Un manque total de respect »
Dans le camp Visma-Lease a Bike, la colère monte. Matteo Jorgenson - coéquipier de Vingegaard, ne mâche pas ses mots: « C’est un manque total de respect envers les coureurs. On fait énormément d’efforts pour essayer de récupérer, c’est crucial, surtout entre deux étapes de montagne aussi dures. Et on vous réveille à 2 heures du matin. Ça me rend furieux. »
Richard Plugge - PDG de l’équipe, reconnaît l’importance de la lutte antidopage, mais qualifie le timing de « pas idéal », soulignant que cela affecte la récupération et la performance des athlètes.
Remco Evenepoel - troisième du classement général, n’a pas été contrôlé cette nuit-là. Il prend quand même position: « Si c’est vraiment le cas, c’est scandaleux. Normalement, la règle stipule qu’on ne peut pas tester avant 6 heures du matin. Là, à 2 heures, ils repoussent vraiment les limites. Je dirais bien à Jonas et Tadej: réveillez ces contrôleurs à 2 heures du matin pour une fois, qu’ils comprennent ce qu’ils nous font subir. Ce n’est pas respectueux. »
Légal depuis 2016, mais contesté
Les contrôles nocturnes sont pourtant légaux depuis 2016. L’Agence Mondiale Antidopage autorise les prélèvements entre 23h et 6h. L’UCI a délégué ses activités antidopage à l’ITA depuis janvier 2021 - pour garantir l’indépendance du programme. Les échantillons sont conservés 10 ans pour d’éventuelles réanalyses.
Pascal Chanteur - président de l’Union Nationale des Cyclistes Professionnels français, dénonce une atteinte à la récupération des coureurs. Il questionne la pertinence d’un contrôle à 2h plutôt qu’à 7h.
Pogacar, déjà quatre fois vainqueur du Tour - dégage la responsabilité des contrôleurs de terrain: « Ce n’est pas de leur faute. C’est celle des types qui les envoient. » Il est contrôlé quotidiennement en tant que maillot jaune.
Ce que personne ne dit
Le cyclisme a systématisé les contrôles antidopage sur le Tour dès 1968. L’AMA autorise les contrôles nocturnes pour détecter les produits à fenêtre de détection courte. Mais l’ITA ne communique jamais sur les critères de sélection des coureurs contrôlés. Pourquoi ces deux-là? Pourquoi cette nuit-là? Aucune réponse publique.
Le lendemain, les deux hommes termineront l’étape. Vingegaard attaquera dans la montée finale. Pogacar répondra. Le cyclisme continuera.
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