Port-Louis : une pièce de théâtre rouvre le dossier colonial

La lecture théâtralisée 'Divini a on bon èsklav' mêle bande dessinée et mémoire de l'esclavage en Guadeloupe.

Port-Louis : une pièce de théâtre rouvre le dossier colonial
Illustration Marie-Claire Naboulet / info.fr

Le 16 avril 2026, l'Hôtel Arawak en Guadeloupe a accueilli une représentation gratuite autour du passé colonial. La pièce s'inscrit dans un calendrier commémoratif dense, à l'occasion des 25 ans de la loi Taubira.

Un concept inédit pour un sujet qui ne l’est pas. ‘Divini a on bon èsklav’ est une lecture théâtralisée croisant bande dessinée et mise en scène sur le thème de l’esclavage. La représentation s’est tenue le 16 avril 2026 à l’Hôtel Arawak, entrée gratuite, selon France Antilles Guadeloupe.

Dans le cadre du Temps des Mémoires 2026

L’événement ne s’organise pas de manière isolée. Il fait partie du Temps des Mémoires 2026, cycle national dédié aux 25 ans de la loi Taubira du 21 mai 2001. Ce texte a qualifié la traite négrière et l’esclavage de crime contre l’humanité. Le lancement national se déroule les 25 et 26 avril à l’Hôtel de la Marine à Paris, sous l’égide de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage.

En Guadeloupe, le calendrier est chargé. Le festival Chan An Chan Kann se déploie du 22 avril au 22 mai 2026 à l’Habitation La Ramée à Sainte-Rose. Il est centré sur les résistances et les mémoires de l’esclavage, selon Caraïbe Créole News. Du 23 au 26 avril, la 14e édition du Festival Caribulles se tient au Mémorial ACTe de Pointe-à-Pitre, avec un élargissement aux industries culturelles et créatives.

Un théâtre engagé, une longue tradition

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Ce type de démarche n’est pas nouveau aux Antilles. Selon Africultures, le théâtre guadeloupéen existe depuis le XVIIIe siècle - d’abord outil de distraction colonial, il est devenu au XIXe et XXe siècles un vecteur d’expression sur la colonisation et ses violences. Des précédents récents existent : la pièce ‘Mary Prince’, portée par la Compagnie Manlala et labellisée par la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, retrace le témoignage d’une esclave antillaise avant l’abolition britannique de 1831.

La démarche autour de ‘Divini a on bon èsklav’ prolonge cette tradition. L’accès gratuit vise à élargir le public au-delà des cercles habituels de la mémoire institutionnelle. Les raisons du choix de l’Hôtel Arawak comme lieu de représentation n’ont pas été précisées dans les sources disponibles.

Prochaine étape

Le 2 mai 2026 à Basse-Terre, la performance ‘Gasandji’ explorera à son tour l’héritage et les mémoires de l’esclavage, à travers voix et corps, selon la Ville de Basse-Terre. Le cycle commémoratif se poursuit jusqu’au 22 mai avec le festival de Sainte-Rose.

Sources

Marie-Claire Naboulet

Marie-Claire Naboulet

Correspondante à Basse-Terre, elle suit les tensions sur le chlordécone, les débats sur l'autonomie, le tourisme et les restructurations hospitalières. Issue de l'ESJ Lille, elle a grandi en Guadeloupe. Méthode : interroger les agriculteurs, les militants indépendantistes, les élus, croiser les rapports sanitaires avant de publier.

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