Porcherie à Royère-de-Vassivière : 400 à 500 manifestants pour défendre les lacs

Le 9 mai 2026, riverains et écologistes ont défilé à la plage de Broussas contre un élevage de 1 200 porcs jugé menaçant pour le lac de Vassivière.

Porcherie à Royère-de-Vassivière : 400 à 500 manifestants pour défendre les lacs
Illustration Jean Faucher / info.fr

Entre 400 et 500 personnes ont manifesté samedi 9 mai à Royère-de-Vassivière, en Creuse, contre un projet d'élevage de 1 200 porcs. Le préfet a prolongé l'instruction du dossier jusqu'au 17 juillet 2026. Le maire de la commune s'oppose au projet, tout comme le conseil régional.

Entre 400 et 500 personnes ont convergé vers la plage de Broussas, à Royère-de-Vassivière, samedi 9 mai 2026. Slogan de la journée : « Sauvons nos lacs, non aux cochons ». La mobilisation vise un projet d’élevage porcin porté par deux frères agriculteurs du GAEC du Villard, qui souhaitent diversifier leur activité bovine en installant un bâtiment fermé de 1 000 m² pour 1 200 porcs.

L’essentiel

  • 400 à 500 manifestants réunis à la plage de Broussas le 9 mai 2026, selon France 3 et ICI Limousin.
  • 1 200 porcs prévus dans un bâtiment fermé de 1 000 m², projet porté par deux frères agriculteurs du GAEC du Villard.
  • 17 juillet 2026 : nouvelle échéance fixée par le préfet de la Creuse pour statuer sur le projet, après report de la décision initiale prévue le 17 mai.
  • 65 000 signatures récoltées par la pétition contre le projet, selon France Bleu Creuse.
  • Avis défavorable unanime du conseil municipal de Royère-de-Vassivière, voté le 3 avril 2026.

Départ du stade, arrivée à la plage

Le cortège a pris son départ depuis le stade municipal avant de rejoindre la plage de Broussas. Selon ICI Limousin, les manifestants comptaient écologistes, riverains et simples habitants du Plateau de Millevaches. La mobilisation est restée calme.

Ce n’est pas la première fois que le projet suscite une telle affluence. Le 22 mars 2026, déjà, 400 personnes avaient manifesté sur l’île de Vassivière, selon La Montagne. En deux mois, la contestation a donc pris de l’ampleur.

Les craintes : lisiers, cyanobactéries, géologie perméable

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L’argument central des opposants est environnemental. Le Plateau de Millevaches présente une géologie perméable. Les lisiers produits par 1 200 porcs, épandus sur les terres agricoles environnantes, pourraient selon eux infiltrer les nappes et alimenter les lacs en nitrates et phosphates, favorisant le développement de cyanobactéries. Le lac de Vassivière - l’un des plus grands lacs artificiels de France avec ses 1 000 hectares - est directement cité comme zone à risque, selon ICI Limousin et La Montagne.

Les porteurs du projet, deux frères agriculteurs, souhaitent pour leur part diversifier une exploitation jusqu’ici centrée sur l’élevage bovin. Le bâtiment fermé prévu vise à limiter les nuisances olfactives. Ils n’ont pas fait de déclaration publique récente sur la contestation.

Le maire contre, le conseil municipal aussi

Anthony Buys, nouveau maire de Royère-de-Vassivière, a pris position clairement avant la manifestation. Il s’oppose au projet, tout en appelant à ne pas le politiser, selon La Montagne. Le conseil municipal a voté un avis défavorable à l’unanimité le 3 avril 2026, selon une source locale citée dans la presse régionale.

Alain Rousset, président du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, s’est lui aussi déclaré « contre » le projet en raison des risques pour le lac de Vassivière, selon Le Populaire du Centre.

Le préfet repousse sa décision au 17 juillet

La préfecture de la Creuse devait initialement statuer le 17 mai 2026. Deux jours avant la manifestation, elle a annoncé un report au 17 juillet, selon France 3 Régions. Ce délai supplémentaire de deux mois est présenté comme nécessaire pour approfondir l’instruction du dossier, dans un contexte de forte pression locale.

La décision préfectorale sera déterminante : elle peut autoriser, refuser ou conditionner le projet à des mesures compensatoires. Aucun calendrier d’enquête publique complémentaire n’a été annoncé à ce stade.

Un projet lancé en 2024, abandonné puis relancé

Le dossier n’est pas récent. Les deux agriculteurs avaient déposé une première demande en 2024, retirée en 2025, avant un nouveau dépôt en 2026, selon La Montagne et les Écologistes de Nouvelle-Aquitaine. Ce rebond a relancé la mobilisation citoyenne. La pétition en ligne contre le projet a dépassé les 65 000 signatures en mars 2026, selon France Bleu Creuse.

Ce type de dossier - opposition entre diversification agricole et préservation d’un site naturel sensible - illustre une tension récurrente dans les territoires ruraux. Pour des comparaisons sur d’autres mobilisations environnementales locales, on peut noter que la gestion des risques hydriques en zones rurales mobilise régulièrement les collectivités et les habitants dans plusieurs départements.

Contexte dans la Creuse

La Creuse est le département le moins peuplé de France métropolitaine, avec environ 112 000 habitants. L’économie locale repose largement sur l’agriculture, le tourisme vert et l’artisanat. Le lac de Vassivière, à cheval sur la Creuse et la Haute-Vienne, est un site majeur : plan d’eau artificiel de 1 000 hectares créé en 1950, il attire chaque année des dizaines de milliers de visiteurs et accueille un centre d’art contemporain de réputation nationale.

La qualité de l’eau du lac est un enjeu économique direct pour les communes riveraines, dont Royère-de-Vassivière. Des épisodes de cyanobactéries ont déjà été enregistrés sur des lacs du Plateau de Millevaches ces dernières années, renforçant la sensibilité locale au sujet. Dans ce contexte, le projet porcin est perçu par une partie de la population comme un risque disproportionné pour un territoire dont l’attractivité repose sur son environnement naturel.

L’agriculture creusoise compte par ailleurs une majorité d’élevages bovins extensifs. L’élevage porcin intensif en bâtiment fermé reste marginal dans le département, ce qui contribue à l’effet de rupture perçu par les opposants. Pour suivre d’autres sujets liés aux tensions entre activités économiques locales et cadre de vie, voir aussi comment les arbitrages budgétaires des ménages ruraux pèsent sur les dynamiques territoriales.

Prochaine étape : le 17 juillet

La décision du préfet de la Creuse est attendue au plus tard le 17 juillet 2026. D’ici là, les associations opposantes ont annoncé maintenir la pression, sans préciser les formes que prendra cette mobilisation.

Sources

Jean Faucher

Jean Faucher

Jean est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Creuse (23), avec Guéret pour chef-lieu. Spécialité du département : tapisserie Aubusson UNESCO et art contemporain Vassiviere. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Nouvelle-Aquitaine.

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