Pogačar face au pari fou : la Vuelta après le Tour
Le Slovène doit annoncer ce mercredi s'il s'alignera sur le Tour d'Espagne, quatre semaines après son cinquième sacre
Tadej Pogačar doit trancher ce mercredi. Quatre semaines après son cinquième Tour de France, le Slovène hésite encore à s'aligner sur la Vuelta le 22 août.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Tadej Pogačar doit annoncer ce mercredi 29 juillet sa participation ou non à la Vuelta 2026
- Le Slovène a remporté son cinquième Tour de France le 26 juillet et compte 18 victoires cette saison
- S'il court la Vuelta, il cumulerait 63 jours de course sur les trois Grands Tours en une saison
- Personne n'a réussi le doublé Tour-Vuelta depuis Chris Froome en 2017
- Les Championnats du monde en septembre constituent un autre objectif majeur
La dernière fois qu’on a vu Tadej Pogačar sur les Champs-Élysées, c’était le 26 juillet. Maillot jaune, cinquième sacre - foule en délire. Trois jours plus tard, il est attendu sur un autre podium: celui de la décision. Ce mercredi 29 juillet - le Slovène doit officialiser sa participation ou non à la Vuelta, qui démarre le 22 août à Monaco.
Il a dit non. Puis peut-être. Puis on verra.
« Si la Vuelta commençait demain, je dirais probablement non. Mais dans deux semaines - je peux encore décider », a-t-il lâché juste après le Tour. Deux semaines, c’est maintenant. Le chronomètre tourne. Le départ approche. Moins de quatre semaines séparent le sacre parisien du départ monégasque.
Le corps dit non, la légende dit oui
À 27 ans - Pogačar a déjà remporté le Giro en mai et le Tour en juillet. Dix-huit victoires cette saison. Une domination physique et tactique qui a consolidé sa place de numéro un mondial au classement UCI. S’il s’aligne sur la Vuelta, ce seront 21 étapes supplémentaires - portant son total à 63 journées de course sur les trois Grands Tours en une seule saison.
Le dernier à avoir réussi le doublé Tour-Vuelta était Chris Froome en 2017. Froome avait tenu. Pogačar, lui, a déjà touché le mur une fois. « Je ne dis pas que l’an dernier j’étais en train de craquer, mais j’étais bien conscient que ça peut arriver. Je sais que ça peut arriver si tu pousses trop loin », a-t-il admis.
Le risque est là. La tentation aussi.
Monaco, septembre, et les Mondiaux
La Vuelta démarre à Monaco - où le départ a été confirmé. Un départ sur la Côte d’Azur pour une course qu’il connaît bien: troisième en 2019 - sa seule participation, avec trois victoires d’étapes. Depuis, il n’y est jamais retourné. La 81e édition pourrait être celle du retour.
Mais il y a les Championnats du monde en septembre. Un autre objectif majeur. Enchaîner trois semaines sur les routes espagnoles et arriver frais aux Mondiaux, c’est un pari. « Le Tour a été une aventure magnifique, mais éprouvante. Je dois écouter mon corps et discuter avec le staff pour voir si un nouvel objectif de cette ampleur est raisonnable cette saison », a-t-il déclaré.
Vendredi prochain - il roule un critérium. Un tour d’honneur. Pas une compétition. Ensuite, il tranchera.
Ce que l’équipe ne dit pas
Mauro Gianetti - manager général d’UAE Team Emirates, a parlé hier soir. « Tadej est notre atout le plus précieux. Nous ne prendrons aucun risque inconsidéré. La décision sera prise en concertation, en pensant au long terme », a-t-il déclaré. Prudence affichée. Mais prudence ne veut pas dire refus.
L’équipe sait ce qu’un triplé Giro-Tour-Vuelta représenterait. Historique. Vendeur. Inoubliable. Pogačar ne court pas pour les points. « Tadej ne court pas pour les points, il court pour l’histoire », analyse un expert du peloton.
Le problème, c’est que l’histoire ne paie pas les factures médicales. Ni les fins de carrière écourtées.
Les super-coureurs bousculent les codes
Dans les années 90 ou 2000 - les leaders se spécialisaient. Un Grand Tour par saison, parfois deux maximum. Aujourd’hui, Pogačar, Jonas Vingegaard et Remco Evenepoel ont bousculé les codes. Ils gagnent partout, tout le temps, sur tous les terrains.
Mais cette polyvalence a un coût. Sepp Kuss en 2023 avait tenté un programme démentiel. Chris Froome en 2017 avait réussi le doublé Tour-Vuelta, sommet de la polyvalence sur trois semaines. Depuis, personne.
Pogačar pourrait être le suivant. Ou le prochain à craquer.
Mercredi, le couperet
Ce mercredi, le monde du cyclisme aura sa réponse. Soit Pogačar confirme et s’engage sur un triplé historique. Soit il refuse et privilégie les Mondiaux. Dans les deux cas, il assumera.
Le critérium vendredi d’abord. Monaco ensuite, peut-être. Le critérium est programmé. La Vuelta, elle, attend encore sa réponse.
Voir le détail de chaque fait sourcé (9)
« Une présence sur le Tour d'Espagne signifierait 21 étapes supplémentaires, s'ajoutant aux 21 étapes du Tour de France et aux 21 du Giro, portant son total à 63 journées de course sur les Grands Tours en une seule saison. » ↩
« Aucun coureur n'a remporté le Tour de France et la Vuelta la même année depuis Chris Froome en 2017. » ↩
« Aucun coureur n'a remporté le Tour de France et la Vuelta la même année depuis Chris Froome en 2017. » ↩
« Les Championnats du monde de cyclisme sur route, prévus en septembre, constituent un objectif majeur pour le Slovène. » ↩
« Pogačar compte déjà 18 succès cette saison, dont le Giro (en mai) et le Tour de France. » ↩
« Alors que le monde du cyclisme est encore marqué par son triomphe écrasant sur les routes du Tour de France 2026, Tadej Pogačar (UAE Team Emirates) doit officialiser, ce mercredi 29 juillet, sa participation ou non au prochain Tour d'Espagne (Vuelta). » ↩
« Si le Slovène confirme, il s'alignerait au départ de la 81e édition de la Vuelta, une course qu'il connaît bien pour y avoir terminé sur le podium par le passé. » ↩
« Tadej Pogačar (UAE Team Emirates) doit officialiser, ce mercredi 29 juillet, sa participation ou non au prochain Tour d'Espagne (Vuelta). » ↩
« À seulement 27 ans, Pogačar affiche une régularité impressionnante. » ↩