Port-Jérôme-sur-Seine : le fret ferroviaire reprend du service sur la ligne de Bréauté
Un service hebdomadaire relancé sur cette ligne industrielle vise à réduire les émissions de CO2 dans la zone pétrochimique.
La ligne de Bréauté-Beuzeville à Gravenchon-Port-Jérôme retrouve une activité fret renforcée en 2026. Objectif : favoriser le report modal et limiter les camions sur les routes de Seine-Maritime. Le rail émet neuf fois moins de CO2 que la route par tonne transportée.
Trente kilomètres de voie ferrée, une zone industrielle parmi les plus denses de Normandie, et un pari sur le fret multimodal. La ligne de Bréauté-Beuzeville à Gravenchon-Port-Jérôme est au cœur d’une relance ferroviaire qui prend forme en 2026 autour de Port-Jérôme-sur-Seine.
Le service hebdomadaire de fret qui y circule s’inscrit dans une stratégie plus large. Selon le CESER Normandie, le fret ferroviaire émet neuf fois moins de CO2 par tonne transportée que son équivalent routier. Dans une zone pétrochimique de cette envergure, l’argument pèse.
Une ligne centenaire au service de l’industrie
La ligne a été ouverte en 1882 pour le trafic voyageurs et marchandises, puis prolongée jusqu’à Port-Jérôme en 1933 pour le fret uniquement, selon Wikipédia. Les voyageurs en ont été exclus au printemps 1969, victimes du déclin de la fréquentation. La même année, la ligne a été électrifiée pour absorber le trafic fret croissant lié aux industries diversifiées de la vallée de la Seine. Elle compte aujourd’hui une douzaine d’embranchements particuliers.
Aujourd’hui, c’est principalement du fret pétrolier et industriel qui emprunte cette voie. La relance du service hebdomadaire vise à structurer davantage ces flux et à les rendre compétitifs face au transport routier.
Des investissements massifs en arrière-plan
La dynamique dépasse Port-Jérôme. SNCF Réseau et la Région Normandie investissent 150 millions d’euros en 2025-2026 pour moderniser les infrastructures ferroviaires normandes, avec des effets attendus sur la ligne Paris-Le Havre et ses dessertes annexes, selon Le Courrier Cauchois. Le Contrat de Plan État-Région 2021-2027 engage pour sa part 830 millions d’euros de l’État et 719 millions de la Région pour les transports en Normandie.
HAROPA PORT ambitionne de tripler le trafic ferroviaire de conteneurs sur l’axe Seine d’ici 2030, d’après le CESER Normandie. La part modale du fret ferroviaire en Normandie tourne actuellement autour de 9 à 10 %, contre 17 % en moyenne européenne. L’objectif national fixé à 18 % d’ici 2030 suppose de doubler ce report modal.
En parallèle, la Région prévoit d’ajouter 23 trains hebdomadaires supplémentaires en 2026 sur plusieurs lignes normandes pour renforcer l’offre Nomad, selon Le Journal des Entreprises.
Et la réouverture aux voyageurs ?
Une étude de réouverture aux voyageurs est en cours depuis 2024, selon le recensement national des projets ferroviaires. Elle vise une liaison TER Le Havre-Gravenchon-Port-Jérôme. Aucun calendrier n’a été communiqué à ce stade. Pour l’heure, c’est le fret qui porte les ambitions de la ligne.
Sources
- Le Courrier Cauchois : SNCF. 150 millions d'euros investis pour le train : quelles conséquences pour la ligne Paris-Le Havre en 2026 ?
- Le Journal des Entreprises : Une nouvelle année de croissance pour le transport ferroviaire normand
- CESER Normandie : Le Fret en Normandie
- Wikipédia : Ligne de Bréauté-Beuzeville à Gravenchon-Port-Jérôme