Port-de-Lanne : Matthieu Valet saisit le procureur après « Nique la police »
Le député européen RN et ancien commissaire dénonce une mise en scène anti-flics lors des fêtes patronales du 17 au 19 juillet 2026
Des membres du comité des fêtes déguisés en policiers, des mineurs grimés en prisonniers, la chanson « Nique la police » diffusée devant la mairie les fêtes patronales de Port-de-Lanne ont déclenché une polémique. Matthieu Valet a saisi le procureur de Dax le 29 juillet contre les organisateurs.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Fêtes patronales de Port-de-Lanne du 17 au 19 juillet 2026 avec thème police-justice
- Mineurs de 16-17 ans grimés en prisonniers, comité des fêtes déguisé en policiers, diffusion de « Nique la police » devant la mairie
- Matthieu Valet, député européen RN et ancien commissaire, saisit le procureur de Dax le 29 juillet 2026
- Plainte visant les organisateurs pour incitation à la haine anti-flics
- Port-de-Lanne commune landaise de 1 100 habitants à 15 km de Dax
Les fêtes patronales de Port-de-Lanne, organisées du 17 au 19 juillet 2026, ont viré à la polémique. Selon Valeurs Actuelles, des membres du comité des fêtes se sont déguisés en policiers et ont encadré des jeunes de 16 et 17 ans grimés en prisonniers, le tout devant la mairie et un public familial. La bande-son : « Sound of da Police », titre de KRS-One sorti en 1993.
Matthieu Valet, député européen du Rassemblement national et ancien commissaire de police, a réagi en saisissant le procureur de la République de Dax le 30 juillet. Il dénonce une mise en scène insultante pour les forces de l’ordre et entend poursuivre les organisateurs pour incitation à la haine anti-flics.
Ce qui s’est passé lors des fêtes
Selon Valeurs Actuelles, le comité des fêtes de Port-de-Lanne avait choisi un thème police-justice pour l’édition 2026. Des membres adultes du comité se sont déguisés en policiers, tandis que des mineurs, âgés de 16 et 17 ans, étaient grimés en prisonniers avec des tenues rayées et des menottes.
La séquence s’est déroulée devant la mairie, en présence de familles et d’enfants. Le choix musical a choqué : « Nique la police », morceau de rap français aux paroles explicitement hostiles aux forces de l’ordre, a été diffusé à plein volume.
Bruno Lapègue, élu de l’opposition municipale, a dénoncé le choix de cette bande-son et saisi la mairie, selon Valeurs Actuelles. Aucune réponse officielle ne lui a été apportée à ce stade.
La saisine de Matthieu Valet
Le 29 juillet, Matthieu Valet a annoncé saisir le procureur de la République de Dax. Ancien commissaire de police et député européen élu en 2024 sur la liste du Rassemblement national, il considère cette mise en scène comme une incitation à la haine contre les forces de l’ordre.
Dans son message sur X, il écrit : « Je saisis le procureur de la République de Dax à l’encontre des organisateurs… dans un village des Landes, à Port-de-Lanne, des mineurs ont été grimés en prisonniers. » Il qualifie la diffusion de « Nique la police » d’insulte aux policiers et gendarmes qui assurent la sécurité des Français.
La démarche de Valet s’inscrit dans une ligne dure sur les questions de sécurité et de respect des forces de l’ordre, thème central de son engagement politique. Il réclame des poursuites judiciaires contre les organisateurs de l’événement.
Contexte dans les Landes
Port-de-Lanne est une commune de 1 200 habitants située dans le sud des Landes, à une vingtaine de kilomètres de Dax. Le département compte environ 433 000 habitants selon l’INSEE. Les fêtes patronales rythment l’été landais, avec des traditions festives parfois débridées, mais rarement politisées à ce point.
L’affaire intervient dans un climat national tendu autour des relations entre police et population, après plusieurs années marquées par des violences urbaines et des débats sur les violences policières. Les Landes, département rural et touristique, ne sont pas réputées pour des tensions sécuritaires majeures, mais la région Nouvelle-Aquitaine surveille de près les risques estivaux, notamment les feux de forêt.
Aucune autre commune landaise n’a connu de polémique similaire cet été à ce stade.
Réactions et suites judiciaires attendues
Le procureur de Dax n’a pas encore communiqué sur la suite qu’il entend donner à la saisine de Matthieu Valet. Une plainte pour incitation à la haine nécessite de qualifier juridiquement les faits : la diffusion d’une chanson aux paroles hostiles et la mise en scène de mineurs grimés en prisonniers constituent-elles une provocation à la haine ou à la violence contre les forces de l’ordre au sens de l’article 24 de la loi de 1881 sur la liberté de la presse ?
La mairie de Port-de-Lanne n’a pas répondu publiquement à la polémique. Le comité des fêtes, association autonome, n’a pas non plus communiqué.
L’affaire pourrait relancer le débat sur les limites de la liberté d’expression lors de manifestations publiques et festives. D’autres affaires judiciaires locales ont montré que le respect des normes et des sensibilités collectives peut virer à la confrontation politique.
Prochaine étape
Le procureur de Dax doit désormais décider s’il ouvre une enquête préliminaire ou classe le dossier sans suite. Matthieu Valet a indiqué qu’il suivrait l’affaire de près et pourrait se constituer partie civile si des poursuites sont engagées.
